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Allégations d’inconduite sexuelle contre un prêtre de Cap-Rouge

Plan serré sur les mains de prêtres en train de prier.

Le recours collectif révèle de nouvelles allégations.

Photo : Getty Images / Lucas Ninno

Les nouveaux documents déposés dans le cadre de l'action collective contre le diocèse de Québec pour agressions sexuelles révèlent que la présumée victime du cardinal Marc Ouellet aurait subi des attouchements de la part d’un autre prêtre, Léopold Manirabarusha.

Les faits se seraient produit entre 2016 et 2018 aux presbytères de Cap-Rouge et Saint-Augustin.

Il s’agit d’allégations de baisers non sollicités, de fellation ainsi que d’autres attouchements sexuels non consentis.

Les documents révèlent par ailleurs que la présumée victime aurait avisé la présidente du conseil de la Fabrique de la paroisse Saint-Félix-De-Cap-Rouge en 2017. Malgré cela, Léopold Manirabarusha serait resté en poste. Il a même été déplacé durant l’été 2021 dans la communauté catholique du Grand Lévis.

À l’heure actuelle, il figure encore sur les affiches promotionnelles de l’église de Saint-Augustin.

Le porte-parole du diocèse assure qu'il est encore "lié" au diocèse puisqu'il est toujours prêtre incardiné, mais il n’exerce plus et n’a absolument aucune fonction ou responsabilité, affirme par courriel René Tessier.

« Il est complètement sur la touche. »

— Une citation de  René Tessier, porte-parole du diocèse de Québec
Affiche promotionnelle en face d'une église.

Le prêtre Manirabarusha figure sur une affiche de l'église Saint-Augustin.

Photo : Radio-Canada / Marie-Pier Mercier

La présumée victime aurait par ailleurs avisé le diocèse de Québec en 2022. À la suite de sa plainte, le prêtre aurait été suspendu pour une durée indéterminée.

Le diocèse de Québec refuse de commenter le processus judiciaire en cours.

Le diocèse était-il au courant?

Avec des faits qui se seraient produits entre 2016 et 2018, comment expliquer la présumée suspension tardive de Manirabarusha?

L’auteur et spécialiste en actualité religieuse Alain Pronkin se l’explique mal. Pourtant, c’est ce qui est prévu dans la procédure, précise-t-il.

« Dès que quelqu’un fait une plainte à une autorité, ça doit être transmis, il doit y avoir une enquête immédiatement. »

— Une citation de  Alain Pronkin, auteur et spécialiste en actualité religieuse
Le chroniqueur Alain Pronkin devant un micro du studio 18 de Radio-Canada, à Montréal.

Alain Pronkin, spécialiste en actualité religieuse.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Arsenault

Des associations de victimes consternées

Je suis tellement en colère, s’indigne Suzanne Tremblay présidente de l’association des jeunes victimes de l’Église. Ça veut dire qu’on n’a pas assez parlé, qu’on n’a pas encore assez démontré au niveau international toutes les activités de l’Église catholique.

Suzanne Tremblay.

Suzanne Tremblay présidente de l’Association des jeunes victimes de l’Église.

Photo : Radio-Canada / Priscilla Plamondon Lalancette

Rogers Lessard, porte-parole des victimes de crimes sexuels commis par des membres du clergé, estime quant à lui que l’histoire se répète. C’est quand même extraordinaire, dit-il, de voir comment est-ce qu’ils n’ont pas appris du passé.

Des révélations dans la foulée d'une action collective

Près de 80 membres du clergé sont ciblés par l'action collective contre le diocèse de Québec. Il s'agit principalement de prêtres.

Parmi eux, l'influent cardinal Marc Ouellet, considéré comme l'homme fort du Vatican.

Ces allégations ternissent la réputation du Québécois le plus haut placé au Vatican, explique le professeur de la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l’Université Laval, Gilles Routhier.

« Ça mine la crédibilité, certainement. Lui qui était un chevalier de la défense de la morale, l'Église catholique n'avait pas besoin de ça. »

— Une citation de  Gilles Routhier, professeur de la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l’Université Laval

Le théologien ajoute toutefois que les gestes reprochés à Marc Ouellet auront peu de conséquences sur son avenir au sein de l'Église puisqu’il est en fin de carrière.

Le cardinal Ouellet.

Le cardinal Marc Ouellet (archives).

Photo : Getty Images / Franco Origlia

S’il a déjà été pressenti pour succéder au pape en 2013, ses chances d’accéder à ce titre s’amenuisent puisqu’il faut être âgé de moins de 80 ans pour être nommé pape et que M. Ouellet a eu 78 ans en juin.

Il est d’ailleurs attendu que le cardinal Ouellet quitte ses fonctions prochainement dans la foulée de la réforme de la Curie romaine qui est en cours, renchérit M. Routhier.

Le journaliste spécialisé en affaires religieuses, Alain Crevier, précise que le cardinal Ouellet a au-dessus de 75 ans, il a donc dû déposer sa démission selon les règles du Vatican. Même si le pape a prolongé son mandat, sa carrière tire à sa fin.

M. Crevier souligne qu’il ne faut pas oublier qu’aucune accusation criminelle n’a été déposée contre le cardinal.

Avec les informations de Marie-Pier Mercier

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