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Voici quatre choses à savoir sur la tentative d’éviction à l’église Ste-Brigid à Ottawa

Des bannières rouges avec le logo de The United People of Canada sont accrochées à la façade de l'église Ste-Brigid.

Des bannières rouges avec le logo de The United People of Canada sont accrochées à la façade de l'église Ste-Brigid (archives).

Photo : Radio-Canada / Dan Taekema

Radio-Canada

L’huissier qui a collé l’avis d’éviction sur les portes de l’église Ste-Brigid soutient que le groupe The United People of Canada (TUPC) doit quitter les lieux immédiatement. Après la tentative d'éviction infructueuse des occupants de l'édifice mercredi, voici ce que nous savons à ce propos.

Les serrures seront bientôt remplacées, dit un huissier

Les serrures de la maison d’art The Rectory Art House, située juste à côté de l’église, ont été remplacées jeudi, de sorte que seuls les propriétaires et les artistes qui louent un studio peuvent y accéder.

Il n’y a plus de bail. Ils ne font que squatter, selon Dave, de la firme Cease Bailiff Services. Ça ne durera pas longtemps.

CBC/Radio-Canada a accepté de ne pas révéler le nom de famille de Dave, compte tenu des tensions entourant la situation à l’église Ste-Brigid et du harcèlement auquel il a fait face lorsqu’il a remis l’avis d’éviction.

L’huissier s’est rendu à l’édifice pour la première fois avec un serrurier mercredi soir en compagnie de la police. Toutefois, puisque les partisans de TUPC étaient furieux, ils sont partis pour désamorcer la situation.

Ils sont ensuite revenus jeudi et ont réussi à changer les serrures de la maison d’art, où 10 artistes louent des locaux.

Dave entend retourner changer les serrures de l’église Ste-Brigid, mais il refuse de dire quand exactement cela se produira. Il exhorte le groupe TUPC à se comporter de manière honorable envers le propriétaire de l’immeuble et à quitter les lieux.

Ils sont belliqueux et ils ne veulent pas partir, mais ils vont partir. Ils doivent partir, soutient Dave. C’est grave. On ne peut pas prendre possession de l’édifice de quelqu’un d'autre à Ottawa, poursuit-il.

Le groupe doit 10 000 $ en loyer, selon l’avis d’éviction

L’avis d’éviction qui avait été collé aux portes de l’église Ste-Brigid semble avoir été retiré, mais celui apposé aux portes de la maison d’art était toujours en place jeudi.

Ce dernier avis indique que le propriétaire a résilié le bail en date de mercredi en raison de 10 000 $ en loyer impayé et pour ne pas avoir fourni de preuve d’assurance responsabilité au montant de cinq millions de dollars.

Un autre avis apposé indique que TUPC contrevient aussi à la Loi sur le patrimoine de l’Ontario pour avoir modifié l’apparence des lieux sans l’approbation écrite de la Fondation du patrimoine ontarien.

Il est aussi écrit que le groupe contrevient à la Loi sur le Code du bâtiment de l’Ontario pour ne pas avoir obtenu les permis et autorisations nécessaires pour des travaux de construction sur le site.

Dans une déclaration envoyée par courriel à CBC mercredi soir, un des directeurs de TUPC, William Komer, allègue que les propriétaires de l’église Ste-Brigid ont tenté d'expulser illégalement l’organisation après qu’elle eut soulevé des préoccupations au sujet de ce que nous croyons être des violations du Code des droits de la personne de l’Ontario par les propriétaires.

La déclaration du groupe dit également que les propriétaires de l’église punissent TUPC pour avoir refusé de discriminer les gens en raison de leurs croyances.

William Komer pose devant l'église Ste-Brigid.

William Komer, un des directeurs de l'organisme Peuples unis du Canada, ou The United People of Canada (TUPC).

Photo : Radio-Canada / Francis Ferland

Au cours d’une entrevue à l’extérieur de l’église jeudi matin, Diane Nolan, une autre responsable de TUPC, a affirmé que William Komer s’occupait du loyer, qui devait être payé le 15 août, et que la preuve d’assurance avait été montrée à la police mercredi.

Je ne connais pas vraiment tous les détails, mais nous avons payé le loyer, d'après ce que je sais. Nous avons essayé de donner. Vous savez qu’il y a eu beaucoup de ruptures de communication entre les avocats, donc c’est vraiment ce qu’il faut régler, explique Diane Nolan.

William Komer n’a pas répondu aux demandes de commentaires jeudi. Les personnes à l’église Ste-Brigid ont dit à CBC qu’il n’était pas à Ottawa.

Il avait dit précédemment que TUPC avait convenu avec le propriétaire de l’édifice d'une vente conditionnelle de celui-ci. Toutefois, CBC a fait plusieurs tentatives pour communiquer avec le propriétaire de l’église Ste-Brigid afin de vérifier cette information, en vain.

L’église Ste-Brigid serait de retour sur le marché immobilier

Les documents du registre foncier montrent une société à numéro reliée à Patrick McDonald, un des investisseurs qui ont acheté l’église après son démantèlement, en 2007, et qui en est toujours le propriétaire. CBC tente de joindre M. McDonald depuis des semaines.

L’agent immobilier responsable de cette propriété, dont le prix de mise en vente était de 5 950 000 $, n’a pas non plus répondu aux questions sur la situation. Il a raccroché le téléphone peu après qu’un journaliste de CBC se fut nommé lors d’un appel jeudi.

Cependant, un courriel envoyé à CBC par un autre agent immobilier indique que la propriété est de retour sur le marché.

Un léger soupir de soulagement

Eryn O’Neill, une artiste qui loue des locaux à la maison d’art Rectory Art House, avance que selon elle, l’entente avec TUPC serait tombée à l’eau et que la propriété serait de nouveau à vendre.

Cette artiste affirme que la présence de TUPC sur les lieux s'était intensifiée au cours des dernières semaines, ce qui a entraîné encore plus de perturbations et ce qui fait en sorte que certains partisans nous affrontent dans le stationnement. C'était un peu plus difficile de venir au travail et de se sentir autant en sécurité que d'habitude, soutient-elle.

Eryn O’Neill se dit heureuse que les serrures aient été changées, car les membres du groupe avaient commencé à utiliser les garages derrière la maison d’art et à entrer dans ses aires communes. Nous sommes en sécurité maintenant, dit-elle.

L’Association communautaire de la Basse-Ville avait exhorté la Ville d'Ottawa à intervenir pour mettre fin à la vente et lui demandait soit d'acheter l’immeuble, soit d'aider quelqu’un de la région à le prendre en charge. La présidente de l’association, Sylvie Bigras, considère cette éviction comme une bonne nouvelle pour le quartier.

Sylvie Bigras.

En entrevue à Radio-Canada au début du mois d'août, Sylvie Bigras se disait inquiète des véritables intentions du groupe The United People of Canada (archives).

Photo : Radio-Canada

Il y a un léger soupir de soulagement, lance-t-elle. Nous espérons qu’ils donneront suite à l'avis d’expulsion.

Mme Bigras qualifie l’église Ste-Brigid d'époustouflante. Elle indique que son association a des idées sur la façon dont la propriété pourrait être utilisée, par exemple en la transformant en centre communautaire.

Avec les informations de Dan Taekema, CBC

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