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Zaporijia : Erdogan et Guterres mettent en garde contre une catastrophe nucléaire

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, le président turc Recep Tayyip Erdogan et le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres se serrent la main.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, au centre, le président turc Recep Tayyip Erdogan, à gauche, et le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres se serrent la main après leur rencontre à Lviv, en Ukraine, le jeudi 18 août 2022.

Photo : Associated Press / Evgeniy Maloletka

Radio-Canada

« Le monde ne veut pas d’un autre Tchernobyl », a prévenu le président turc Recep Tayyip Erdogan, s’alarmant d’une possible catastrophe nucléaire si les combats se poursuivent autour de la centrale nucléaire de Zaporijia, en Ukraine.

Le président de la Turquie a lancé cet avertissement tout en réitérant son soutien à ses amis ukrainiens au terme d’une rencontre tripartite avec son homologue Volodymyr Zelensky et avec le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres.

Réunis à Lviv, dans l’ouest de l’Ukraine, les trois hommes ont également discuté du récent accord sur l'exportation des céréales ukrainiennes et du besoin d'une solution politique au conflit.

Lors d’une conférence de presse après la rencontre, Antonio Guterres a déclaré que tout dommage porté à la centrale nucléaire de Zaporijia constituerait un suicide et a appelé une nouvelle fois à la démilitarisation du site, occupé par les forces russes depuis début mars.

Zelensky a pour sa part déclaré que la Russie devait immédiatement retirer ses forces et cesser les bombardements de la centrale située dans le sud de l’Ukraine.

Le président ukrainien a également affirmé qu'il avait accepté les paramètres d'une mission éventuelle de l'Agence internationale de l'énergie atomique à la centrale nucléaire.

Kiev et Moscou s’accusent mutuellement d’être responsables des bombardements menés à Zaporijia depuis la fin juillet.

La principale agence de renseignement ukrainienne affirme que la Russie prépare une provocation à la centrale, sous forme d'une attaque terroriste qu’elle imputerait plus tard à Kiev.

Des personnes en habits de protection et masques à gaz arrosent un homme couché dans une tente.

Des membres des services d'urgence ukrainiens participent à des exercices en cas de désastre nucléaire, à Zaporijia, le 17 août 2022.

Photo : Reuters

Le gouvernement ukrainien a d’ailleurs accusé jeudi l'armée russe d'avoir déployé des armes lourdes dans le périmètre de la centrale.

La Russie a démenti ces prétentions en fin de matinée, assurant n’avoir déployé aucune arme ni dans la centrale ni dans les zones environnantes.

Elle a elle-même accusé l’Ukraine de préparer un incident qu'elle pourrait imputer à Moscou. Le Kremlin affirme que les militaires ukrainiens veulent tirer avec leur artillerie sur la centrale pour ensuite l'accuser d'avoir causé un accident nucléaire, alors que les forces armées russes prennent toutes les mesures nécessaires pour y assurer la sécurité.

Le président Turc Erdogan et le président ukrainien Zelensky assis.

Le président turc s'est rendu en Ukraine pour la première fois depuis le début de l'invasion russe. Un nouvel exercice d'équilibriste pour Recep Tayyip Erdogan, qui entretient aussi des relations étroites avec Moscou, tout en fournissant du matériel militaire à Kiev. Le reportage de Lise Villeneuve

Photo : Associated Press

Assurer l'exportation des céréales

Les exportations de céréales ont également été à l'ordre du jour de cette rencontre trilatérale.

Le secrétaire général de l'ONU a promis jeudi que son organisation allait s'efforcer d'intensifier ces exportations avant l'arrivée de l'hiver, celles-ci étant cruciales pour l'approvisionnement alimentaire de nombreux pays d'Afrique.

Nous ferons de notre mieux pour intensifier nos opérations afin de faire face aux difficultés de l'hiver à venir, a déclaré M. Guterres.

Ce dernier a affirmé que 21 navires ont pu quitter les ports de l’Ukraine depuis l’entrée en vigueur d'un accord permettant la reprise des exportations de céréales ukrainiennes, en juillet.

Il a toutefois ajouté que ce n’était qu’un début, et il a exhorté la Russie et l’Ukraine à faire preuve d’un esprit de compromis pour assurer le succès continu de l’accord.

Les exportations de céréales ukrainiennes ont été totalement bloquées pendant plusieurs mois à la suite de l'invasion russe, faisant planer le spectre d'une crise alimentaire mondiale.

C’est sous l’impulsion de l’ONU et de la Turquie que les belligérants ont signé un accord le mois dernier ayant permis de recommencer ces exportations.

Selon les autorités ukrainiennes, plus de 600 000 tonnes de produits agricoles ukrainiens ont depuis transité par le corridor céréalier à partir des ports d'Odessa, de Pivdenny et de Tchornomorské.

Un navire près d'installations industrielles.

Le Brave Commander, navire humanitaire affrété par l'ONU, en train de faire le plein de blé, le 14 août 2022, avant son départ de l'Ukraine en direction de l'Éthiopie, deux jours plus tard.

Photo : afp via getty images / Oleksandr Gimanov

Le président turc a déclaré que les trois hommes avaient discuté de la possibilité de bâtir sur le succès de cet accord pour négocier une entente de paix à plus long terme.

Mais le président ukrainien a exclu toute négociation avec Moscou sans le retrait préalable des troupes russes du territoire de l'Ukraine.

Des gens qui tuent, violent, frappent nos villes civiles avec des missiles de croisière chaque jour ne peuvent pas vouloir la paix. Ils devraient d'abord quitter notre territoire, ensuite on verra, a martelé M. Zelensky, disant ne pas faire confiance à la Russie.

Notre     dossier Guerre en Ukraine
Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, et BBC

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