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Le droit de polluer au-delà des normes qualifié « d’irresponsable » à Québec

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Reportage de Guylaine Bussière sur les entreprises ont obtenu le droit du gouvernement d'outrepasser les normes de pollution dans la région.

Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

Jérémie Camirand

Des 89 entreprises qui ont obtenu des autorisations du gouvernement du Québec pour outrepasser les normes environnementales, 8 se trouvent dans la Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches. Une situation « inacceptable »et « irresponsable », dénoncent des élus de la région.

Selon des informations révélées par Radio-Canada mercredi, 89 entreprises ont bénéficié d’une autorisation du gouvernement québécois pour outrepasser les normes de pollution en vigueur.

Sur les huit entreprises pollueuses présentes dans la région, deux se trouvent dans le quartier La Cité-Limoilou. Il s’agit de l'usine Papiers White Birch, située sur le boulevard des Capucins, et de la papeterie Glassine Canada Inc., devenue Nordic Paper en janvier, qui est basée sur le boulevard Montmorency.

Vue aérienne de l'usine Papiers White Birch à Québec.

L'usine Papiers White Birch, au centre-ville de Québec, fait partie des 89 grands émetteurs autorisés à polluer au-delà des normes (archives).

Photo : Gracieuseté : Jean-Pierre Bourdages

Si Papiers White Birch n'a pas retourné nos demandes d'entrevue, Glassine Canada Inc. assure respecter la législation environnementale. Elle prétend que les données fournies au gouvernement respectent les normes en vigueur.

De quoi rappeler de mauvais souvenirs aux critiques de l’assouplissement de la norme du nickel dans Limoilou, dont fait partie le député solidaire de Jean-Lesage, Sol Zanetti, et la conseillère municipale de Limoilou, Jackie Smith.

Aujourd'hui, on apprend que non seulement c'est connu, mais c'est permis de dépasser les normes. C'est inacceptable parce qu'on met de l'avant les profits des grandes entreprises au lieu de la santé des citoyens, pense Mme Smith.

Jackie Smith parle au micro.

La conseillère municipale de Limoilou, Jackie Smith, qualifie la situation d'inacceptable (archives).

Photo : Radio-Canada / Marc Andre Turgeon

Le député Zanetti partage l’avis de la conseillère.

On ne peut pas faire confiance à ces multinationales pollueuses, qui font du lobbyisme, qui ne font que défendre leurs intérêts dans le seul objectif de maximiser leurs profits, explique-t-il.

Y a personne qui va mourir, dit Fitzgibbon

Le ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon, ne partage pas le sentiment d’urgence du député solidaire et de la conseillère municipale.

Y a personne qui va mourir. Il ne faut pas généraliser. [La fonderie] Horne, c’est un enjeu, mais je n’appliquerais pas Horne aux 89 [entreprises], a indiqué M. Fitzgibbon.

Selon lui, il faut d’abord donner le temps nécessaire aux entreprises de se conformer aux normes gouvernementales. À terme, toutes les entreprises devraient s’y conformer, pense-t-il.

M. Fitzgibbon dans les corridors de l'Assemblée nationale.

Pierre Fitzgibbon n'est pas aussi pressé que Québec solidaire, mais croit tout de même que les 89 entreprises devraient se conformer aux normes du gouvernement (archives).

Photo : Radio-Canada

Le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, a pour sa part réaffirmé que la santé était un enjeu pris au sérieux par son gouvernement.

La santé des Québécois, c’est vraiment notre priorité. Il va falloir voir sur une base individuelle comment ça se passe dans chaque région. C’est ce qu’on a fait dans la fonderie Horne et c’est ce qu’on compte faire avec les différentes industries, a-t-il affirmé.

Legault doit revenir sur sa décision, demande QS

Sol Zanetti presse également le gouvernement de François Legault de revenir sur sa décision d’assouplir la norme de nickel dans l’air de Limoilou, et ce, avant le déclenchement de la campagne électorale dans quelques jours.

Si le gouvernement de François Legault ne veut pas que la pollution atmosphérique soit un enjeu électoral, il faut qu'ils agissent avant le déclenchement de l'élection. Il faut qu'ils annulent la norme de nickel, il faut qu'ils agissent sur les droits de polluer qui sont dans la circonscription ici et ailleurs au Québec et en ce moment, ils n'ont pas l'air d'être partis pour ça, déplore le député de Jean-Lesage.

Sol Zanetti en conférence de presse à l'extérieur.

Le député de Québec solidaire Sol Zanetti demande au gouvernement de revenir à la précédente norme de nickel dans l'air.

Photo : Radio-Canada / Guylaine Bussière

Jackie Smith réclame pour sa part plus de fermeté de la part du gouvernement caquiste.

Il faut absolument avoir un ministère qui va se tenir debout contre les industries. Le rôle du ministère de l'Environnement, c'est non seulement de protéger l'environnement, mais aussi la santé des gens et pas protéger les grands pollueurs, mentionne la cheffe de Transition Québec.

Il faut qu'on soit plus coercitif et plus fort pour vraiment forcer les industries à respecter les normes, poursuit-elle.

Avec les informations de Guylaine Bussière

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