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Le Manitoba veut privatiser les transports médicaux non urgents en région rurale

Une ambulance.

La province note que les ambulances assurent traditionnellement le transport entre les établissements de soins parce que les patients ont besoin d'être transportés sur une civière.

Photo : Radio-Canada / Darren Bernhardt/CBC

Le Manitoba a lancé un appel d’offres afin de trouver des fournisseurs de transports médicaux privés pour des régions rurales de la province. Le but est de libérer des ambulances, mais le syndicat des ambulanciers craint une dégradation de la qualité des soins.

Dans un communiqué envoyé vendredi après-midi, la province dit qu’elle investira dans un service consacré au transport des patients à faible risque.

Les fournisseurs sélectionnés transporteront des patients hospitalisés et des résidents de foyers de soins personnels des régions de Brandon, de Selkirk, de Winkler et de Morden à des rendez-vous médicaux, des tests de diagnostic ou des traitements, selon le communiqué.

Les transporteurs desserviront une grande zone dans chaque région sanitaire et offriront des voyages jusqu’à Winnipeg. La province veut ensuite étendre ce service à d’autres collectivités.

Le transport de patients à faible risque de milieux ruraux entre les établissements de soins de santé est un processus chronophage qui monopolise les services d’ambulance pendant plusieurs heures, indique la ministre de la Santé, Audrey Gordon.

Le fait d'offrir un service de transport pour ces patients réduira la demande pour les ambulanciers paramédicaux et leur permettra de demeurer dans la collectivité ou près de celle-ci en attendant les urgences, poursuit-elle.

Une solution pansement, selon un syndicat

Depuis des mois, l'Association manitobaine des professionnels en soins de santé (MAHCP), qui représente environ 800 ambulanciers paramédicaux en milieu rural, affirme qu’une pénurie de personnel génère des temps d'attente de plus en plus longs dans les régions éloignées.

La situation est devenue problématique cet été, lorsque cela a pris plus de 36 minutes à une ambulance pour se rendre sur les lieux d’un accident de parachute mortel près de Gimli, au nord de Winnipeg.

Or, l’embauche d’entreprises privées n’est pas une solution pour cette crise selon le syndicat. Le gouvernement ne devrait pas prendre de raccourci et mettre à risque la sécurité des patients, affirme le président, Bob Moroz.

Qui sera le personnel de ces transports et assurera la sécurité des patients? Quelles formations, compétences et ressources aura-t-il, alors qu’il y a eu des problèmes tragiques dans le passé liés aux changements rapides de la situation des patients?, poursuit-il.

Il y a trop de questions sans réponse sur cette solution-pansement, ajoute-t-il.

Un projet pilote de la province

La province affirme qu’un projet pilote a été concluant, sans fournir plus de détails à ce sujet. Le communiqué note que les ambulances assurent traditionnellement le transport entre les établissements de soins parce que les patients ont besoin d'être transportés de façon sécuritaire sur une civière.

Dans la plupart des cas, les patients ou clients transportés entre les établissements n’ont pas besoin de soins cliniques ininterrompus pendant le voyage, affirme le médecin hygiéniste en chef des services d’intervention d’urgence de Soins communs, Rob Grierson, dans le communiqué de la province.

La création d’un transport pour cas à faible risque permet d’offrir les bons soins aux patients pendant le transport, tout en libérant les ambulanciers paramédicaux hautement compétents de sorte qu’ils puissent répondre à des appels urgents, poursuit-il.

Bob Moroz a des doutes quant à ce projet pilote. Il se demande pourquoi la province ne publie pas ses résultats. [Le syndicat] a de sérieuses préoccupations quant à la viabilité du plan du gouvernement de privatiser le transport de patients à une industrie non réglementée en se basant sur un projet pilote qui n’a pas fait ses preuves, affirme-t-il.

L’opposition au Palais législatif a aussi dénoncé cette mesure. Lorsqu’un de leurs proches est transféré de la maison pour des soins médicaux, les familles veulent savoir qu’il recevra les meilleurs soins, déclare le chef du Nouveau Parti démocratique du Manitoba, Wab Kinew.

Nous avons vu ce qui se passe loWrsque des entreprises privées sont chargées du soin de patients — elles mettent leurs profits avant les soins sécuritaires, ajoute-t-il. Il pense que la province devrait plutôt chercher à embaucher plus d’ambulanciers.

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