•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Capitol Records laisse tomber le rappeur IA FN Meka, jugé stéréotypé et offensant

Des activistes ont décrié que les chansons de l’avatar, entre autres, étaient offensantes pour la communauté noire.

L'avatar FN Meka, avec des cheveux et un manteau vert. Ses pupilles sont également vertes.

FN Meka est un rappeur créé avec l'aide de l'intelligence artificielle.

Photo : Instagram/@fnmeka

Radio-Canada

Le rêve des têtes créatrices derrière FN Meka, un rappeur propulsé par l’intelligence artificielle (IA), vient de s’effondrer : la grande maison de disque Capitol Records (Paul McCartney, Katy Perry), qui lui avaient octroyé un contrat, vient de faire marche arrière.

Le groupe d'activistes Industry Blackout a envoyé une lettre ouverte à Capitol Records dans les jours suivant l’annonce qu’un contrat était octroyé à FN Meka, soulignant que la création de l’IA était une insulte directe à la communauté noire et à sa culture.

[C’est] un amalgame de stéréotypes grossiers, d’appropriations dérivées d'artistes à la peau noire, avec des insultes infusées dans les paroles, peut-on lire dans la lettre.

Le musicien virtuel, qui a l’apparence d’un cyborg noir, utilise de façon répétée le mot en n dans ses chansons. Une publication Instagram où l’on voit l’artiste virtuel en train de se faire tabasser par un policier a aussi suscité l’indignation.

Industry Blackout dénonce également la collaboration de l’artiste virtuel avec le rappeur Gunna, qui attend son procès aux États-Unis pour des accusations criminelles qui tirent leurs preuves, entre autres, dans ses paroles et ses messages sur les réseaux sociaux.

[Il] est actuellement incarcéré pour avoir chanté le même type de paroles que ce robot imite. La différence est que votre rappeur artificiel ne fera pas l'objet d'accusations fédérales pour cela, a déclaré le groupe.

Notons toutefois que le rappeur n’a pas encore la faculté de chanter. C’est donc un homme appartenant à la communauté noire et dont l’identité n’a pas été dévoilée qui chante ses paroles. Mais la musique et les paroles sont générées par une intelligence artificielle qui analyse la musique populaire.

Les activistes ont exigé que Capitol Records formule des excuses publiques et que le rappeur IA soit retiré de toutes les plateformes. Le groupe souhaite également que les recettes générées par FN Meka soient remises à des organismes qui viennent en aide aux jeunes artistes de la communauté noire.

Capitol cède sous la pression

La maison de disques a obtempéré en coupant 10 jours plus tard les ponts avec le rappeur et a présenté ses plus profondes excuses à la communauté noire pour son insensibilité. L’entreprise a admis ne pas avoir posé suffisamment de questions avant de mettre sous contrat l’artiste virtuel.

« Nous remercions les personnes qui nous ont fait part de leurs commentaires constructifs ces derniers jours – votre contribution a été précieuse pour prendre la décision de mettre fin à cette association. »

— Une citation de  Un porte-parole de Capitol Records

FN Meka n’a pas seulement perdu son contrat avec la maison de disques. Son compte Instagram, auquel quelque 223 000 personnes sont abonnées, a été rendu privé. La biographie du compte arbore la mention « Robot rapper not accepted by this world » (le rappeur robot non accepté dans ce monde, en français).

Son compte est toujours actif sur TikTok, cumulant quelque 10,3 millions de personnes abonnées et plus d’un milliard de vues sur ses vidéos, avec la même mention en biographie.

Sur Spotify, les chansons de l'avatar sont écoutées par plus d’un demi-million de personnes mensuellement.

Avec les informations de BBC, et Guardian

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

En cours de chargement...