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Vers une réouverture de la pêche aux coques en Gaspésie?

Une palourde posée sur le sable.

La pêche aux mollusques est une activité traditionnelle de la Gaspésie (archives).

Photo : Radio-Canada / Susana Da Silva

Selon les résultats d’une étude réalisée par le centre de recherche Merinov et commandée par le député de Bonaventure Sylvain Roy, la pêche à la mye commune pourrait être à nouveau permise dans certains secteurs en Gaspésie. En effet, selon M. Roy, les tests révèlent que la qualité de l’eau inspectée respecte les critères de salubrité de Pêches et Océans Canada.

Il y a quelques semaines, le centre de recherche en pêche, aquaculture, transformation et valorisation de produits aquatiques Merinov a obtenu les résultats des analyses des prélèvements qu’il a réalisés. Notre équipe de prélèvements sur le terrain est allée en mer et a effectué les prélèvements selon des normes bien spécifiques et le protocole d'Environnement Canada que nous utilisons dans tous nos échantillonnages, relate le microbiologiste chez Merinov, Jim Dufresne.

Une affiche prévenant les pêcheurs que la pêche aux coques est interdite sur plusieurs sites.

Des avis d'interdiction de la pêche aux coques sont apposés sur plusieurs sites de la Gaspésie.

Photo : Radio-Canada / Louis Pelchat-Labelle

En obtenant les résultats de l’analyse des eaux qu’il avait lui-même demandés, le député Sylvain Roy s’est réjoui des résultats qui venaient confirmer ce qu’il soupçonnait depuis longtemps.

« La pêche aux mollusques en Gaspésie c’est une tradition, mais le fédéral l’a fermée pour toutes sortes de bonnes raisons qui ne sont toutefois plus valides aujourd’hui. »

— Une citation de  Sylvain Roy, député de Bonaventure

Merinov est un centre de recherche dont les analyses en laboratoire sont valides et certifiées, selon Jim Dufresne, qui affirme que leurs méthodes sont accréditées.

L'école des pêches et de l'aquaculture de Grande-Rivière.

Merinov a fait des tests pour vérifier la salubrité des lieux de pêche aux coques (archives).

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Le député de Bonaventure a espoir de voir débloquer ce dossier pour lequel il milite depuis des années. Les études de Merinov que nous avons commandées et financées seront le fer de lance d’une revendication collective qui doit se faire non seulement par les députés provinciaux, mais aussi par les maires et les préfets.

Manque de financement... ou de volonté?

Au Nouveau-Brunswick, un nombre considérable de bancs coquilliers sont ouverts et surveillés par le gouvernement fédéral, selon Sylvain Roy. Le Canada met les ressources pour voir si on peut permettre la pêche au Nouveau-Brunswick. Pourquoi ne pas faire la même chose avec nous? On est oubliés, dénonce-t-il.

Sylvain Roy dans une cours

Le député de Bonaventure, Sylvain Roy

Photo : Radio-Canada / Louis Pelchat-Labelle

M. Roy soutient qu’en questionnant le fédéral sur l’absence de test dans les bancs coquilliers de la Gaspésie, on lui a répondu que c’était par manque de financement. Le fédéral lui aurait aussi évoqué des problèmes de salubrité de l'eau qui empêchent la réouverture de la pêche aux coques. Le député affirme que ces problèmes ne sont plus présents partout aujourd’hui.

Il donne pour exemple Escuminac. Ici, on a fermé la pêche par mesure préventive parce qu’il y aurait eu de la contamination à une époque où on avait des moulins de pâtes et papiers. Mais trente ans plus tard, est-ce que cette fermeture a lieu d’être? Non. Parce que nous avons demandé à Merinov de faire l’évaluation de la qualité de l’eau ici et les tests ont démontré que l’eau est saine et potentiellement propice à la réouverture des bancs coquilliers.

Actuellement, la pêche à la mye commune est seulement permise dans les secteurs de Miguasha, de Port-Daniel et de Gaspé.

Une version précédente de ce texte mentionnait que Pêches et Océans Canada tout comme Environnement Canada, n'avaient pas donné suite à nos demandes d'entrevues et ne nous avaient pas fourni les dates des derniers échantillonnages faits dans la région. Au lendemain de notre publication, Environnement Canada nous a fourni les renseignements ci-dessous.

Dans la Baie-des-Chaleurs, la dernière réévaluation a eu lieu en 2020 et couvrait les secteurs de Miguasha, Port-Daniel et les parcs conchylicoles de la Baie Cascapédia et Tracadigache, indique par écrit Environnement et Changement climatique Canada (ECCC).

Le ministère ajoute que les tests ont lieu aux trois ans, mais seulement dans les secteurs classifiés agréés et agréés sous condition. Ainsi, les secteurs non classifiés et les secteurs classifiés interdits ne font pas l’objet de réévaluation récurrente. Ceci est dû au fait que la plupart des secteurs classifiés interdits dans la Baie-des-Chaleurs le sont pour raison de pollution persistante, notamment par les rejets des usines de traitement des eaux usées en rive, ou en raison de la faible abondance de la ressource coquillière, ajoute ECCC.

Une affiche devant un banc coquillier, mentionne que la pêche aux coques y est interdite.

Un avis d'interdiction de la pêche aux coques est apposé sur certaines zones du site de Miguasha.

Photo : Radio-Canada / Louis Pelchat-Labelle

Selon le microbiologiste chez Merinov, Jim Dufresne, plusieurs instances fédérales interviennent dans le dossier de la pêche aux mollusques. Environnement Canada surveille la qualité bactériologique de l’eau, ce qu’on fait aussi chez Merinov et évalue les données hydrométéorologiques pour évaluer s’il y a des sites de pollution potentiels comme des sites agricoles ou industriels à proximité. L’Agence d’inspection des aliments vérifie les toxines dans la chair des mollusques et Pêches et Océans fait la surveillance des secteurs de pêche et en ramasse les données.

Le député Sylvain Roy a d’ailleurs fait une demande la semaine dernière à ces trois instances gouvernementales pour faire avancer le dossier.

Dans le meilleur des mondes, le député espère que des tests auront lieu dès le printemps prochain sur tous les sites de bancs coquilliers de la Gaspésie qui ont le potentiel de rouvrir, pour que 18 mois plus tard, la pêche y soit à nouveau permise. C’est un loisir qui nous a été confisqué. C’est un accès à notre patrimoine faunique qu’on a perdu et qu’on mérite d’avoir de nouveau, s’exclame-t-il.

L’accès aux plans d’eau

Dans l'éventualité d'une réouverture des bancs coquilliers, les municipalités de la Gaspésie devront collaborer à la mise en marche du projet, notamment en ce qui concerne l’accès aux plans d’eau.

Une plage où la pêche aux coques se faisait par le passé

L'accès aux plans d'eau est un enjeu de taille au Québec.

Photo : Radio-Canada / Louis Pelchat-Labelle

Une possibilité de réouverture, ça implique aussi un accès à la mer. À Pointe-à-la-Garde, il y a une plage qui a été municipalisée. […] Si le potentiel de pêche est là, il faut aussi y avoir un accès, donc c'est un autre enjeu qu’est celui de l'accès aux plans d’eau au Québec, explique Sylvain Roy.

Le préfet de la MRC Avignon et président de la Table des préfets de la Gaspésie, Mathieu Lapointe, se réjouit de cette étape de plus vers la réouverture des sites de pêche.

Il affirme que les municipalités de la MRC Avignon seraient favorables à la réouverture des sites de bancs coquilliers. La pêche aux coques est une activité très prisée par bon nombre de nos citoyens, dit-il. Ça fait partie de nos traditions et de notre historique au printemps d’aller à la pêche aux coques. Maintenant, les endroits pour pêcher sont très limités, beaucoup plus qu’avant.

Mathieu Lapointe sur un terrain au bord de l'eau.

Mathieu Lapointe, maire de Carleton-sur-Mer, préfet de la MRC Avignon et président du regroupement des MRC de la Gaspésie

Photo : Radio-Canada / Louis Pelchat-Labelle

M. Lapointe confie tout de même qu’offrir un meilleur accès à l’eau serait un défi de taille pour plusieurs municipalités.

Si les zones sont rouvertes, chacune des municipalités aura à regarder comment aménager, faire la promotion ou rendre accessibles ces zones-là pour que les gens puissent aller pêcher, avance le préfet.

Avec les informations de Louis Pelchat-Labelle

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