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En Alberta, le nombre de francophones augmente, mais leur poids démographique diminue

Le drapeau franco-albertain.

En Alberta, le nombre de personnes ayant le français comme seule langue maternelle a diminué en nombre et en proportion démographique.

Photo : Radio-Canada

En Alberta, le nombre de francophones augmente, mais leur poids démographique a diminué depuis 2016, selon des données du recensement 2021 publiées mercredi par Statistique Canada. Ce paradoxe s’explique par le fait que la population albertaine totale a crû plus rapidement que le nombre de personnes qui parlent français.

Selon les données de Statistique Canada, le nombre d'Albertains ayant le français comme langue maternelle a augmenté de 1,5 % entre 2016 et 2021. Cependant, leur poids démographique a diminué.

Selon Émilie Lavoie, analyste principale à Statistique Canada, cette contradiction se manifeste partout à l’extérieur du Québec et s’explique par le fait que la quantité de [personnes] qui ne connaissent pas le français ou qui ne le parlent pas à la maison a crû plus vite que le nombre de personnes qui le connaissaient.

En effet, au Canada, le nombre de personnes ayant le français comme langue maternelle a augmenté de 2,7 % en 2021 et le nombre de personnes ayant une connaissance du français a augmenté de 3 %, mais leur poids démographique a également diminué.

Par contre, en Alberta, le nombre de personnes qui ont une connaissance du français et le français comme seule langue maternelle a diminué en proportion démographique, mais aussi en nombre.

Selon Émilie Lavoie, le nombre de personnes ayant le français combiné à une autre langue comme langues maternelles explique cette diminution.

Le français moins souvent parlé à la maison

Le nombre de personnes pour qui la langue parlée le plus souvent à la maison est le français a diminué de près de 14 % entre 2016 et 2021, selon les données de Statistique Canada.

En effet, de plus en plus de Canadiens parlent une autre langue que le français ou l’anglais.

C’est le cas de Rukundo Tena Mukuna, arrivée au Canada il y a deux ans.

Quand tu arrives ici, on te dit que le Canada est bilingue, mais [...] c’est sur papier.  [...] Partout où tu vas, c’est [en] anglais, dit-elle. Dans n'importe quel bureau, tu vas dans les magasins, partout où tu vas, c'est l'anglais.

Elle raconte que, bien que ses enfants aillent à l’école francophone afin de conserver leur maîtrise du français, à la maison, ils parlent six langues.

Ce qui augmente, c’est la mixité linguistique, confirme Émilie Lavoie.

« C’est vraiment la diversité. C’est ce qui caractérise beaucoup l’Alberta. [Il y a] plus de langues que, nous, on catégorise comme non officielles, autres que le français et l’anglais. »

— Une citation de  Émilie Lavoie, analyste principale à Statistique Canada

Selon elle, le nombre de personnes qui ne connaissent ni l’anglais ni le français a connu une augmentation importante en Alberta par rapport aux autres provinces, avec une hausse de 10 % en 2021, par rapport à 2016.

On ne se décourage pas

Pierre Asselin, vice-président de l'Association canadienne-française de l'Alberta (ACFA), estime que la situation est inquiétante.

On ne se décourage pas, dit-il toutefois.

Il explique que l’ACFA attend des données sur l'instruction de la langue officielle minoritaire qui seront publiées en novembre et qui, espère-t-il, reflèteront les efforts mis en place par cette dernière pour éviter l’assimilation.

Selon Pierre Asselin, la solution se trouve dans deux catégories principales : l’éducation et l’immigration.

L’ACFA recommande que le programme de langues officielles en éducation offre un financement adéquat autant pour assurer un continuum en éducation francophone fort pour favoriser l’apprentissage du français et augmenter le taux de bilinguisme chez les apprenants du français, dit-il.

Il ajoute que le fait d'offrir plus de services et le fait d'appuyer les organismes de la communauté sont également des éléments essentiels.

Avec les informations d’Audrey Neveu et Evelyne Asselin

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