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L’Ontario se tourne vers le secteur privé pour aider ses hôpitaux

C'est une privatisation qui ne profitera qu'aux actionnaires, dénonce l'Association des infirmières et infirmiers de l'Ontario.

Elle passe une main dans ses cheveux en parlant avec un groupe d'infirmières en arrière-plan.

Le gouvernement de l'Ontario a annoncé, jeudi, qu'il encouragera l'augmentation du nombre d'interventions chirurgicales dans des cliniques privées.

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

Radio-Canada

Le gouvernement de l'Ontario a annoncé jeudi qu'il encouragera l'augmentation du nombre d'interventions chirurgicales dans des cliniques privées, mais couvertes par l'Assurance-santé, dans l'espoir de stabiliser son système de soins de santé alors que ses hôpitaux sont aux prises avec une pénurie de personnel.

La vice-première ministre de l'Ontario et ministre de la Santé, Sylvia Jones, a fait cette annonce jeudi en dévoilant la mise à jour de son Plan pour rester ouvert, dont la première version avait été dévoilée en mars 2022.

Ledit plan prévoit aussi l'ajout de 6000 travailleurs de la santé au système de la province grâce à la suppression temporaire des frais d'examen et d'accréditation pour les infirmières formées à l'étranger et celles à la retraite.

Sylvia Jones a déclaré qu'elle attendait ce jeudi un plan de l'Ordre des médecins et chirurgiens de l'Ontario, ainsi que de l'Ordre des infirmières et infirmiers de l'Ontario, sur la façon dont ils ont l'intention d'accélérer les demandes de ces professionnels qui attendent toujours d'être accrédités et autorisés en Ontario.

« De nombreux éléments font partie de ce plan et ne sont pas encore terminés. »

— Une citation de  Sylvia Jones, ministre de la Santé de l'Ontario

La province veut, en plus, donner aux ambulanciers paramédicaux la possibilité de traiter les patients afin qu'ils obtiennent des soins de meilleure qualité et plus appropriés loin du service des urgences. Elle espère également créer 2500 lits d'hôpitaux afin de réduire considérablement la pénurie actuelle dans les hôpitaux.

La semaine dernière, Mme Jones et le premier ministre Doug Ford avaient déclaré que la province étudiait toutes les options pour améliorer le système de soins de santé, et n'excluaient pas une plus grande participation du secteur privé, bien qu'ils avaient assuré que les Ontariens n'auraient pas à payer de leur poche.

Des services d'urgence de certains hôpitaux de l'Ontario ont fermé pendant des heures, voire des jours, cet été en raison d'une grave pénurie d'infirmiers et d'infirmières.

De vives critiques de la part des infirmières

Il s'agit d'une démarche flagrante qui va remplir les poches des investisseurs, rien de plus, a critiqué la présidente de l'Association des infirmières et infirmiers de l'Ontario (AIIO), Cathryn Hoy.

Cathryn Hoy en conférence de presse.

Cathryn Hoy est présidente de l'Association des infirmières et infirmiers de l'Ontario.

Photo : Radio-Canada

Les preuves sont claires : la privatisation des soins de santé donne de moins bons résultats pour nos patients et entraîne des frais généraux beaucoup plus élevés qui seront payés par les contribuables.

« L'Ontario s'enfonce dans une privatisation qui ne profitera qu'aux actionnaires. »

— Une citation de  Cathryn Hoy, présidente de l'Association des infirmières et infirmiers de l'Ontario

Mme Hoy a qualifié de déroutant le fait que le plan prévoit également des mesures pour soutenir les médecins des services d'urgence, mais pas les infirmières. Le gouvernement a raté une occasion en or de renforcer la rémunération du personnel infirmier en tant qu'élément clé de la rétention et du recrutement afin de limiter les fermetures supplémentaires.

Des solutions novatrices, selon la province

La ministre Jones a déclaré en conférence de presse que l'Ontario doit faire preuve d'audace, d'innovation et de créativité dans ses recherches pour améliorer son système de santé.

Il y en a qui se battront pour le statu quo, quoiqu'il arrive, a-t-elle dit. Ils sont idéologiquement opposés au changement ou aux améliorations. Nous n'accepterons pas cela. Nous ne pouvons pas l'accepter. Les gens veulent de meilleurs soins de santé.

Cette dernière n'a toutefois pas répondu directement à une question visant à savoir si elle envisagerait d'autoriser davantage de cliniques privées en Ontario.

La ministre de la Santé Silvia Jones répond aux questions des journalistes à l'Hôpital Sunnybrook, à Toronto.

La ministre de la Santé Silvia Jones répond aux questions des journalistes à l'Hôpital Sunnybrook, à Toronto.

Photo : Radio-Canada

« Les soins de santé continueront d'être fournis à la population de l'Ontario par le biais de leur carte de Santé. »

— Une citation de  Sylvia Jones, ministre de la Santé de l'Ontario

Nous voyons la valeur de certains de ces établissements de santé indépendants qui existent dans la province de l'Ontario depuis des décennies pour alléger la pression sur nos partenaires en soins de santé et bon nombre de ces établissements de santé indépendants ont des ententes et travaillent directement avec leur hôpital communautaire local.

Des transferts temporaires en soins de longue durée

En ce qui concerne les soins de longue durée, le gouvernement prévoit de présenter aujourd'hui un projet de loi qui permettra aux patients en attente d'un lit d'être transférés dans un foyer temporaire en attendant d'avoir une place dans leur foyer préféré. Par ailleurs, 300 lits qui avaient été utilisés pour isoler des patients atteints de la COVID-19 seront mis à la disposition des personnes inscrites sur des listes d'attente.

La porte-parole du NPD en matière de santé, France Gélinas, estime que la province ferait mieux de renforcer le système de soins à domicile avec plus de préposés aux services de soutien à la personne à temps plein. Donner aux gens le choix de l'endroit où ils veulent être, c'est les respecter, a-t-elle déclaré aux journalistes après l'annonce de Mme Jones.

La députée de l'opposition soutient également que les premiers lits disponibles seraient probablement dans une maison privée à but lucratif, dont certaines ont fait l'objet d'un rapport militaire cinglant en 2020 après avoir subi certaines des pires éclosions de COVID-19 dans la province.

La députée de Nickel Belt, France Gélinas, du Nouveau Parti démocratique de l'Ontario.

La députée de Nickel Belt, France Gélinas, du Nouveau Parti démocratique de l'Ontario

Photo : Radio-Canada

« Désormais, les hôpitaux auront le droit de mettre une tonne de pression sur vous et sur votre famille pour vous déplacer vers le premier lit disponible, pas le lit de votre choix… C'est irrespectueux, ce n'est pas ainsi que les soins de santé devraient fonctionner. »

— Une citation de  France Gélinas, porte-parole du NPD en matière de santé

Selon le ministre des Soins de longue durée, Paul Calandra, la législation n'obligerait personne à quitter l'hôpital contre son gré, mais permettrait de poursuivre la conversation.

Avec les informations de La Presse canadienne

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