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Un certificat en droit autochtone qui nourrit l’appartenance à la société canadienne

Un groupe de personnes posent pour la caméra dans un grand escalier.

La première cohorte des étudiants au tout nouveau certificat en droit de l’Université d’Ottawa ont participé à la conférence de la sénatrice indépendante Renée Dupuis sur le Sénat

Photo : Gracieuseté de Martha-Karine Awashish

Maria-Louise Nanipou

Fiers de participer à cette nouvelle formation, une première au Canada, les étudiants autochtones se réjouissent à l'idée d'apprendre les valeurs ancestrales des différentes nations du pays, dans le but de les promouvoir, mais aussi de nourrir leur communauté, leurs propres nations et leurs familles.

Cette première cohorte du certificat francophone en droit autochtone est composée en majorité par des étudiants qui n'en sont pas à leurs premières armes universitaires. Cette formation leur offrira également l’opportunité de transmettre ces nouvelles connaissances aux générations futures.

Pour la session d'été d’une durée de deux semaines, les étudiants ont été réunis sur le territoire, au Domaine Notcimik, un site culturel lié à la nation atikamekw. La deuxième portion a eu lieu sur le campus de l'université.

Le 17 août dernier, à l'Université d'Ottawa, le lancement officiel de ce tout nouveau programme de certificat en droit autochtone s'est effectué dans le recueillement au son du tambour. En présence de gardiens du savoir, les étudiants autochtones issus des différentes nations au Québec ont officiellement été présentés.

Tous assis au premier rang, ce sont eux que l'on célébrait avant tout lors de ce rassemblement, ainsi que celle qui a lancé ce projet, Eva Ottawa, une Atikamekw originaire de Manawan.

Les valeurs du sacré ancrées

Cela fait des années que je voulais voir quelque chose qui nous ressemble, que l'on soit inclus dans cette société et que nos enfants puissent voir eux aussi que l'on existe comme tout le monde, souligne Martha-Karine Awashish, une étudiante atikamekw originaire d'Obedjiwan, qui vit en milieu urbain depuis près de 30 ans.

Au cœur de cette formation, c'est aussi toute la notion de la reconnaissance des valeurs autochtones dont il est question.

« Je suis là, car je souhaite appliquer mes droits en tant que femme autochtone. »

— Une citation de  Jessica Cleary, étudiante atikamekw originaire d'Obedjiwan

Ce programme peut servir à tous les niveaux : personnel, professionnel et communautaire.

Claudette Commanda, une Algonquine Anishinabeg de Kitigan Zibi et directrice générale de la confédération des centres éducatifs et culturels des Premières Nations, précise par ailleurs qu'il est ouvert à tous les Autochtones et que ce programme aura un impact sur tous les Canadiens.

C'est important pour les Canadiens d'apprendre les lois des Autochtones. Les lois des premiers peuples de ce pays. C’est important pour tous les Canadiens.

Claudette Commanda et sa fille, souriantes, qui posent pour la caméra.

Claudette Commanda, une Algonquine Anishinabeg de Kitigan Zibi et directrice générale de la confédération des centres éducatifs et culturels des Premières Nations, et sa fille.

Photo : Facebook/Claudette Commanda

Une reconnaissance et un respect pour les Premières Nations

Les étudiants voient dans ce certificat une marque de reconnaissance et de réparation, compte tenu de l'histoire des Autochtones au pays. Certains considèrent cela comme un premier pas vers une forme de justice plus équitable.

Ce travail pour la mise en place de ce certificat est très important pour la réconciliation, mais surtout très important pour les Premières Nations, souligne Claudette Commanda, qui est aussi une gardienne du savoir.

« Nous voulons offrir une éducation ancrée et connectée à nos enfants afin de contribuer à éliminer le mal-être légué par les pensionnats, et le certificat devient un outil en quelque sorte. »

— Une citation de  Martha-Karine Awashish, une étudiante atikamekw originaire d’Obedjiwan

Jessica Cleary souhaite d'ouvrir la voie aux générations à venir, afin de leur permettre de poursuivre sur le chemin tracé, grâce à ce certificat en droit autochtone. Et que l'on existe au même titre que quiconque, fait-elle valoir.

Je constate que l'on ne se reconnaît pas dans nos lieux de vie actuels; alors il faut asseoir nos savoirs sacrés, et cette formation permet cette inclusion, explique Martha-Karine Awashish.

Cette dernière a pris soin d'enseigner à ses enfants le territoire de son grand-père et de ses ancêtres. Son fils sait où est enterré son grand-père par rapport au lieu où il pratique ses activités ancestrales aujourd’hui.

Les Autochtones se définissent par le territoire. Il y a des lois qui seront maintenant enseignées et sortiront de la tradition orale des peuples autochtones.

Ce certificat fera voyager les étudiants vers les autres lois orales des autres nations au Canada. Ce programme est un pas à la fois important et essentiel pour voir naître les premières lois orales qui deviendront écrites et applicables un jour.

Actuellement, le programme ouvre une porte pour enseigner ces lois et les diffuser, ce qui est une grande étape vers l’autodétermination.

Les savoirs traditionnels

Pour tout ce que l’on vit chaque jour, pour nos ancêtres, nos enfants, nos communautés, il y a beaucoup à faire, et l'Université d’Ottawa garde toujours ses portes ouvertes pour les Premières Nations, souligne Claudette Commanda, reconnaissante et souriante.

Le certificat contribue en outre à la revitalisation des ordres juridiques autochtones et à accueillir plus respectueusement les apprenantes et apprenants dans leur parcours universitaire en droit.

« Aussi, quand nous allons marcher dans la rue et porter la jupe traditionnelle, c’est important que nous soyons enfin reconnues et respectées. »

— Une citation de  Martha-Karine Awashish, une étudiante atikamekw originaire d’Obedjiwan

Le 8 septembre, les étudiants entameront la session d’automne en ligne et ils se retrouveront sur le territoire dans le cadre de ce parcours universitaire inédit.

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