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Le Manitoba rejette sans les entendre des appels concernant un permis d’une usine de sable

Des tuyaux dans de la boue.

Une des zones de test de la compagnie Sio Silica, en 2019.

Photo : Soumise par Anne Wowchuk

Le ministre de l’Environnement du Manitoba a rejeté 50 appels concernant le permis d’exploitation d’une usine de sable de silice avant même qu'ils soient entendus. Certains résidents des environs croient que l’usine pourrait détruire l’aquifère de la région.

Dans un décret publié le 10 août, Jeff Wharton, le ministre de l’Environnement, du Climat et des Parcs du Manitoba rejette les appels du permis délivré en vertu de la Loi sur l'environnement de l’entreprise Sio Silica.

Le projet de la compagnie albertaine, anciennement appelée CanWhite Sands, vise à extraire du sable de silice enfoui à environ 60 m de profondeur dans la municipalité rurale de Springfield, située à l'est de Winnipeg, et traiter ce sable dans une usine.

L’entreprise compte injecter de l’air pour faire remonter un mélange d’eau et de sable provenant de la nappe phréatique qui s'étend sous une large partie du sud-est du Manitoba et dessert plusieurs municipalités dans la zone.

Le permis, qui a été délivré en décembre 2021, porte uniquement sur l’usine de silice. Cinquante personnes ont tenté de porter en appel la décision de la province concernant celui-ci. Parallèlement, des démarches pour obtenir un permis d'exploitation de la mine sont toujours en cours.

Selon le décret du ministre, les appelants réitéraient les enjeux soulevés et résolus lors du processus d’examen d’évaluation environnementale grâce à des conditions du permis.

Or, selon Our Line in the Sand, un groupe qui a soumis des appels, ces derniers soulevaient de nouvelles préoccupations. La porte-parole du groupe et habitante du village d’Anola, Tangi Bell, dit que le groupe avait relevé 32 points en particulier.

Les appelants réclament des explications

Dans sa lettre de rejet, le ministre n’a abordé aucun de ces enjeux, affirme-t-elle. Un exemple, dit Mme Bell, est le site d'entreposage du sable de silice, qui doit faire environ deux hectares et atteindre la hauteur de 10 étages.

Le permis prévoit des inspections visuelles du site, ce qui est tout à fait inadéquat selon Tangi Bell. Comment inspecter visuellement une montagne de sable de silice qui fait environ 10 étages et couvre [deux hectares]? c’est impossible, lance-t-elle.

En plus, l’entreprise avait promis des filets pour couvrir la réserve et empêcher que le sable ne s’envole, poursuit-elle. Or, ils ne sont pas mentionnés dans le permis, indique-t-elle.

Our Line in the Sand compte demander une rencontre avec le ministre Jeff Wharton pour réclamer des explications. Nous voulons qu’il nous réponde sur chaque motif, plutôt que de faire une déclaration-formule qui ne contient rien qui explique sa décision, indique Tangi Bell.

C’est un élu et je vais parler à l’élu, renchérit-elle, en notant que peu importe ce que lui dira le ministre, elle ne peut pas soutenir ce projet en raison de la manière dont il a été géré depuis le tout début.

Ça a un impact sur ma région, ça a un impact sur mes voisins, ça a un impact pour moi, fait valoir Tangi Bell. Nous sommes bénis d’une eau incroyablement fraîche et belle, nous pouvons ouvrir le robinet sans même devoir la filtrer […] Pourquoi est-ce qu’on risquerait [de la perdre]?

Dans un courriel, un porte-parole du ministre Jeff Wharton affirme que des experts techniques de la province on examiné, en détail, le projet de l’usine. Le ministre a pris en considération et rejeté des appels [...] puisque le ministère a minutieusement examiné l’usine de traitement et est confiant que le permis est approprié, poursuit la déclaration.

Pas de plan de remise en état sans approbation, dit Sio Silica

Sio Silica n’a pas répondu à une demande d’entrevue de Radio-Canada.

Des documents de la province remontant à la mi-juillet indiquent que Sio Silica a déjà demandé une prolongation de six mois de l’une des dates butoirs contenues dans son permis. Selon une lettre à la province, elle n’est pas en mesure de fournir un plan de remise en état et de fermeture de l’usine, bien qu’elle devait le faire dans les six mois suivant l’obtention de son permis.

L'entreprise albertaine met en cause l’incertitude entourant le calendrier du processus d’obtention de permis pour la portion extraction du projet, qui l’empêche de compléter des dessins d’ingénieurs.

L’entreprise dit qu’elle ne réalisera pas de plan de remise en état et de fermeture de l’usine à moins que son permis d’exploitation de la mine de sable soit approuvé.

La province a accepté et prolongé la période jusqu’au 30 juin 2023, soit une période de six mois plus longue que ce que l’entreprise a réclamé.

Les audiences de la Commission de protection de l’environnement portant sur la mine de sable doivent se dérouler au début 2023, selon la province.

Le permis de l’usine est indépendant de la proposition d’extraire du sable de silice et n’aura aucune influence sur la décision concernant le permis pour le processus d’extraction, soutient un porte-parole de la province.

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