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Le salaire minimum atteindra 15 $ l’heure en octobre 2023 au Manitoba

Sur une table, il y a 15,20 $ en monnaie.

La première ministre manitobaine, Heather Stefanson, a laissé entendre que cette nouvelle cible pour le salaire minimum pourrait à nouveau augmenter si l'inflation poursuit sa trajectoire.

Photo : Radio-Canada / Mario De Ciccio

Le salaire minimum au Manitoba passera de 11,95 $ de l’heure à 15 $ au 1er octobre 2023. Cette augmentation graduelle devrait permettre aux employeurs de la province de s’organiser.

Des consultations seront organisées avec les petites entreprises pour surveiller les effets de ce changement.

La première étape de cette augmentation permettra aux salariés de recevoir un salaire de 13,50 $ dès le 1er octobre de cette année.

Notre gouvernement connaît les défis financiers auxquels de nombreux Manitobains font face en raison de l’inflation mondiale, déclare la première ministre du Manitoba, Heather Stefanson.

Heather  Stefanson reconnaît que le Manitoba est en retard par rapport à d’autres provinces sur le sujet des salaires.

Nous savons que les salaires doivent être compétitifs pour attirer et retenir les nouveaux travailleurs et les immigrants au Manitoba, dit la première ministre.

Le salaire minimum au Manitoba devait initialement passer à 12,35 $ au 1er octobre, selon la formule actuelle d'indexation des hausses salariales à l'inflation.

Cela aurait été le salaire minimum le plus bas au pays, la Saskatchewan devant augmenter son salaire minimum à 13 $ l'heure en octobre.

Cette nouvelle cible de 13,50 $ a été décidée après des consultations avec les syndicats et les entreprises.

Une deuxième augmentation du salaire minimum prendra effet le 1er avril 2023. Les Manitobains gagneront 65 cents supplémentaires, pour atteindre 14,15 $ l'heure.

Une entente difficile à trouver

Le gouvernement conservateur a demandé au comité d'examen patronal-syndical de recommander un nouveau salaire minimum plus élevé, mais n'a pas réussi à s'entendre avec lui.

Le groupe représentant le patronat voulait un salaire se situant entre 13 et 14 $ l'heure, tandis que les syndicats préconisaient 16,15 $. Selon ces syndicats, cette somme représente un salaire de subsistance au Manitoba, comme l'a déterminé le Centre canadien de politiques alternatives.

Les syndicats seront toujours d'un côté, et le patronat, de l'autre. Nous croyons que l’approche choisie est juste et équilibrée pour devenir un territoire compétitif au pays, explique Heather Stefanson.

Les négociateurs ne sont pas convaincus

Les réactions ne se sont pas fait attendre suite à cette annonce et les différentes parties qui étaient assises à la table des négociations ne sont pas convaincues du résultat.

À la pompe à essence, à l'épicerie, l'inflation frappe durement les gens en ce moment. Dire que dans un an, les travailleurs recevront un salaire minimum, qui aurait déjà dû s'aligner depuis longtemps sur ce que proposent les autres provinces ne sera pas suffisant pour les familles, assure le président de la Fédération du travail du Manitoba, Kevin Rebeck.

Le président et directeur général de la Chambre de commerce de Winnipeg, Loren Rémillard, n’est pas non plus conquis par la nouvelle. En revanche, il estime plutôt que ce changement est trop abrupt pour les entreprises.

Cette annonce représente une augmentation des coûts de 25 % pour les entreprises, déjà durement touché par la COVID-19, explique M. Rémillard. Une augmentation était attendue mais ces entreprises ont besoin que le gouvernement amortisse le coût grâce à un soutien financier direct.

Des bénéfices à moyen terme

Le professeur d’économie à l’Université de Saint-Boniface, Faiçal Zellama, note que cette augmentation de salaire ne sera pas seulement bénéfique pour les employés.

Avec le soutien du gouvernement, les entreprises peuvent supporter la pression de ces nouveaux coûts qui, à moyen terme, va générer des gains. Il y aura plus d’engagement et une meilleure disponibilité de la main-d'œuvre, ce qui va éviter les coûts de recrutement, estime M. Zellama.

Cependant, M. Zellama déplore également les délais annoncés. Malheureusement le gouvernement conservateur a décidé de gagner du temps en attendant octobre 2023, mais c’est une opportunité manquée pour les Manitobains.

De son côté, Mme Stefanson a cependant fait appel au gouvernement fédéral de Justin Trudeau pour aider les citoyens à faire face à l’inflation dès maintenant.

La première ministre a notamment demandé à son homologue canadien de suspendre la taxe carbone, afin de permettre à la population de faire face à l’inflation.

Avec les informations d'Anne-Louise Michel et Maad Chaara

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