•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Une nouvelle arme pourrait aider à sauver les abeilles d’un parasite destructeur

Les apiculteurs peuvent contribuer à la collecte d’acariens parasites, qui permettront d'étudier l'efficacité de ce nouveau remède.

Des abeilles dans une ruche.

Un grand nombre de colonies d'abeilles ont été décimées au pays pendant l'hiver en raison du Varroa destructor, un acarien qui parasite les pollinisateurs lors de leur développement.

Photo : Radio-Canada / Alexandre Lamic

Pourrait-on bientôt avoir une arme efficace pour lutter contre le Varroa destructor, un parasite qui menace les colonies d’abeilles? Des chercheurs de l’Université Simon Fraser, en Colombie-Britannique, étudient un nouveau composé chimique qui pourrait aider à lutter contre ce parasite porteur de virus.

Le milieu de l’apiculture canadienne connaît une mortalité historique des abeilles cette année, notamment en raison des acariens parasites. Si ce nouveau traitement contre le Varroa destructor porte ses fruits, il pourrait aider les apiculteurs aux récoltes ravagées, tout en limitant l’insécurité alimentaire.

La pollinisation des abeilles est en effet importante pour la culture des bleuets, des canneberges, des poires et des pommes, parmi d’autres.

Les acariens parasites affaiblissent les abeilles, ils peuvent contribuer à l’effondrement de ruches complètes, explique la professeure de chimie de l’Université Simon Fraser Erika Plettner, qui travaille sur le nouveau traitement.

Qu'est-ce que le Varroa destructor?

Le Varroa destructor est une espèce d’acarien parasite originaire de l’Asie du Sud-Est. Comme une tique, il se nourrit en piquant les abeilles. Lorsqu'ils s'y attaquent, ils leur transmettent des virus qui peuvent décimer une colonie en quelques semaines à peine.

Le parasite s’est propagé avec le transport de produits agricoles. Il est arrivé au Canada à partir des États-Unis. Seule l’Australie est épargnée pour le moment.

Le composé chimique qu'Erika Plettner utilise dans sa recherche, le 3c36, est un heureux accident. Alors qu’elle cherchait à développer une arme pour éloigner les mites des récoltes, elle s’est aperçue que le composé peut aussi paralyser et tuer les acariens parasites qui se logent dans les ruches.

Une femme debout devant des plantes

La professeure Ericka Plattner espère que la recherche des prochaines années permettra une mise au point du composé qui pourrait résulter en l'utilisation de cette nouvelle arme contre le Varroa destructor par les apiculteurs.

Photo : Université Simon Fraser

Erika Plettner, qui est elle-même apicultrice dans son temps libre, va se pencher plus longuement sur les effets du composé dans le but de mettre au point un traitement qui pourrait être utilisé par les apiculteurs. Pour le moment, tout ce qu’on sait, c’est que ça tue les parasites après quelques heures, précise-t-elle.

Elle et son équipe ont d’ailleurs reçu une bourse de recherche de Genome British-Columbia pour recueillir des données et en apprendre davantage sur les effets possibles du composé sur les acariens parasites, mais aussi les abeilles en tant que telles.

Suivre le fluorescent du composé

Pour la prochaine étape, Erika Plettner veut collectionner des milliers d’acariens parasites, donc elle lance un appel aux apiculteurs pour contribuer à cette cueillette. Les parasites seront congelés et en automne, des expériences seront menées pour mieux saisir comment le composé s’attache au corps. On pourrait potentiellement colorer le composé avec des teintes fluorescentes pour en faire le suivi. Cette recherche va durer jusqu’en septembre 2023.

La bourse permettra d’étudier plus précisément le mécanisme moléculaire derrière la réaction, on voudra comprendre c’est quoi la protéine qui s’attache au composé chimique et qui provoque ces symptômes, ajoute la chercheuse.

Diversifier les armes

L’utilisation éventuelle du composé chimique permettra de diversifier les traitements qui existent contre les acariens parasites, car ils semblent pour l’instant développer une résistance au principal traitement utilisé par les apiculteurs.

Parmi les cinq autres traitements existants, deux sont corrosifs et difficiles à utiliser, d'après Erika Plettner. Le composé fera en sorte qu’on pourra faire une rotation des traitements.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !