•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La Fonderie et Québec ne suivent pas toutes les recommandations de la santé publique

La santé publique s'attendait à un respect des normes de cadmium, de nickel et de plomb dès 2023, et non 2027.

L'entrée de la Fonderie Horne, à Rouyn-Noranda.

La compagnie Glencore a présenté jeudi matin son plan d'action pour réduire les émissions polluantes de la Fonderie Horne, à Rouyn-Noranda.

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir

Si la Fonderie Horne respecte la cible provisoire d'émissions d'arsenic recommandée par la santé publique, ce n'est pas le cas en ce qui concerne les autres contaminants. Les experts de santé publique avaient en effet évalué le risque tolérable en partant du principe que les normes de cadmium, de nickel et de plomb seraient respectées dès 2023. Mais la Fonderie s'engage plutôt à le faire en 2027, et le gouvernement vise aussi 2027.

Pour ce qui est des autres métaux, notamment le cadmium, le nickel et le plomb, on va atteindre les normes annuelles du Règlement sur l'assainissement de l'atmosphère à l'été 2027, a déclaré la première responsable environnement de la Fonderie Horne, Marie-Élise Viger, jeudi matin.

Or, dans son analyse de risque pour préparer la recommandation de la santé publique, l'Institut national de santé publique (INSPQ) avait pris la prémisse du respect des normes annuelles pour le cadmium et le nickel ainsi que pour le plomb, pour toute la période 2023-2027. C’est exact, vous avez bien compris, nous confirme l'INSPQ par courriel.

Dans une entrevue diffusée au Téléjournal de Radio-Canada, le chef des opérations de la Fonderie Horne, Claude Bélanger, dit comprendre que son engagement n'est pas en phase avec l'échéance souhaitée par la santé publique pour les autres contaminants, mais affirme que cela s'explique par le délai de mise en place des projets de réduction d'émissions polluantes.

« Je comprends la préoccupation, mais en même temps, nous, il faut mettre en place ces projets-là, des projets majeurs. On parle d'investissements au-delà du demi-milliard [de dollars], c'est énormément d'équipements, beaucoup de mobilisation, on utilise des firmes à travers le monde pour nous aider. On est à vitesse grand V. »

— Une citation de  Claude Bélanger, chef des opérations cuivre pour l'Amérique du Nord de Glencore

Entrevue avec Claude Bélanger, chef des opérations de cuivre en Amérique du Nord de Glencore

Dans son évaluation, l'INSPQ a proposé des valeurs de référence dans l'air pour protéger la population des effets autres que le cancer pour l'arsenic, le plomb et le cadmium, ainsi que des projections du risque cancérigène dans le quartier Notre-Dame pour les concentrations d'arsenic, de cadmium et de nickel dans l'air.

Pour le plomb, la norme québécoise est de 100 ng/m3 en moyenne par année. Or, selon l'INSPQ, ce sont 550 ng/m3 qu'on mesure à la station légale. Pour le cadmium, la norme est de 3,6 ng/m3 et la mesure, de 11 ng/m3, selon l'INSPQ.

Ces normes doivent être atteintes le plus rapidement possible, avait déclaré le directeur national de santé publique, le Dr Luc Boileau, de passage à Rouyn-Noranda, le 10 août.

La santé publique nationale n'a pas souhaité faire de commentaire à la suite de l'annonce de l'entreprise. Nous prendrons acte du plan que la Fonderie Horne vient de déposer. Nous prenons le temps d’en prendre connaissance et nous commenterons le plan en temps opportun, répond par courriel Marjorie Larouche, porte-parole du ministère de la Santé et des Services sociaux.

Le gouvernement vise aussi 2027 pour les autres métaux

Lorsqu'il évoque les recommandations de la santé publique, le ministre de l'Environnement du Québec parle d'une zone de confort qui permet la protection des plus vulnérables, soit les bébés à naître et les jeunes enfants.

Lors de son annonce, le 15 août, à Rouyn-Noranda, Benoit Charette a dit que les normes sur les autres métaux devraient s'appliquer à la Fonderie, mais sans préciser à quelle échéance. Il avait toutefois pris soin de dire que ses propositions [étaient] conformes aux repères donnés par la santé publique.

Or, son cabinet nous précise que c'est en 2027, aux termes de la prochaine autorisation ministérielle, [que] la Fonderie Horne devra respecter les normes du Règlement sur l'assainissement de l'atmosphère pour tous les métaux.

« Pour le cadmium et le plomb, le ministère évaluera le plan d'action de la Fonderie Horne avant de déterminer les cibles que l'entreprise devra atteindre. Ces cibles seront annoncées lors du lancement de la consultation publique, le 6 septembre prochain. »

— Une citation de  Rosalie Tremblay-Cloutier, attachée de presse du ministre de l'Environnement du Québec

Par ailleurs, la santé publique et le ministre de l'Environnement avaient aussi exprimé leur volonté d'imposer des normes journalières, en plus des normes annuelles. Mais la Fonderie Horne ne s'est engagée à respecter aucune norme quotidienne.

On vient de l'apprendre, justifie le chef des opérations de la Fonderie au Téléjournal. Nos modèles ont été bâtis sur des moyennes annuelles, explique-t-il, mais c'est certain qu'on va regarder et évaluer ce qui pourrait être fait.

Enfin, la Fonderie Horne n'a pas été en mesure de dire si elle sera un jour capable d'atteindre la norme québécoise de 3 ng/m3 pour l'arsenic.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !