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De bonnes et mauvaises nouvelles dans le recensement à l’Î.-P.-É, dit la SAF’Île

Des personnes habillées aux couleurs de l’Acadie marchent dans une rue lors d’un tintamarre.

Un tintamarre lors la fête nationale de l'Acadie à Rustico, à l’Île-du-Prince-Édouard (archives).

Photo : Radio-Canada / GABRIELLE DRUMOND

Le bilinguisme grandit à l’Île-du-Prince-Édouard, mais la population dont la première langue officielle parlée est le français diminue, selon Statistique Canada.

Pour Isabelle Dasylva-Gill, directrice de la Société acadienne et francophone de l’île, la SAF'Île, il s’agit de bonnes et de mauvaises nouvelles pour sa communauté.

Entre 2016 et 2021, l’île a connu une augmentation de 8,7 % de la population qui se considèrent comme étant bilingue, ce qui représente 1545 personnes de plus.

Au total, l’île recense 19 380 personnes ayant des connaissances de l’anglais et du français.

Isabelle Dasylva Gill, directrice de la Société acadienne et francophone de l'Île-du-Prince-Édouard.

Isabelle Dasylva-Gill est directrice la Société Acadienne et Francophone de l'Île-du-Prince-Édouard (SAF'Île).

Photo : Radio-Canada / Laurent Rigaux

Selon Isabelle Dasylva-Gill, il s’agit de données encourageantes pour la communauté.

« Cela veut dire que ces gens s’identifient à la nature et aux valeurs d’un pays bilingue, et ils veulent de plus en plus adhérer à ce concept-là. »

— Une citation de  Isabelle Dasylva-Gill, directrice de la SAF'Île

Elle rappelle que certains immigrants et d’autres membres de la communauté adhèrent de plus en plus au bilinguisme.

Cela montre la réalité des francophones vivant dans un milieu majoritairement anglophone qui développe l’anglais pour fonctionner dans leur vie de tous les jours, précise-t-elle.

Moins de francophones

Par ailleurs, les données concernant la première langue officielle parlée préoccupent, explique Isabelle Dasylva-Gill.

« C’est un peu une confirmation de la fragilisation du français. »

— Une citation de  Isabelle Dasylva-Gill, directrice de la SAF'Île

L’île comptabilise 200 personnes de moins dont la première langue officielle parlée est le français, entre 2016 et 2021, ce qui représente une diminution de 4,4 %.

Les gens dont la langue maternelle est le français ont vu leur proportion réduire de 0,4 point de pourcentage par rapport à 2016, ce qui représente 305 personnes de moins.

On a une réalité des familles exogames, puis on sait que dans un environnement majoritairement anglophone, il va avoir une prédominance de l’anglais, précise la directrice de la SAF'Île.

Des élèves et une enseignante en salle de classe.

Isabelle Dasylva-Gill rappelle l’importance des écoles francophones dans la survie de la langue au pays (archives).

Photo : Radio-Canada / Julien Lecacheur

Pour elle, il s’agit d’une situation plus préoccupante dans la mesure où les gouvernements utilisent ces données pour déterminer les programmes et les services offerts.

Elle rappelle l’importance des écoles francophones dans la survie de la langue au pays.

Si on n’a pas d’accès aux programmes d’éducation en français, ça va créer un cercle vicieux, où le français sera moins accessible, et on aura moins de francophones, explique la directrice.

Le stationnement de l'école Évangéline.

Les travaux du nouveau centre scolaire Évangéline ne débuteront pas avant le printemps 2023 (archives).

Photo : Radio-Canada / Julien Lecacheur

Isabelle Dasylva-Gill espère que la nouvelle mouture du projet de loi sur les langues officielles puisse corriger ce problème en misant sur les cibles d’immigration francophone et l’amélioration de ce système.

Pour plusieurs nouveaux arrivants francophones, le système par lequel ils passent est majoritairement en anglais, et ils vont arriver et vont s’identifier davantage avec les services offerts en anglais, explique la directrice de la SAF'Île.

En attentes des données sur les écoles

Isabelle Dasylva-Gill souligne que les données concernant la scolarité et l’instruction dans la langue officielle minoritaire, dont la sortie est prévue pour novembre, devraient ajouter une composante importante dans la compréhension de la réalité de sa communauté à l’île.

On sait qu’il y a beaucoup d’anglophones qui ont leurs enfants dans les écoles francophones, dit-elle.

Ces données permettront de montrer l’importance des centres scolaires communautaires dans la vitalité du français dans la province, selon elle.

Quand les centres scolaires communautaires sont construits, ils sont trop petits après un an ou deux, parce que les prévisions n’ont pas été bien faites, explique la directrice.

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