•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Élections municipales : recul du français à Ottawa?

Le maire Jim Watson et les conseillers municipaux de la Ville d'Ottawa.

Plusieurs acteurs de la communauté francophone s’inquiètent du petit nombre de candidats francophones, et à plus forte raison, du peu de candidats bilingues sur les lignes de départ (archives).

Photo : Radio-Canada / Stéphane Leclerc

Radio-Canada

La période d’inscription des candidats aux élections municipales étant terminée depuis le 19 août dernier, des questions se posent maintenant sur le bilinguisme des candidats à la mairie d’Ottawa. Plusieurs acteurs de la communauté francophone s’inquiètent du petit nombre de candidats francophones, et à plus forte raison du peu de candidats bilingues sur les lignes de départ. Tour d’horizon.

Madeleine Meilleur, ancienne députée et ministre à l’Assemblée législative de l’Ontario qui a consacré sa vie politique à la défense des francophones de la province, est troublée du fait que les francophones semblent délaisser la politique municipale.

Madeleine Meilleur, ex-procureure générale de l'Ontario et ex-ministre déléguée aux Affaires francophones.

Madeleine Meilleur se questionne à savoir si la communauté francophone en fait assez pour pousser des plus jeunes à se présenter aux élections. (archives)

Photo : Radio-Canada

Il n'y a pas foule de francophones qui se présentent, alors oui, ça m’inquiète, lance d’entrée de jeu l’ancienne politicienne. Où est-ce qu’on a manqué, nous, les francophones? Est-ce qu’on a été assez actifs pour encourager des jeunes gens à se présenter?

Pour elle, la communauté francophone a besoin de ces appuis pour continuer de rayonner. On doit être très vigilants pour s'assurer que les services en français sont pris en considération sérieusement, et que les francophones ne paient pas la note parce qu’on n’a pas un premier ministre ou un maire francophone, poursuit-elle.

Jim Watson, Mathieu Fleury et Jean Cloutier, tous trois francophones ou francophiles, ont décidé de ne pas se représenter aux prochaines élections. Une situation jugée préoccupante par l’Association des communautés francophones d’Ottawa (ACFO). Sachant qu’on est une capitale nationale, c’est inquiétant. Le problème va au-delà de ça. [...] Nous avons besoin d’une relève francophone. [Il] faut penser à comment encourager plus de jeunes à s’engager en politique, avance pour sa part Soukaina Boutiyeb, présidente de l’ACFO

Soukaina Boutiyeb.

Au-delà de la maîtrise de la langue, Soukaina Boutiyeb est d'avis que les candidats doivent montrer de l'intérêt pour les enjeux de la francophonie.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Pepin

C’est important de parler les deux langues officielles, mais au-delà de les parler, c’est important d’être au courant et conscient de l’importance de la francophonie à Ottawa, et de vraiment s’assurer qu’on représente la minorité linguistique et la majorité équitablement.

Le vide laissé par Mathieu Fleury

Veux, veux pas, après 12 ans d’expérience, je suis devenu le porte-étendard des enjeux francophones, lance Mathieu Fleury, conseiller municipal de Rideau–Vanier.

Il se rappelle son année 2017, année au cours de laquelle il s’est battu pour que la Ville d’Ottawa soit officiellement désignée comme bilingue. Lui et quelques conseillers sensibles aux intérêts des francophones n’avaient pas assez d’appuis au sein du conseil municipal pour inscrire ce statut à la charte de la Ville, si bien qu’ils ont dû passer par le gouvernement provincial pour se faire entendre.

Portrait de Mathieu Fleury.

Le conseiller municipal de Rideau-Vanier, Mathieu Fleury, ne trouve pas normal qu'il ait eu à porter seul tous les dossiers de la francophonie au conseil municipal (archives).

Photo : Radio-Canada / Jean Delisle

Selon lui, la communauté francophone doit s’éveiller. Souvent, on est insouciants. On a beaucoup de francophonie dans nos conseils scolaires, dans nos hôpitaux, dans nos organismes francophones. Par contre, on ne retrouve pas beaucoup de francophones qui s’affichent [comme tels] dans les conseils d’administration au niveau des centres de ressources, des associations communautaires de quartier. [...] C’est là où le pouvoir municipal se développe, renchérit le conseiller du quartier Rideau-Vanier.

« Ce n’est pas normal que dans une belle capitale bilingue comme la nôtre, toute la responsabilité [de la francophonie] tombe sur un élu qui, lui, est un parmi 23. Il y a là une belle occasion pour les candidats et candidates de prendre position sur les enjeux de la francophonie. »

— Une citation de  Mathieu Fleury, conseiller municipal de Rideau-Vanier
Le maire d'Ottawa parle au micro.

Le maire d'Ottawa, Jim Watson, espère voir un ou des francophiles gagner des sièges au conseil municipal (archives).

Photo : La Presse canadienne / Spencer Colby

Son de cloche similaire du côté du maire sortant Jim Watson, qui espère que les nouveaux élus vont s’engager à apprendre le français. C’est important d’avoir la capacité de parler dans les deux langues officielles, souligne-t-il, ajoutant que, dans un monde idéal, il y aurait plus de francophones autour de la table du conseil de ville. Il y a beaucoup de francophiles qui siègent au conseil municipal. [...] J’espère qu’il y a un francophile qui va gagner un siège au conseil, c’est important pour notre ville.

Selon Statistique Canada, 15 % des résidents d’Ottawa sont francophones.

Le français des candidats à la mairie

Radio-Canada a sondé l’ensemble des candidats à la mairie d’Ottawa quant à leur maîtrise du français. Sur les 14 candidats en lice, seuls trois ont répondu à nos courriels. 

  • Param Singh : Le candidat a grandi à Montréal, et parle trois langues, dont le français. « Mon éducation multiculturelle m'a permis d'apprendre et de parler couramment l'anglais, le français et le punjabi », peut-on lire sur le site web du candidat. 

  • Catherine McKenney : Elle représente le quartier Somerset et prend des leçons pour améliorer son français. « Je parle un français de niveau débutant et j'ai suivi des cours de français cette année pour renforcer mon français. Ma capacité à converser en français n'est pas suffisante pour une entrevue. Je m'engage à continuer à apprendre le français », écrit Catherine McKenney dans une déclaration en anglais transmise à Radio-Canada. 

  • Avec les informations de Frédéric Pepin et Rémi Authier

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !