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La réhabilitation d’un ruisseau de Sudbury entraîne le retour d’animaux menacés

Une demi-douzaine de personnes observent un marais avec des jumelles.

Le ruisseau Junction est en voie de réhabilitation depuis 1999.

Photo : Courtoisie / Comité d'intendance du ruisseau Junction

Les chauves-souris et certaines espèces de tortues sont de retour au ruisseau Junction, un signe encourageant pour la santé de ce cours d'eau 23 ans après les travaux destinés à le restaurer.

Il s'agit d'un signe positif pour le ruisseau, qui a été en partie enterré, puis déterré, rempli puis vidé de grosses quantités de déchets tout au long de l'histoire du Grand Sudbury.

Selon Chanel Lalonde, biologiste au comité d’intendance du ruisseau Junction, il existait peu de données sur la présence de chauves-souris dans le Grand Sudbury, ce qui a poussé le comité à organiser des séances d’observation dans le secteur.

Pour détecter la présence de ces chauves-souris, les bénévoles et les scientifiques qui ont participé aux séances d’observation au début du mois d’août se sont servis d’un échomètre, un instrument scientifique qui capte et mesure les sons.

Des personnes regardent un poteau illuminé avec un instrument scientifique à l'avant-plan.

Le 11 août, des citoyens ont participé à une séance d'observation à Garson, en banlieue de Sudbury, avec de l'équipement comme des échomètres.

Photo : Avec l'autorisation du Comité d’intendance du ruisseau Junction

Cet instrument a permis à Mme Lalonde d'analyser les fréquences sonores des chauves-souris pour identifier les espèces présentes lors des séances d'observation des citoyens.

Le résultat a été surprenant, selon elle. J'ai découvert qu’il y avait sept des huit espèces de chauves-souris qui se trouvent en Ontario qui vivent dans le secteur du ruisseau Junction, explique-t-elle.

La seule espèce de chauve-souris qui n’a pas été trouvée est la chauve-souris pygmée, qui ne se trouve normalement que dans le sud de la province.

Espèces de chauve-souris qu’on peut trouver en Ontario :

  • Chauve-souris cendrée
  • Chauve-souris argentée
  • Sérotine brune
  • Chauve-souris rousse
  • Chauve-souris pygmée (ne se trouve pas dans le Nord de l’Ontario)
  • Petite chauve-souris brune (menacée d’extinction)
  • Blondin de Cuvier (menacé d’extinction)
  • Vespertilion nordique (menacé d’extinction)

Parmi ces espèces, le comité a par ailleurs trouvé trois espèces menacées en Ontario, soit la petite chauve-souris brune, le blondin de Cuvier et le vespertilion nordique.

Mme Lalonde affirme que la présence de ces chauves-souris est un signe que le ruisseau Junction est en bonne santé et que les espèces plus fragiles peuvent y vivre.

Une petite chauve-souris brune qu'un chercheur tient dans sa main montre les dents.

La petite chauve-souris brune fait partie des espèces de chauves-souris menacées qui ont été détectées dans le secteur du ruisseau Junction.

Photo : Associated Press / Mike Groll

C’est un signe qu’il y a des insectes. Les chauves-souris sont capables de manger la moitié de leur poids en insectes chaque jour, indique-t-elle.

Meghan Mitchell, de Science Nord, fait le même constat.

Toutes les chauves-souris de l’Ontario sont insectivores, ce qui signifie qu’elles mangent beaucoup d’insectes actifs la nuit, comme les moustiques, les papillons de nuit ou certains scarabées, explique-t-elle.

Elle se réjouit de la présence de chauves-souris dans le secteur du ruisseau. C'est une très bonne chose puisqu’elles mangent des insectes : elles sont en quelque sorte des espèces indicatrices. S’il y a beaucoup d’insectes, s’il y a beaucoup de nourriture, il va y avoir des chauves-souris.

Elle affirme que les chauves-souris jouent un rôle important dans la régularisation des milieux naturels.

Ce sont elles qui aident à réduire le nombre de moustiques ou d'insectes qu'on n’aime pas vraiment. Elles aident aussi à réduire le nombre d'insectes qui mangent des récoltes, explique-t-elle.

La présence de chauves-souris est aussi un indicateur que d’autres espèces comme les poissons peuvent survivre dans le ruisseau, puisque plusieurs insectes font aussi partie de leurs proies, notamment le moustique, qui à l'état de nymphe, vit à la surface de l’eau.

Pour protéger les chauves-souris, Mme Mitchell recommande d'éviter d'utiliser trop de pesticides dans les jardins afin de protéger leurs sources de nourriture.

Les tortues aussi à l’étude

En plus de l’étude sur la population de chauves-souris, le comité d’intendance du ruisseau Junction dit avoir lancé un projet d’étude de sa population de tortues.

L’objectif consiste à répertorier les différentes espèces qui fréquentent le ruisseau et à en savoir plus sur leurs déplacements et sur leurs habitudes de nidification.

Ce projet est dirigé par Dan Guinto, chef technicien des tortues au comité.

Le projet vient tout juste de commencer et nous avons d'ailleurs réussi à attraper notre première tortue hier soir, une tortue peinte, explique-t-il.

Une tortue peinte dans la main d'une femme.

Une tortue peinte capturée dans le ruisseau Junction

Photo : Avec l'autorisation du Comité d’intendance du ruisseau Junction

Le comité va tenter d’étudier les tortues peintes, les tortues serpentines et les tortues mouchetées, toutes trois soupçonnées d’être de retour au ruisseau Junction.

M. Guinto affirme que la présence de tortues dans un milieu naturel est un indicateur éloquent de la santé de celui-ci parce que les tortues vivent longtemps et ont la possibilité de se déplacer, donc de changer de milieu pour se nourrir, hiberner ou encore faire leur nid.

Il dit chercher avec intérêt des signes de la présence de la tortue mouchetée, une tortue menacée en Ontario mais qui pourrait se trouver dans le ruisseau Junction.

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