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Une méthode simple pour détruire certains « polluants éternels »

Une bouteille de shampoing orange et opaque.

Les PFAS (substances perfluoroalkyliques et polyfluoroalkyliques) se retrouvent dans de nombreux objets du quotidien, comme les bouteilles de shampoing.

Photo : Radio-Canada / David Donnelly

Agence France-Presse

Des scientifiques ont annoncé avoir trouvé une méthode pour détruire certains polluants, dits « éternels » en raison de leur résistance extrême et de leur toxicité, qui sont présents dans de nombreux objets du quotidien et peuvent causer de graves problèmes de santé.

La technique, qui nécessite des températures relativement basses et des produits dits réactifs courants, a été mise au point par des chimistes aux États-Unis et en Chine.

Leurs travaux, publiés dans la revue Science, offrent une solution potentielle à un problème persistant pour l'environnement, le bétail et les hommes.

Développés dans les années 1940, les PFAS (substances perfluoroalkyliques et polyfluoroalkyliques) se retrouvent dans les emballages, les shampoings, les poêles antiadhésives ou encore le maquillage.

En raison de leur désintégration extrêmement lente, ils se sont répandus avec le temps dans notre environnement : l'eau, le sol, l'air, les nappes phréatiques, les lacs et les rivières.

Une étude suédoise a ainsi montré la semaine dernière que l'eau de pluie était impropre à la consommation partout sur Terre en raison d'un niveau trop élevé de PFAS.

Selon certaines études, l'exposition aux PFAS peut avoir des effets sur la fertilité et le développement du foetus. Elle peut aussi mener à des risques accrus d'obésité ou de certains cancers (prostate, reins et testicules) et une augmentation des niveaux de cholestérol.

Les méthodes actuelles pour dégrader ces polluants requièrent des traitements puissants, comme l'incinération à très haute température ou l'irradiation par ultrasons.

Un échantillon de mascara.

Le mascara est l'un des produits les plus susceptibles de contenir des PFAS.

Photo :  CBC

Leur caractère quasi indestructible est lié aux longues liaisons carbone-fluor qui les composent, parmi les plus fortes en chimie organique.

Des faiblesses à exploiter

Les chercheurs sont cependant parvenus à détecter une faiblesse chez certains types de PFAS : à l'une des extrémités de leur molécule, un groupe d'atomes d'oxygène peut être ciblé par un solvant et un réactif courant à des températures moyennes de 80 à 120 degrés Celsius.

Cela provoque l'effondrement de la molécule entière dans une cascade de réactions complexes, explique William Dichtel, de l'Université Northwestern, l'un des auteurs de l'étude.

Les scientifiques ont aussi utilisé de puissantes méthodes de calcul pour cartographier la mécanique quantique sous-jacente à ces réactions chimiques. Des travaux qui pourront un jour servir à améliorer la méthode.

L'étude actuelle s'est concentrée sur 10 PFAS, notamment un important polluant nommé GenX, qui a contaminé la rivière Cape Fear, en Caroline du Nord.

Or, il existe plus de 12 000 produits chimiques éternels, selon l'agence américaine de protection de l'environnement. Il y a d'autres types [de PFAS] qui n'ont pas le même talon d'Achille, mais chacun a son propre point faible, souligne William Dichtel. Si nous pouvons l'identifier, alors nous saurons comment l'activer pour le détruire.

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