•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Réduire les GES de 30 % n’est pas réaliste, selon des agriculteurs de la Saskatchewan

Un champ.

Agriculture et Agroalimentaire Canada invite le public à soumettre ses commentaires sur le plan fédéral de réduction des émissions de gaz à effet de serre provenant des engrais de 30 % d'ici 2030 sur le site web du gouvernement jusqu' au 31 août.

Photo : Radio-Canada / Yanik Dumont Baron

Radio-Canada

En mars dernier, Ottawa s’est engagé à réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) provenant des engrais, ciblant les engrais azotés, de 30 % d’ici 2030. Une nouvelle qui surprend certains agriculteurs de la Saskatchewan.

Selon Laurent Denis, agriculteur à St Denis, cette échéance est trop courte.

Laurent Denis dans un champ.

Laurent Denis croit que les engrais azotés sont les engrais chimiques les plus importants pour la croissance des cultures.

Photo : Radio-Canada / Trevor Bothorel

C’est celle qu’on met le plus pour nos semences et c’est celle qui a le plus d’impact, Les autres aident à la plante en général, mais, sans azote, les autres engrais, les produits chimiques, auraient moins d’effet, explique Laurent Denis.

Sans l’engrais, je dirais qu'on aurait moins de la moitié de la récolte qu’on reçoit maintenant, ajoute-t-il.

Agriculteur depuis plus de 40 ans en Saskatchewan, Laurent Denis affirme qu’il ne réduira pas son utilisation de ces engrais.

 Je ne vais pas faire de quoi pour l’environnement, si moi je ne peux pas profiter, dit-il.

Il faut avoir confiance en nos agriculteurs, on ne gaspille pas, l’azote coûte de l’argent, ce n’est pas gratuit. Je n’en mets pas plus que nécessaire, je suis moi-même moins généreux que d’autres agriculteurs dans le coin, déclare Laurent Denis.

Paul Hounjet.

Paul Hounjet croit qu’une des solutions serait de changer génétiquement le blé et le canola pour que ces plantes produisent leur propre azote, comme c’est le cas pour les lentilles et les pois.

Photo : Radio-Canada / Trevor Bothorel

Paul Hounjet est agriculteur depuis 56 ans à Prud’homme, une autre localité de la Saskatchewan. Il affirme qu'il réduit déjà ses émissions d’engrais le plus possible, suivant les directives du gouvernement et leur stratégie 4B.

On a changé notre façon de faire l’agriculture. Je ne sais pas si on peut faire mieux que ça, dit-il.

La stratégie 4B, établie en 1980, mise sur l’utilisation d’engrais en dose réglementée et utilisée au bon moment et au bon endroit.

Paul Hounjet croit que le gouvernement doit arrêter de chercher des coupables et agir plus concrètement afin de soutenir les agriculteurs qui risquent de perdre leurs revenus.

« On pourrait peut-être faire touts notre part, mais c’est-tu juste nous? »

— Une citation de  Paul Hounjet, agriculteur à Prud’homme

D’autres alternatives

Agriculteur à Zénon Park, Clément Perrault a réduit son utilisation d'engrais azotés grâce à son partenariat avec HumaTerra, qui produit un engrais écologique.

Ce dernier participe à la recherche de ce nouvel engrais depuis plus de quatre ans et l’utilise sur un tiers de ses cultures.

Un tiers de notre ferme est biologique, puis les autres deux tiers sont encore conventionnels, explique-t-il.

Pour le biologique, on utilise 50 à 75 livres de HumaTerra. Pour le conventionnel, on remplace 30 % de l’engrais traditionnel avec le HumaTerra.

Clément Perrault tire un boyau vers une citerne montée sur des roues, dans un champ.

Pendant 6 à 9 mois, l’entreprise met dans un silo de la terre, du compost et de la poussière de scie pour créer des microbes naturels grâce à l’humidité.

Photo : Radio-Canada / Trevor Bothorel

Une solution plus durable

L'échéance de 2030 a été établie pour encourager un changement dans les entreprises et parmi les agriculteurs pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, explique la ministre fédérale de l’Agriculture, Marie-Claude Bibeau.

Elle affirme que le but n’est pas de réduire l’utilisation d’engrais, mais de les utiliser de manière plus durable.

Marie-Claude Bibeau précise que la réduction d’engrais azotés est volontaire et que les agriculteurs ne sont pas obligés d’y participer.

Ottawa mène présentement des consultations afin d'élaborer un plan concret pour atteindre son objectif de réduire de 30 % les émissions de gaz à effet de serre provenant d’engrais d’ici 2030.

Jusqu'au 31 août, le public peut soumettre ses commentaires à ce sujet à Agriculture et Agroalimentaire Canada.

Avec les informations de Bryanna Frankel

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !