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Mort à Coaticook : le coroner fera enquête après avoir reçu de nouvelles informations

Deux ambulances stationnées dans un garage.

Une seule ambulance était en service dimanche soir à Coaticook.

Photo : Radio-Canada / Brigitte Marcoux

Une enquête du coroner sera finalement menée concernant la mort d’un homme de 81 ans des suites d'un malaise survenu à Foresta Lumina le 14 août dernier. À la suite d’informations communiquées par Radio-Canada dans le cadre d'un reportage, le coroner est revenu sur sa décision et a décidé de faire la lumière sur les circonstances du drame.

Le Bureau du coroner explique que le responsable au dossier, le Dr John Westerlund, n’était pas au courant de certaines informations importantes lorsqu’il a d’abord décrété, dans la nuit de dimanche à lundi, qu’aucune enquête ne serait déclenchée. La Sûreté du Québec avait alors expliqué qu'aucune demande n'avait été déposée parce que la mort était de cause naturelle.

Le Bureau du coroner a rectifié le tir après avoir été avisé par Radio-Canada qu’il y avait un manque d’effectifs ambulanciers le soir du drame, et que l’urgence de Coaticook était fermée.

La Loi sur la recherche des causes et des circonstances des décès prévoit l’intervention du coroner lorsqu’un décès survient sur le territoire québécois dans des circonstances obscures ou violentes ou encore lorsqu’il survient dans un contexte de négligence. [...] Un coroner peut décider qu’il n’y a pas matière à investiguer un décès lorsque celui-ci survient hors des balises mentionnées ci-haut. Cependant, quand un tel cas survient et soulève des questions dans la population, il peut être dans l’intérêt public qu’un coroner se penche sur la question et apporte des réponses objectives aux questions.

- Extrait d'un courriel envoyé par le Bureau du coroner

Radio-Canada avait tenté de savoir si ces ruptures de services pourraient avoir eu un impact sur le décès de l’homme, et si elles avaient été prises en considération lorsque la décision initiale de ne pas mener d'enquête avait été prise. Dans sa réponse, le Bureau du coroner a reconnu qu’il n’avait pas obtenu ces informations au moment où il a été avisé du décès, et compte tenu de ces nouvelles informations, nous confirmons qu’un coroner mènera une investigation. En raison de l’ensemble des questions soulevées par la population, il est apparu important pour le Bureau du coroner de faire la lumière sur les circonstances entourant ce décès.

Le 14 août à Coaticook, l’octogénaire, originaire de Rivière-du-Loup, a subi un arrêt cardiorespiratoire alors qu’il se trouvait à l’activité Foresta Lumina. Des premiers répondants ont rapidement utilisé un défibrillateur, sur place, pour tenter de le réanimer. Cependant, aucune ambulance n’était disponible à Coaticook pour répondre rapidement à l’appel, la seule en service étant affectée à une autre urgence. Une ambulance de Sherbrooke a dû être dépêchée sur les lieux. Celle-ci est arrivée à 21 h 36, soit 23 minutes après avoir reçu l’appel et parcouru une trentaine de kilomètres.

En raison de la fermeture de l’urgence à Coaticook, l’octogénaire a dû être transporté jusqu’à l’Hôpital Fleurimont de Sherbrooke. Les techniciens paramédicaux ont effectué des manœuvres de réanimation tout au long de leur intervention, puis il a été pris en charge par les médecins à 22 h 34, soit 1 heure et demie après la réception de l’appel. Le décès de l’homme a été constaté plus tard au cours de la nuit.

Une enquête « à plusieurs niveaux »

Cet événement a relancé le débat sur la diminution des services de proximité à Coaticook. Le maire de la municipalité, Simon Madore, a d’ailleurs souligné qu'une rencontre est prévue très bientôt avec le CIUSSS pour comprendre ce qui s'est passé, et s'il s'agit d'un événement isolé.

Celui-ci a bien accueilli cette enquête du coroner.

C'est important de faire la lumière, affirme Simon Madore. Je pense que le coroner a vraiment une job à faire. Même si on n'avait pas pu sauver cette vie-là, je pense que dans la vie, le dicton mieux vaut prévenir que guérir est très important!

« Je ne pense pas qu'il faut crier au loup. Oui, on est en sécurité. Oui, on a une bonne desserte ambulancière. Mais l'urgence, le soir, est fermée, alors qu'on a un flot important de touristes. »

— Une citation de  Simon Madore, maire de Coaticook

Cette semaine, le coordonnateur des services préhospitaliers d’urgence au CIUSSS de l’Estrie - CHUS, Pascal Shannon, a reconnu un manque d’effectifs à Coaticook en raison d’un conflit d’horaire estival et d’une rupture partielle des services. Il a également confirmé que l’événement faisait l’objet d’enquêtesà plusieurs niveaux pour s’assurer de la saine utilisation des ressources lors de cette soirée.

Quant à l’entreprise ambulancière Dessercom, qui couvre le territoire de Coaticook, elle a reconnu son incapacité à pallier le manque d’effectifs le soir de l’événement, malgré ses efforts. En entrevue, Francis Brisebois, coordonnateur aux communications et aux relations gouvernementales, a parlé d’un triste événement où la chaîne d’intervention préhospitalière n’a pas été efficace. Il a également expliqué que les besoins de main-d'œuvre sont criants, particulièrement en période estivale.

Le CIUSSS de l'Estrie - CHUS et la députée de Saint-François, Geneviève Hébert, ont décliné nos demandes d'entrevue à ce sujet. Le CIUSSS a toutefois souligné par courriel qu'il accueillait bien cette enquête et y collaborera avec diligence et transparence. Quant à la députée, elle a indiqué qu'elle prenait acte de cette enquête.

Avec les informations d'Alexis Tremblay

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