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Le français recule dans les grandes villes du Nord de l’Ontario

Un panier de basketball dont le panneau arrière est aux couleurs du drapeau franco-ontarien.

La proportion de francophones est en baisse dans le Nord de l'Ontario.

Photo : Radio-Canada / Sophie Houle-Drapeau

Au sein des plus grandes villes du Nord de l’Ontario, la proportion de personnes dont la première langue parlée est le français a diminué depuis le recensement qui a eu lieu en 2016, selon les derniers chiffres de Statistique Canada.

Ce recul est plus prononcé dans les municipalités qui ont un plus grand nombre de personnes dont la première langue est le français.

Pour Sudbury et Timmins, les deux grandes villes qui comptent le plus de personnes dont la première langue est le français dans la région, ce recul dépasse les 3 %.

La population totale du Grand Sudbury a augmenté entre le recensement de 2016 et celui de 2021, passant de 161 531 à 164 135.

La population de Timmins a quant à elle diminué au cours de la même période, passant de 41 480 à 40 655.

À North Bay, à Thunder Bay et à Sault-Sainte-Marie, il y a également une diminution de la proportion de la population francophone, mais elle demeure moins prononcée.

Diminution décourageante dans la région de Sudbury

Joanne Gervais, directrice générale de l’Association canadienne-française de l’Ontario (ACFO) de Sudbury, trouve un peu décourageant de lire de telles statistiques pour un deuxième recensement de suite.

Elle craint notamment une tendance chez les jeunes de la région de s’identifier comme étant bilingues plutôt que comme francophones.

Selon elle, la situation à l’Université Laurentienne pourrait accélérer l’exode des jeunes de la région au cours des prochaines années.

En avril 2021, l’Université Laurentienne a licencié une centaine de professeurs et supprimé plusieurs programmes en français en raison de la crise financière qui l'affectait.

Une femme porte un chandail gris.

Joanne Gervais est la directrice de l'Association canadienne-française de l’Ontario (ACFO) du Grand Sudbury.

Photo : Radio-Canada / Bienvenu Senga

Pour remédier à ce problème, Mme Gervais estime que l’immigration francophone est la solution mais que les efforts dans ce sens ne sont pas organisés, notamment en ce qui concerne les programmes d’immigration régionaux.

Il y a très peu de cibles pour atteindre l’immigration francophone. Trop souvent, on présume que juste par pure chance, on va recruter des francophones, déplore-t-elle.

Mme Gervais affirme que les cibles d’immigration francophone sont trop basses et qu'elles ne sont pas atteintes systématiquement.

Carol Jolin, président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario, réitère pour sa part l’importance de la création de l’Université de Sudbury comme solution à l’exode des jeunes dans le Nord de l’Ontario.

Carol Jolin s'adresse aux médias derrière un micro.

Le président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario, Carol Jolin

Photo : Radio-Canada

Il faut avoir des institutions postsecondaires fortes. On en a à l’élémentaire et au secondaire et on a deux bons collèges. Même chose pour les universités : on a deux bonnes universités et on travaille pour en avoir une troisième, explique-t-il.

Quand tu as des institutions postsecondaires qui sont fortes, c’est la meilleure carte de visite pour dire : Vous pouvez poursuivre vos études en français de la petite enfance à l’université, ajoute-t-il.

En attendant la création officielle de l’Université de Sudbury, M. Jolin craint que le décalage des débouchés universitaires en français influence le choix de parents du Nord d'envoyer leurs enfants à l’école en anglais.

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