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Courbe dangereuse à Sacré-Cœur : des actions demandées

Avant une courbe, un panneau indique de circuler dans le virage à gauche à une vitesse de 35 km/h.

Le virage jugé dangereux se situe sur la route 172 à Sacré-Cœur, à l’intersection de la rue Gagné.

Photo : Radio-Canada / Camille Lacroix

Radio-Canada

Une courbe jugée dangereuse à Sacré-Cœur cause bien des maux de tête aux propriétaires de deux maisons situées à proximité. Des accidents ont lieu fréquemment à cet endroit, et ce serait surtout en raison de la vitesse excessive des automobilistes lorsqu'ils empruntent le virage.

À l’intersection de la rue Gagné, la route 172 fait une courbe à pratiquement 90 degrés. Il n’y a pas d’arrêt-stop ou de lumière clignotante, mais il est recommandé de circuler sur cette portion de route à 35 km/h. La limite de vitesse est de 50 km/h dans le village.

Ce ralentissement est rarement observé, témoignent Roxanne Savard et son conjoint Olivier Robitaille. Parents d'une fille de cinq ans, ils sont propriétaires d'une maison située dans la courbe.

Selon eux, les véhicules arrivent souvent à plus de 50 km/h, parfois même à 80 km/h. Ils ont été témoins, tout comme la famille voisine, d’accidents.

« Définitivement, c’est inquiétant parce qu’on ne sait jamais quand une voiture va rentrer dans la maison. Est-ce qu’on va être bien positionné dans la maison pour recevoir l’impact? »

— Une citation de  Olivier Robitaille, résident de Sacré-Cœur
Un mur ouvert dans une salle à manger.

Une voiture a déjà terminé sa course dans le mur de la salle à manger de Roxanne Savard et Olivier Robitaille.

Photo : Gracieuseté de Roxanne Savard

La famille a même déménagé en décembre dernier en raison du stress que cette situation leur causait.

Ils n’ont toujours pas trouvé d’acheteurs pour leur ancienne demeure, dont la valeur a baissé en raison des accidents, qui causent des dommages matériels, mais aussi psychologiques.

Olivier Robitaille et Roxanne Savard devant leur maison.

Olivier Robitaille et Roxanne Savard résident à côté de l'intersection et ont souvent été témoins d'accidents de voiture.

Photo : Radio-Canada / Camille Lacroix

On ne demeure plus dans la maison depuis décembre parce que ça nous a, je ne sais pas si je peux dire traumatiser, mais on a quand même eu des chocs suite à tout ça. Donc on a décidé de faire nos commerces dedans, explique Roxanne Savard. Lorsque Roxanne et Olivier ont emménagé dans la maison devant la courbe, ils y ont ouvert un commerce d’esthétique.

Olivier Robitaille est aussi ambulancier de formation, donc quand un accident survient près de l’intersection, il a le devoir de venir en aide aux personnes dans la voiture.

Des améliorations jugées insuffisantes

Constatant le nombre d'accidents à cet endroit, le couple a interpellé la Municipalité de Sacré-Cœur et le ministère des Transports du Québec.

Depuis plusieurs années, les résidents demandent plus d’affiches, de marquages au sol, de feux lumineux pour avertir les automobilistes qu’il faut ralentir avant de prendre le virage.

Une affiche de Sacré-Coeur devant l'église du village et un bâtiment municipal.

Roxanne Savard et Olivier Robitaille demandent à la Municipalité de Sacré-Coeur d'intervenir.

Photo : Radio-Canada / Camille Lacroix

En 2015, le ministère des Transports a ajouté des panneaux pour signaler la courbe et a aussi élargi d'environ deux mètres l’asphalte en bordure de la rue. Le ministère assure refaire la peinture des lignes chaque année.

La conseillère en communications du ministère des Transports, Sarah Gaudreault, assure qu’aucune demande formelle n’a été déposée par la Municipalité de Sacré-Coeur pour ce secteur depuis 2015.

Ce qui a été fait n’est pas suffisant selon les propriétaires. Encore récemment, dans la nuit du 4 au 5 août, un véhicule a embouti la roche devant la maison de Roxanne Savard et Olivier Robitaille.

Se protéger avec des blocs de béton

L’année dernière, le couple et leurs voisins ont installé une vingtaine de blocs de béton sur leurs terrains pour éviter que des véhicules finissent leur course dans leur maison ou leur voiture, comme ça a déjà été le cas.

On a fait venir une vingtaine de blocs d’une tonne à nos frais, parce qu’on n’a pas eu d‘aide de personne, alors on est allé chercher notre propre aide. On a installé notre barricade pour protéger nos maisons, la vie de nos enfants et la nôtre en même temps, raconte Olivier Robitaille.

Des blocs de béton avec des flèches peinturées dessus sur un terrain devant une maison.

L’année dernière, le couple et leurs voisins ont installé une vingtaine de blocs de béton sur leur terrain pour éviter que les voitures finissent leur course dans leur maison ou leur voiture.

Photo : Radio-Canada / Camille Lacroix

De son côté, le ministère des Transports explique qu’étant donné que les blocs sont sur un terrain privé, il n’y a pas d’autorisation nécessaire à obtenir du Ministère et précise dans une réponse écrite que puisqu’il s’agit d’une zone à 50 km/h et que les gens doivent respecter cette vitesse, il n’y a pas en principe de dangerosité à l’installation [des blocs de béton].

La mairesse de Sacré-Cœur, Lise Boulianne, reconnaît que la courbe est dangereuse et que la situation est connue depuis une quinzaine d’années.

Ce qu’on souhaite depuis de nombreuses années, c’est qu’il y ait un feu qui soit installé à cette intersection-là, un feu lumineux clignotant. Nous, on juge que ce qui a été fait n’est pas suffisant parce qu’il faut comprendre que cette intersection-là ne relève pas de la Municipalité. On espère que cette fois-ci ça sera la bonne et qu’il y aura des moyens importants qui seront mis de l’avant pour protéger nos citoyens, affirme la mairesse.

La Municipalité de Sacré-Cœur souhaite rencontrer prochainement les responsables au ministère des Transports du Québec pour trouver et mettre en place des solutions pérennes.

D'après le reportage de Camille Lacroix

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