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Archives

Une histoire des universités québécoises

Des étudiants en toge sur le campus extérieur de l'Université Bishop's.

En 1968, les étudiants portaient encore la toge à l'Université Bishop's à Lennoxville au Québec.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

À quoi ressemblait l’offre universitaire au Québec en 1968? Un reportage tiré de nos archives brosse le portrait des universités francophones et anglophones de la province à l’aube de la fondation du réseau de l’Université du Québec.

L’année 1968 est l’année des universités, nous apprend l’animateur Claude-Jean Devirieux à l’émission d’affaires publiques Caméra 68 du 26 mars 1968.

Le gouvernement québécois s’apprête alors à déposer une loi sur l'enseignement supérieur afin de mettre de l’ordre dans ce domaine et de mieux organiser son financement.

C’est dans ce contexte que Claude-Jean Devirieux propose un portrait des universités existantes dans la province et des collectivités qu’elles servent.

Combien y a-t-il d’universités? Où sont-elles? Et, si je peux m’exprimer ainsi : qui sont-elles?, énonce-t-il d’entrée de jeu.

Les universités québécoises de langue française

Reportage de Claude-Jean Devirieux brossant le portrait des universités de langue française au Québec.

Dans la première partie de son reportage, le journaliste Claude-Jean Devirieux se penche sur les universités de langue française au Québec.

L’Université Laval

Située à Québec, l’Université Laval est devenue la toute première université de langue française en Amérique du Nord en 1852 au moment où elle a été consacrée par une charte royale. Auparavant, le Petit Séminaire de Québec permettait aux francophones de faire leur cours classique dans la Vieille Capitale.

L’Université Laval, rendue trop à l'étroit dans le Vieux-Québec, fait l’acquisition en 1948 d'un vaste terrain sur le plateau de Sainte-Foy, où elle s'est installée en 1950.

À l’origine, l’Université Laval comportait quatre facultés : arts, théologie, médecine et droit.

En 1968, le campus de Sainte-Foy compte une vingtaine de pavillons et d’écoles affiliées très éloignés les uns des autres. Une configuration qui oblige les étudiants à parcourir à pied de longues distances, souligne Claude-Jean Devirieux dans son reportage.

Le journaliste nous apprend au passage que l’Université de Montréal a d’abord été un rejeton de l’Université Laval entre 1876 et 1889 avant d’être considérée comme autonome.

En 1968, l’Université Laval possède d’ailleurs deux centres d’études à l’extérieur de Québec, soit à Chicoutimi et à Trois-Rivières, ce qui lui permet d’atteindre 9117 étudiants dans la province, dont la moitié proviennent de Québec.

L’Université de Montréal

À l’origine logée à l’angle des rues Saint-Denis et Sainte-Catherine au centre-ville de Montréal, l’Université de Montréal s’est d'abord émancipée l’Université Laval, puis de l’Église catholique en 1919.

C’est en 1928 que l’Université de Montréal s'installe sur le flanc nord du mont Royal dans une ancienne carrière cédée par la Ville. Les décennies 20, 30 et 40 seront toutefois marquées par des difficultés financières pour la jeune université.

Au cours des années 1950, l’Université de Montréal se remet sur pied et prend de l’envergure. En 1968, elle compte 12 545 étudiants à plein temps dans ses 22 facultés et écoles affiliées, dont Polytechnique et HEC.

L’Université de Montréal jouit d’une mentalité jeune et hardie comme il convient, commente le journaliste Claude-Jean Devirieux.

On y a même mis en place une espèce de système d’administration semi-démocratique qui intègre des représentants des étudiants, des professeurs, des diplômés et du gouvernement, décrit-il.

L’Université de Sherbrooke

Claude-Jean Devirieux s’attarde ensuite à la dernière-née des universités de langue française du Québec : l’Université de Sherbrooke, fondée en 1954.

Le journaliste décrit le milieu de vie de l’université comme plutôt austère. Il n’y a pas beaucoup d’arbres sur le campus installé depuis 1959 sur un terrain dans la banlieue sud-ouest de Sherbrooke et où les constructions se poursuivent.

L’Université de Sherbrooke se distingue notamment par la formule d’enseignement coopératif qu’on y donne. Suivant ce cadre, les études et les stages de formation professionnelle alternent tous les quatre mois, nous explique Claude-Jean Devirieux.

En 1968, l’établissement possède sept facultés et s’apprête à accueillir le premier hôpital universitaire de la province. 2675 étudiants fréquentent l’Université de Sherbrooke, dont 54 % viennent de la région estrienne et 42 % du reste du Québec.

Les universités québécoises de langue anglaise

Deuxième partie du reportage de Claude-Jean Devirieux brossant le portrait des universités de langue anglaise au Québec.

Dans la deuxième partie de son reportage, le journaliste s’attarde aux universités de langue anglaise de la province.

L’Université McGill

L’Université McGill est la plus ancienne, la plus vénérable et la plus réputée, statue le journaliste. Fondée en 1821, elle est située au cœur de Montréal, au pied de la montagne, à l’endroit où se trouvait jadis le village autochtone d’Hochelaga, précise-t-il. L’enseignement s’y est amorcé en 1929.

En 1968, McGill est un établissement non confessionnel et privé, bien que le gouvernement québécois possède un droit de regard dans son administration.

Ses vingt facultés et écoles sont logées dans des bâtiments qui datent déjà. Des bâtiments qui répondent plus ou moins aux besoins actuels, souligne Claude-Jean Devirieux, mais qui possèdent un charme certain.

Avec ses 15 151 étudiants, l’Université McGill est de loin la plus grosse du Québec. 73 % de ses étudiants proviennent du Québec, 11 % du reste du Canada et 15 % de l’étranger, en majorité des États-Unis et des pays du Commonwealth.

Seulement 6 % d’étudiants francophones fréquentent l’Université McGill en 1968.

L’Université Sir George Williams (Université Concordia)

L’Université Sir George Williams est devenue l’Université Concordia en 1974, à la suite de sa fusion avec le Collège Loyola.

En 1968, on la surnomme l’université en salopette en raison de sa large offre de cours du soir.

Les cours qui s’y donnent le jour sont répétés en fin de journée, explique le journaliste Claude-Jean Devirieux, ce qui permet à des gens de tout âge et de tout milieu de faire leurs études tout en exerçant un métier.

D'abord située sur la rue Drummond à Montréal, l’Université Sir George Williams aménage en 1968 dans un vaste immeuble à l'angle de la rue Mackay et du boulevard De Maisonneuve.

Elle compte 11 835 étudiants qui sont tous ou presque de la région de Montréal et dont 10 % sont francophones.

Université Bishop’s

Finalement, le journaliste Claude-Jean Devirieux brosse le portrait de l’Université Bishop’s située au bord de la rivière Massawippi à Lennoxville, non loin de Sherbrooke.

L’Université Bishop's est une petite université dont on parle peu et que l’on connaît mal, raconte le journaliste.

« C’est pourtant un établissement sérieux où les études portent leurs fruits, sans doute à cause de l'isolement et du calme. »

— Une citation de  Le journaliste Claude-Jean Devirieux

Claude-Jean Devirieux vante le cadre reposant du campus typiquement anglo-saxon de cette université qu’il décrit comme extrêmement sympathique et attachante. Il s’émeut d’y voir les étudiants porter encore la toge.

L’Université Bishop’s compte en 1968 trois facultés — arts, sciences et théologie — et une école de formation des maîtres. La plupart de ses 917 étudiants terminent leurs études à l’Université McGill, car ils ne peuvent qu’obtenir une licence dans cet établissement fondé en 1843.

L’émission Caméra 68 produit ce reportage au moment où une nouvelle université de langue française s’apprête à voir le jour. L’Université du Québec ouvrira ses portes à l’automne 1969 dans trois campus : Montréal, Trois-Rivières et Chicoutimi.

Le défi est grand alors que, pour faire face aux besoins croissants dans les universités québécoises tant francophones qu’anglophones, on souhaiterait embaucher 500 nouveaux professeurs par année.

La diplomation totale de professeurs dans tout le Canada est de 600 seulement par année, conclut Claude-Jean Devirieux dans son reportage de 1968.

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