•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Déclin des francophones : l’opposition veut un meilleur contrôle de l’immigration au N.-B.

Six enfants sont assis sur un banc.

Des députés de l'opposition au Nouveau-Brunswick croient qu'il faut miser sur l'immigration pour renverser la tendance (archives).

Photo : iStock

Face à la baisse du poids démographique des francophones au Nouveau-Brunswick, deux députés de l’opposition disent que la province doit revoir le fonctionnement de ses politiques publiques en matière d’immigration.

Le député vert de Kent-Nord, Kevin Arseneau, qualifie les récentes données de Statistique Canada d'extrêmement inquiétantes.

Comme partout dans les Maritimes, le Nouveau-Brunswick voit une baisse du nombre de personnes affirmant avoir le français comme première langue officielle parlée, passant de 31,6 % en 2016, à 30 % en 2021.

« C'est extrêmement inquiétant de constater ça, mais c’est aussi un constat pour moi que c’est un échec de nos politiques publiques. Une baisse démographique, ça n'arrive pas tout seul! »

— Une citation de  Kevin Arseneau, député du Parti vert, Kent-Nord

Dualité en immigration

Kevin Arseneau admet que cette tendance à la baisse doit être freinée. Pour ce faire, il propose une dualité en immigration. À l'heure actuelle, c'est Opportunités Nouveau-Brunswick (ONB) qui est responsable du dossier de l'immigration pour le gouvernement provincial.

Kevin avec une cravate.

Kevin Arseneau, du Parti vert, est député de Kent-Nord.

Photo : Radio-Canada

Au Nouveau-Brunswick, on a un seul département qui s’occupe de l’immigration, à la fois francophone et anglophone. On a une toute petite équipe qui a comme mandat de se pencher sur la question de l’immigration francophone, mais les ressources ne sont pas assez bonnes, explique-t-il.

Kevin Arseneau croit que la dualité en immigration sera une des luttes des prochaines années et est d’avis que cela donnerait les outils nécessaires à la communauté francophone pour finalement atteindre les cibles en immigration.

La communauté acadienne et francophone doit gérer et mettre en place sa propre politique d’immigration et pouvoir atteindre ces cibles-là, parce que la volonté, elle sera là. Le gouvernement provincial n’a pas cette volonté-là depuis des lunes et ce qui fait en sorte qu’on est incapable d’atteindre ces cibles-là, explique Kevin Arseneau.

Devant cette perte de vitesse de la francophonie, Kevin Arseneau se dit inquiet de voir que le premier ministre Blaine Higgs, responsable de l’application de la Loi sur les langues officielles, n’a toujours pas donné suite au rapport concernant la révision de cette loi, déposé par les commissaires en décembre dernier.

Il dit aussi que la province se doit d’aller de l’avant avec la création d’un comité permanent sur les langues officielles, une équipe de personnes qui pourraient dévoiler des statistiques sur le poids démographique des francophones de façon régulière. Selon M. Arseneau, cela éviterait que lorsqu’un rapport est publié, on en parle pour quelques semaines et on oublie.

Plus de pouvoir à la province

Pour Benoît Bourque, député libéral de Kent-Sud et porte-parole de l'opposition en matière de francophonie, l’idée d’une dualité en immigration pourrait faire son chemin, mais d’autres avenues devraient cependant être évaluées.

Je vous avouerai qu'on n'est pas fermé à l’idée, mais ce n’est pas nécessairement l’approche que nous préconisons pour le moment, dit-il.

Les drapeaux du Canada, de l'Acadie et du Nouveau-Brunswick devant l'édifice de l'Assemblée législative du N.-B. à Fredericton.

Les drapeaux du Canada, de l'Acadie et du Nouveau-Brunswick devant l'édifice de l'Assemblée législative du N.-B. à Fredericton.

Photo : Radio-Canada / Guy LeBlanc

Il opte plutôt pour des discussions avec Ottawa sur une implication provinciale plus grande en matière d’immigration.

On sait que le Québec a des ententes très élaborées avec le gouvernement fédéral où ils ont un plus grand mot à dire et une plus grande implication dans tout ce qui est le système d’immigration. Je pense que le Nouveau-Brunswick doit se pencher davantage dans ce sens-là, surtout en matière d’immigration francophone, je pense que c’est la voie de l’avenir, lance Benoît Bourque.

Benoît Bourque interviewé.

Benoît Bourque, député de l'opposition officielle au Nouveau-Brunswick (archives).

Photo : Radio-Canada

Il ajoute qu’un plus grand pouvoir décisionnel permettrait certainement de mieux contrôler des leviers pour attirer cette immigration francophone que nous souhaitons tant avoir ici.

« Je pense qu'il faut passer de la parole aux actes, il faut mettre davantage de mordant dans les actes pour en arriver au résultat. »

— Une citation de  Benoît Bourque, député Kent-Sud

Kevin Arseneau est favorable à cette idée. Il précise que le Nouveau-Brunswick ne peut pas calquer les politiques publiques du Québec en raison du respect de son caractère bilingue, mais que la possibilité que la province ait un meilleur contrôle sur son immigration est la direction vers laquelle il faut aller.

Invité à réagir sur le déclin du français, le bureau du premier ministre Blaine Higgs n'a pas commenté les dernières statistiques sur la situation démographique.

Avec des informations de Nicolas Steinbach

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !