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Les maires de la MRC de Papineau demandent un moratoire sur le développement minier

Une pancarte contre l'exploration minière à Namur, au croisement de routes.

En 18 mois, le nombre de claims miniers a augmenté de 211 % en Outaouais, selon la coalition Pour que le Québec ait meilleure mine (archives).

Photo : Radio-Canada / Jean-Sébastien Cloutier

Radio-Canada

Les maires de la MRC de Papineau ne sont pas contre le développement minier sur leur territoire, mais ils souhaitent un meilleur encadrement.

Pour la troisième fois, ils ont donc remis un mémoire au gouvernement pour formuler plusieurs demandes afin de mieux encadrer l'activité minière, notamment sur des territoires qu'ils jugent incompatibles avec ce genre de projets.

Dans ce document d'une quinzaine de pages, les élus demandent de protéger l’ensemble des terres agricoles et non uniquement les terres agricoles dynamiques. Ils recommandent également que toute nouvelle mine soit assujettie à une évaluation environnementale et des consultations du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE).

« Ces éléments permettraient une meilleure acceptabilité sociale des projets par les citoyens du territoire. »

— Une citation de  Extrait du communiqué de la MRC de Papineau

Ils déplorent également que la Loi sur les mines ne permette pas de dissocier les substances minérales de surface, comme le sable et le gravier, des autres substances minérales et qu'elle ait préséance sur les règlements municipaux d’urbanisme et la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme.

On demande également à ce qu'il y ait un moratoire dans toutes les régions touristiques et de villégiature au Québec, le temps qu'on s'entende [sur[ les territoires [qui sont] incompatibles avec l'activité minière, explique le préfet de la MRC de Papineau, Benoit Lauzon.

Photo du maire devant l'hôtel de ville.

Le préfet de la MRC de Papineau, Benoit Lauzon (archives)

Photo : Radio-Canada / Simon Lasalle

Selon la coalition Pour que le Québec ait meilleure mine, le nombre de claims miniers a explosé ces 18 derniers mois. En Outaouais, la Coalition parle d'une augmentation de 211 %.

La MRC de Papineau, étant visée par plusieurs titres miniers et ciblée pour son potentiel d’exploitation du graphite, a amorcé une réflexion sur les territoires incompatibles à l’activité minière (TIAM). Elle a rapidement vu la nécessité d’exprimer son point de vue sur la mise en valeur des minéraux critiques et stratégiques au Québec en déposant un mémoire, explique la MRC de Papineau par voie de communiqué, pour justifier le dépôt de ce nouveau mémoire.

Prochaines étapes

La MRC de Papineau indique que d’autres actions ont aussi été entreprises pour faire avancer ce dossier.

Une lettre concernant les préoccupations et les revendications de la MRC de Papineau à l’égard de l’activité minière et de l’exercice de délimitation des Territoires incompatibles à l'activité minière (TIAM) a déjà été envoyée, le 15 juillet, au premier ministre, François Legault.

La MRC de Papineau compte désormais obtenir l’appui de la Fédération québécoise des municipalités et de l’Union des municipalités du Québec. Elle travaille également avec d'autres MRC qui sont elles aussi touchées comme celle des Laurentides, notamment.

On est plusieurs territoires ensemble qui travaillent parce qu'on est inquiets, explique M. Lauzon. Nous, on n'est pas contre les projets qui sont en cours présentement. Tout ce qu'on dit, c'est laissez-nous protéger notre territoire adéquatement et arrêter de donner des claims à l'industrie minière, le temps qu'on s'entende.

« Je donne l'exemple dans une ville, à l'intérieur d'un périmètre urbain : est-ce qu'on installe un parc industriel à l'intérieur d'un centre-ville? Non. Nous, on dit oui, des mines, on en veut, mais on les veut à la bonne place sur notre territoire. »

— Une citation de  Benoit Lauzon, préfet de la MRC de Papineau

Le préfet de la MRC de Papineau regrette que, depuis un an, le gouvernement Legault fasse la sourde oreille aux revendications locales.

C'est notre troisième mémoire qu'on adopte au niveau de la MRC de Papineau et qu'on envoie là-bas. Il y a un an, le ministre [de l’Énergie et des Ressources naturelles, Jonatan] Julien a dit : "oui, je comprends les enjeux dans le milieu touristique et de villégiature. Je vais aller rencontrer les gens dans la MRC de Papineau". Ça fait un an, le téléphone n'a pas encore sonné, déplore M. Lauzon.

« On a une population qui est extrêmement inquiète, à savoir de quelle façon ça va se faire. Puis nous, on est là pour écouter notre population, protéger notre territoire. »

— Une citation de  Benoit Lauzon, préfet de la MRC de Papineau

Le député libéral de la MRC des Collines-de-l'Outaouais, Marc Carrière fait valoir que le territoire comporte beaucoup de zones qui sont incompatibles avec l’exploitation minière soit en raison de sa population ou de la richesse de son milieu naturel.

Pour l’instant, il n'y a pas de gros enjeux, de projets concrets chez nous, mais je pense qu’il faudrait régler la situation avant qu’il y en ait, comme dans Papineau, par exemple, a ajouté ce dernier.

Solidarité d'une autre MRC de l'Outaouais

La préfète de la MRC de la Vallée-de-la-Gatineau, Chantal Lamarche, abonde dans le même sens que son collègue et appuie le mémoire de la MRC de Papineau.

Chantal Lamarche, préfète de la MRC de la Vallée-de-la-Gatineau sourit devant la caméra.

Chantal Lamarche, préfète de la MRC de la Vallée-de-la-Gatineau.

Photo : Radio-Canada / Simon Lasalle

On est vraiment content que la MRC de Papineau ait fait une sortie, dit-elle. Nos enjeux sont similaires aux leurs, poursuit Mme Lamarche, acquiesçant que celle de Papineau est beaucoup plus avancée que nous dans le processus.

À l’heure actuelle, Chantal Lamarche affirme que la MRC de la Vallée-de-la-Gatineau finalise les zones et les secteurs de son territoire en lien aux délimitations du développement des mines. Les démarches font partie de notre plan d'action de notre schéma d'aménagement, indique Mme Lamarche.

La préfète soutient que sa MRC de la Vallée-de-la-Gatineau, tout comme la MRC de Papineau , entend demander à ce que le mémoire, les inquiétudes, les enjeux du mémoire soient intégrés dans le processus de réflexion du ministère [des Ressources naturelles].

« Un moratoire immédiat » demandé par un regroupement

Dans une publication Facebook, le Regroupement de Protection des lacs de la Petite-Nation (RPLPN) soutient que leur groupe ainsi qu'une grande coalition d'organismes demandent un moratoire immédiat sur tout nouveau claim dans les zones de tourisme et de villégiature, le temps que soient révisées les règles des Territoires incompatibles à l'activité minière (TAIM).

En entrevue à ICI Ottawa-Gatineau, le porte-parole du RPLPN, Louis St-Hilaire, soutient qu’à la suite du lancement de leur campagne d’affichage, au début du mois, l’Association de l'exploration minière du Québec (AEMQ) a répliqué dans une lettre ouverte parue dans le quotidien La Presse, le 7 août dernier, soutenant qu’il n’y avait pas davantage d’exploration minière dans la province.

On voit l’expansion. Personne n’a contesté notre carte, dit-il.

« On n’est pas contre le graphite, on n’est pas contre la transition énergétique, on n’est pas contre le fait que l’industrie minière prospère au Québec. Mais pas dans les conditions où cela s’en va. »

— Une citation de  Louis St-Hilaire, porte-parole du Regroupement de Protection des lacs de la Petite-Nation (RPLPN)

Mon idée, c’est qu’ils ne savent même pas ce qui est en train de se passer, parce que c’est vraiment le "far west" actuellement, lance M. St-Hilaire, en réponse à ce qui a été avancé par l’AEMQ dans leur lettre ouverte.

Avec les informations de Nelly Albérola et Rebecca Kwan

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