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Vers une plus grande décentralisation des services de santé en Estrie

Un médecin avec un stéthoscope autour du cou regarde ses notes dans un cahier en face de son ordinateur portable et de son cellulaire.

La réforme Barrette, en 2015, a mené à l'élimination des agences de santé régionales.

Photo : Shutterstock / TippaPatt

Radio-Canada

Le CIUSSS de l'Estrie - CHUS procédera à l'embauche de coordonnateurs dans cinq réseaux locaux de service de l'Estrie afin de décentraliser la prise de décisions.

Les hôpitaux de Granby, Brome-Missisquoi-Perkins, Lac-Mégantic, Magog et Val-des-Sources auront ces coordonnateurs. Les postes sont affichés et le déploiement devrait se faire en octobre.

Cette initiative fait suite à un projet pilote mis en place à Granby en 2021, qui a porté ses fruits, selon Karine Duchaineau, directrice générale adjointe au programme santé physique, générale et spécialisée au CIUSSS de l'Estrie - CHUS.

Cela a amené une meilleure concertation entre les chefs de service. [...] C'est aussi la possibilité pour les chefs de service de se concerter ensemble et d'identifier ce qui est l'irritant prioritaire à traiter pour améliorer la fluidité des soins et services, et l'accessibilité, explique-t-elle.

La directrice générale adjointe, programme santé physique, générale et spécialisée, Karine Duchesneau, assise dans un bureau.

La directrice générale adjointe, programme santé physique, générale et spécialisée, Karine Duchaineau

Photo : Radio-Canada

On est en période où on sent une certaine sortie de pandémie, après deux ans où on était très directifs dans nos décisions au sein du système de santé, ajoute la gestionnaire. C'est un moyen supplémentaire pour s'adapter aux défis que l'on rencontre actuellement. On veut résoudre plus rapidement les enjeux prioritaires qui sont rencontrés localement.

« Il n'y a plus de solution simple, et la façon de répondre aux enjeux auxquels on fait face, c'est avec la concertation de plusieurs gestionnaires sur le terrain. »

— Une citation de  Karine Duchaineau, directrice générale adjointe au programme santé physique, générale et spécialisée au CIUSSS de l'Estrie - CHUS

Une bonne nouvelle, mais quelle autonomie?

Le maire de Val-des-Sources et préfet de la MRC, Hugues Grimmard, accueille avec joie cette décision. C'est une excellente nouvelle, cela fait des années qu'on réclame quelqu'un en autorité, qui connaît notre territoire et qui peut prendre des décisions pour adapter les services à la réalité qu'on vit.

Le maire rappelle que la situation était tout autre avant que l'éléphant du CIUSSS ne soit créé, à la suite de la réforme Barrette, qui a éliminé les agences de santé régionales. Le centre de santé, selon lui, était performant et les citoyens voyaient des actions concrètes se passer.

Un bâtiment, un drapeau du Québec et une enseigne en premier plan où il est indiqué, « Hôpital, CLSC et Centre d'hébergement d'Asbestos ».

Avant que le CIUSSS ne soit responsable de tous les établissements de santé, le maire de Val-des-Sources soutient qu'il était beaucoup plus facile d'avoir des actions concrètes répondant aux besoins du secteur.

Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier

Le préfet de Memphrémagog et maire de Sainte-Catherine-de-Hatley, Jacques Demers, estime qu'il s'agit d'une bonne nouvelle.

« On voit qu'aussitôt qu'on a un problème du nombre d'employés ou autres, ce qui écope, ce sont les petits milieux. On coupe carrément des services locaux à des endroits. J'espère que ce genre de gestion va nous permettre de participer [à la prise de solutions].  »

— Une citation de  Jacques Demers, préfet de Memphrémagog et maire de Sainte-Catherine-de-Hatley
Le président de la Fédération québécoise des municipalités, Jacques Demers

Le maire de Sainte-Catherine-de-Hatley est aussi président de la Fédération des municipalités du Québec, Jacques Demers.

Photo : courtoisie Fédération québécoise des municipalités

Le préfet de Memphrémagog souhaite cependant que ce poste vienne avec des enveloppes budgétaires. On avait hâte que les décisions reviennent plus près du terrain, souligne-t-il. On a hâte de voir aussi, du côté budgétaire, qu'est-ce qu'ils auront comme budget pour décider au niveau local.

Le budget alloué pour ce projet s'élève à 500 000 $. Cependant, celui-ci servira à payer les salaires des coordonnateurs, et non à financer des projets locaux.

Cela ne donne pas de budget supplémentaire de fonctionnement pour l'établissement, précise Karine Duchaineau. Les besoins des usagers augmentent plus rapidement que notre capacité, alors ça demande une concertation importante devant la complexité des enjeux.

Pour Hugues Grimmard, l'important reste d'avoir une personne-contact s'occuper des vraies questions. On va avoir une courroie de transmission plus facile, qui va comprendre nos enjeux et nos besoins.

Avec les informations de Marie-France Martel

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