•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le Mali accuse la France d’armer les combattants islamistes

Des militaires français marchent sur le tarmac d'un aéroport où se trouve un avion.

Les autorités du Mali affirment disposer de preuves « flagrantes » de violations de l'espace aérien du pays par les forces françaises.

Photo : Getty Images / AFP/THOMAS COEX

Agence France-Presse

Le Mali a demandé au Conseil de sécurité de l'ONU d'organiser une réunion d'urgence pour faire cesser ce qu'il présente comme « des actes d'agression » de la France. Bamako accuse Paris de violer sa souveraineté territoriale et de soutenir militairement des combattants djihadistes.

Avec ces accusations, le gouvernement, dominé par les militaires, pousse un cran plus loin ses incriminations contre la France.

La lettre, adressée par le chef de la diplomatie malienne, Abdoulaye Diop, à la présidence en exercice chinoise du Conseil de sécurité de l'ONU, dénonce les violations répétitives et fréquentes de l'espace aérien national par les forces françaises au cours des derniers mois. Elle décrit des appareils français se livrant à des activités considérées comme de l'espionnage et des tentatives d'intimidation.

Les autorités maliennes disposent de plusieurs éléments de preuve que ces violations flagrantes de l'espace aérien malien ont servi à la France pour collecter des renseignements au profit des groupes terroristes opérant dans le Sahel et pour leur larguer des armes et des munitions, ajoute M. Diop. Il laisse entendre que les Français pourraient avoir transporté par hélicoptère deux membres d'un groupe djihadiste, début août, dans la région de Tombouctou.

La force militaire française a achevé son retrait du Mali lundi.

Des soldats français de la force Barkhane patrouillent dans les rues de Tombouctou, dans le nord du Mali, en décembre 2021.

Photo : afp via getty images / THOMAS COEX

Le Mali invite le Conseil de sécurité à œuvrer pour que la France cesse immédiatement ses actes d'agression et demande à la présidence chinoise de communiquer ces éléments aux membres du Conseil de sécurité en vue d'une réunion d'urgence, indique M. Diop.

Le Mali se réserve le droit de faire usage de la légitime défense si les agissements français persistent, conformément à la Charte des Nations unies, affirme le ministre.

Rapprochement avec la Russie

Ces dernières manifestations de la détérioration des relations franco-maliennes coïncident strictement avec le départ des derniers soldats français au Mali après neuf ans d'engagement contre les djihadistes. La junte au pouvoir au Mali depuis le putsch d'août 2020 s'est détournée de la France et de ses alliés pour se tourner vers la Russie.

Sergueï Lavrov et son homologue malien Abdoulaye Diop sortent d'une salle de réunion.

Le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, s'est rendu à Moscou en mai dernier, où il a été reçu par son homologue Sergueï Lavrov.

Photo : Reuters / POOL

L'armée française, poussée vers la sortie, a quitté successivement et transféré aux autorités maliennes ses différentes bases au Mali, la dernière lundi à Gao.

Les Russes semblent n'avoir pas traîné. Le gouvernement allemand a indiqué mercredi disposer d'informations selon lesquelles environ 20 ou 30 personnes, probablement des Russes en uniforme, ont été repérées en train de décharger un avion à l'aéroport de Gao le jour du départ français.

L'aéroport jouxte le périmètre qui incluait la base française et comprend aussi le camp de la mission de l'ONU (MINUSMA) avec un fort contingent allemand.

Des accusations jugées insultantes

Le général Bruno Baratz, commandant de la force antidjihadiste française au Sahel, a dit trouver étonnant que les Français soient accusés de soutenir les djihadistes.

C'est un peu insultant pour la mémoire de nos 59 camarades [français] qui sont tombés en se battant pour le Mali, pour la mémoire de tous les Maliens qui se sont battus à nos côtés ainsi que pour celle des personnels de la MINUSMA et des forces africaines de la MINUSMA qui sont tombés en luttant contre le terrorisme, a-t-il dit à Radio France Internationale au Niger, pays voisin du Mali et allié de la France qui a accepté le maintien d'une base aérienne française à Niamey.

Interrogé sur les accusations portées par le Mali contre la France, le porte-parole adjoint du secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a déclaré que les Nations unies étaient extrêmement reconnaissantes à la France et aux forces françaises de leur engagement pour stabiliser le Mali. Sans donner de nom, Farhan Haq a dit espérer que tout autre pays coopérant avec les autorités maliennes essaierait également de jouer un rôle stabilisateur.

Quant à une réunion d'urgence du Conseil, il a déclaré que la décision appartenait à ses membres.

Le Mali n'est pas membre du Conseil de sécurité et sa demande doit être relayée par un État membre. Sous couvert de l'anonymat à New York, un diplomate a dit juger improbable qu'une telle réunion ait lieu.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !