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L’utilisation des ambulances augmente quatre fois plus vite que la population en Ontario

Deux ambulancier marchent près d'une civière inoccupée.

Le recours au transport en ambulance a augmenté de 38,3 % au cours de la dernière décennie.

Photo : Radio-Canada / Esteban Eduardo Cuevas Gonzalez

Radio-Canada

Une nouvelle étude révèle que le recours aux ambulances en Ontario a augmenté de manière notable au cours des années qui ont précédé la pandémie, dépassant la croissance de la population ainsi que le nombre de visites aux urgences d'hôpitaux par d'autres moyens.

Cette étude a été menée par des chercheurs de l'Université McMaster de Hamilton. Elle a examiné le nombre annuel de patients transportés par ambulance vers les salles d'urgence des hôpitaux de l'Ontario entre 2010 et 2019.

Elle a révélé une augmentation de 38,3 % du nombre de patients transportés par ambulance vers les urgences au cours de la décennie, une augmentation quatre fois plus élevée que la croissance démographique, qui s'est chiffrée à 9,6 % dans la province au cours de la même période.

Notre travail indique que le modèle actuel de transport [aux urgences] n'est probablement pas viable pour la province, a déclaré Ryan Strum, chercheur principal de l'article et étudiant au doctorat à l'Université McMaster, qui travaille également comme ambulancier.

Évaluée par des pairs et publiée dans le numéro d'août du Canadian Journal of Emergency Medicine, cette étude paraît à un moment où l'Ontario enregistre des temps d'attente sans précédent dans les salles d'urgence des hôpitaux et de fréquents incidents de niveau zéro, ce qui signifie qu'aucune ambulance n'est disponible pour répondre aux appels dans un secteur.

Les auteurs affirment que leurs conclusions démontrent la nécessité de trouver des moyens pour répondre à la demande croissante de services ambulanciers, par exemple en donnant aux ambulanciers la possibilité de transporter les patients dont les problèmes de santé sont moins urgents ailleurs que dans les services d'urgence.

L'analyse de Ryan Strum suggère qu'il y a une tendance générale selon laquelle les gens comptent de plus en plus sur le recours à une ambulance en raison des contraintes d'accès au reste du système de santé.

Des ambulanciers paramédicaux à la sortie d'un hôpital d'Ottawa.

Les ambulanciers doivent attendre que les patients qu'ils transportent soient admis.

Photo : Radio-Canada / Ashley Burke

La croissance de la demande a d'ailleurs été observée dans toutes les régions de l'Ontario et dans tous les groupes d'âge. Ottawa, par exemple, a déjà atteint le niveau zéro d'ambulances disponibles 526 fois cette année, précise M. Strum.

Ils ont épuisé les autres options et ils se tournent vers le 911 parce qu'ils savent que les soins sont disponibles sur-le-champ, a déclaré M. Strum en entrevue.

Deux tiers des patients transportés aux urgences n'ont pas été admis

L'étude fait état de 5,98 millions de visites de patients aux urgences de la province en 2019, dont environ 84 % ne sont pas arrivés en ambulance.

Sur les quelque 954 000 patients transportés aux urgences de l'Ontario par ambulance en 2019, environ deux tiers (près de 608 000) ont reçu leur congé sans être admis à l'hôpital.

Des ambulances attendent aux urgences de l'Hôpital Michael Garron.

Des ambulances attendent aux urgences de l'Hôpital Michael Garron (archives).

Photo : CBC/Michael Wilson

Les personnes âgées de 65 ans et plus représentaient de 42 à 44 % des transports annuels au cours de la décennie couverte par l'étude. Parmi les groupes d'âge, le plus fort taux de croissance de l'utilisation des ambulances de 2010 à 2019 a été observé chez les personnes âgées de 18 à 39 ans.

Les auteurs de l'étude se demandent si on ne pourrait pas en faire davantage pour détourner les cas non urgents des urgences déjà surchargées de l'Ontario.

Lorsqu'un patient dont les problèmes de santé sont moins urgents est emmené dans une salle d'urgence, les ambulanciers paramédicaux doivent rester sur place jusqu'à ce que le personnel infirmier puisse prendre le patient en charge. Pendant ce temps, les ambulanciers paramédicaux et leur ambulance ne sont pas sur la route et ne peuvent pas répondre aux appels.

Je pense qu'il y a une très belle occasion pour les ambulanciers paramédicaux d'examiner ces facteurs et d'être en mesure de transporter les patients vers d'autres destinations de soins de santé qui pourraient fournir des soins équivalents, voir et traiter ces patients plus rapidement et potentiellement à un coût moindre, par exemple les cliniques de soins urgents et les cliniques de médecine généraliste, a déclaré Ryan Strum.

La ministre de la Santé de l'Ontario, Sylvia Jones, a indiqué jeudi vouloir donner aux ambulanciers paramédicaux la possibilité de traiter les patients afin qu'ils évitent si possible de se rendre à l'hôpital. Elle a fait cette annonce dans le cadre du dévoilement de la mise à jour de son Plan pour rester ouvert.

Avec les informations de CBC

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