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Des étudiants au Bas-Saint-Laurent toujours privés de logement

Des résidences étudiantes.

Une centaine d'étudiants, dont de l'UQAR, n'ont toujours pas trouvé de logement (archives).

Photo : Radio-Canada / Samuel Ranger

À quelques jours de la rentrée des classes pour les milliers d’étudiants à travers le Bas-Saint-Laurent, une centaine d’entre eux peinent encore à trouver un logement. La situation inquiète les établissements scolaires, dont l’Université du Québec à Rimouski (UQAR) qui a lancé un appel à tous auprès de la population pour héberger des étudiants sans toit.

À la fin de juin, des étudiants québécois admis au programme de biologie de l’Université, l’un des plus contingentés de l’établissement scolaire, ont signalé à l’administration que la recherche de logement demeurait infructueuse. Ça, c’était le signal d’alarme, témoigne le directeur des services à la communauté étudiante de l'UQAR, Jean-François Ouellet.

L’établissement, très prisé pour ses cursus de sciences naturelles, ne peut se passer de ces étudiants. L’UQAR mise sur ces derniers pour les intégrer au marché du travail de la région.

Néanmoins, les résidences universitaires sont complètes depuis avril, du jamais-vu, selon Jean-François Ouellet. De plus, les étudiants universitaires ne pourront pas se rabattre vers les résidences du Cégep de Rimouski cette année, puisqu’elles sont également pleines à craquer.

Une personne expliquant un concept dehors.

Un appel à tous a été lancé par l'UQAR, affirme Jean-François Ouellet, afin d'héberger des étudiants.

Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet

Pendant ce temps, la liste d’attente des résidences universitaires s’allonge. On a arrêté de compter à 100, constate le directeur.

Afin de leur venir en aide, l’UQAR a appelé la population rimouskoise à la solidarité en offrant un toit aux étudiants. Environ une vingtaine de ménages ont levé la main, rapporte Jean-François Ouellet, qui s’affaire maintenant à les mettre en relation avec des étudiants.

Même son de cloche à Rivière-du-Loup, où les 210 chambres des résidences du Cégep affichent présentement complet, informe son directeur général René Gingras.

Il y a quelques semaines, 33 étudiants étaient encore à la recherche d’un logement. Ils ne seraient que deux aujourd’hui à être toujours sur la liste d’attente.

Où loger les futurs étudiants?

Alors que les établissements scolaires rimouskois se targuent d’accueillir un nombre impressionnant d’étudiants internationaux — 114 au Cégep, un record, et plus de 600 sur les campus de l’UQAR de Lévis et de Rimouski —, tout indique qu’ils se feront de plus en plus nombreux dans les prochaines années.

En mai dernier, le gouvernement Legault a annoncé qu’à compter de septembre 2023, les étudiants étrangers qui poursuivront leurs études en région verront leurs droits de scolarité nivelés pour atteindre ceux des élèves québécois. L’objectif est d’en admettre environ 1200 de plus en région d’ici quatre ans, selon le ministre du Travail, Jean Boulet.

Rimouski, important pôle étudiant dans la province, risque d’être un joueur majeur dans cette offensive destinée à pallier en partie la pénurie de main-d'œuvre en région.

Au Cégep de Rivière-du-Loup, l’administration anticipe l’arrivée de 200 nouveaux élèves d’ici quatre ans. Cet automne, 1100 étudiants sont attendus entre les murs de l'établissement, mais les résidences débordent, un problème qui ne fait que commencer, selon le directeur général du Cégep, René Gingras.

« Si l’offre de logements ne suit pas, on va avoir un sérieux problème. »

— Une citation de  René Gingras, directeur général du Cégep de Rivière-du-Loup
Le directeur général du Cégep de Rivière-du-Loup, René Gingras.

Le directeur général du Cégep de Rivière-du-Loup, René Gingras, appréhende l'arrivée de plusieurs dizaines d'étudiants dans les années à venir (archives).

Photo : Radio-Canada / Jérôme Lévesque-Boucher

La construction de logements nécessaire

Le faible nombre de mises en chantier de nouveaux logements au Bas-Saint-Laurent, notamment à Rimouski, est pointé du doigt par les organismes communautaires depuis les dernières années.

L’administration du Cégep de Rivière-du-Loup dit être en réflexion avec la Ville de Rivière-du-Loup, la MRC et même le Centre de services scolaire de Kamouraska–Rivière-du-Loup afin de convertir des immeubles en résidences ou de construire de nouvelles unités locatives pour les étudiants.

L’UQAR, de son côté, projette de construire 100 logements d'étudiant sur sa propriété. Ils pourraient être prêts en 18 mois, assure le directeur des services à la communauté étudiante Jean-François Ouellet, qui indique qu’une rencontre à cet effet avec le gouvernement du Québec devrait avoir lieu incessamment.

L’Université demande par la bande un coup de main supplémentaire à Québec pour qu’il construise davantage de logements sociaux et abordables, et qu’il aide les municipalités à en faciliter la réalisation.

Aux prises avec une dette de quelques millions de dollars, le Cégep de Rimouski étudie quant à lui la possibilité de vendre ses résidences à un tiers pour bonifier l’offre locative. La vente de l’actif est toutefois tributaire de l’aval du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, qui n’a toujours pas donné suite à l’administration.

Un immeuble d'appartements.

Les résidences du Cégep de Rimouski pourraient être vendues à un tiers afin de bonifier l'offre locative pour les étudiants, en plus d'éponger la dette de l'établissement scolaire.

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Le Centre matapédien d’études collégiales vient pour sa part d'inaugurer ses premiers logements étudiants depuis sa fondation, situés au presbytère d’Amqui.

Une course contre la montre

Pour les cégépiens finissants au Québec, les mois du printemps sont des moments charnières. Ils attendent souvent avec impatience et nervosité les lettres d’admission des établissements scolaires.

L’Office d’habitation de Rimouski-Neigette (OHRN) croit que les étudiants devront s’habituer à chercher un logement plus tôt dans l’année, ce qui reviendrait à commencer les fouilles avant même la réception d’une lettre d’admission.

En effet, à trois mois du début des classes, il est parfois trop tard pour se dénicher un logement, particulièrement dans une ville comme Rimouski. L’enjeu, c’est que [les étudiants] arrivent après la période de recherche où on a un peu plus de disponibilités, explique son directeur du service à la clientèle, Daniel Bélanger.

« Lorsqu’on est aux mois d’avril, mai et juin, ce n’est pas le bon moment pour se chercher un logement. »

— Une citation de  Daniel Bélanger, directeur du service à la clientèle de l'Office d’habitation de Rimouski-Neigette

Qui plus est, certains étudiants peuvent chercher un appartement seulement pour un court laps de temps, ce qui les pénalise, selon le directeur général du Cégep de Rivière-du-Loup, René Gingras. Pour les gens qui louent, c’est aussi un casse-tête, ajoute-t-il.

Avec la collaboration de Patrick Bergeron

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