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La grippe aviaire fait des ravages à Valcartier : 90 000 dindons morts

Des bébés dindons.

Reportage de Colin Côté-Paulette sur la grippe aviaire qui continue de détruire tout sur son passage à Saint-Gabriel-de-Valcartier.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms

Jérémie Camirand

La grippe aviaire continue de faire des dommages dans la région. Depuis que le premier cas a été répertorié à la fin du mois de juin, 90 000 dindons ont été euthanasiés.

La propagation fulgurante de la grippe aviaire depuis le début de l’été dans la MRC de La Jacques-Cartier inquiète les Éleveurs de volailles du Québec. Depuis le 28 juin, l’organisation a répertorié cinq élevages, seulement dans la MRC de la Jacques-Cartier.

De voir que ça perdure pendant la saison estivale, c’est sûr que ça continue, disons que ça met du feu sur nos inquiétudes, avoue Marie-Ève Tremblay, directrice générale des Éleveurs de volailles du Québec.

Plusieurs dindes sont regroupées en troupeau, à l'extérieur, sous un ciel bleu.

Quand la grippe aviaire frappe un élevage de volailles, elle peut entraîner un taux de mortalité de 50 %.

Photo : ISTOCK

La proximité des bâtiments qui abritent les élevages n’aide en rien. Le périmètre de sécurité établi par l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) force tous les 84 bâtiments du secteur à mettre leurs activités sur pause.

Si tu es voisin d’une ferme qui a été infectée et tu n’as pas été infecté, mais étant donné que tu es dans la zone, tu ne peux pas entrer d’oiseaux, explique Mme Tremblay.

Situation maîtrisée?

Si la situation s'améliore de jour en jour dans les élevages de la région, Manon Racicot, vétérinaire épidémiologiste pour l'ACIA estime qu'il est encore tôt pour dire que la situation est maîtrisée.

La situation est meilleure qu'elle ne l'était, dans le sens qu'on a plusieurs fermes qui étaient infectées, dans cette région-là, qui ont passé différentes étapes décontamination. [Mais] je n'irais pas à dire que tout est sous contrôle encore, explique la spécialiste.

Si dans la plupart des cas, les élevages peuvent prendre plus de deux semaines avant de terminer toutes les étapes du protocole mis en place par l'ACIA, tout le secteur doit attendre que toutes les fermes ne soient plus infectées avant de reprendre du service.

Des travailleurs portent des équipements de protection.

Des travailleurs de l'Estrie, touchée plus tôt cette année par des cas de grippe aviaire, ont dû faire preuve de vigilance pour venir à bout du virus (archives).

Photo : Radio-Canada / Daniel Mailloux

Il est donc difficile de dire à quel moment la situation va se résorber, estime Mme Racicot

Pour le moment, l'ACIA précise que le protocole de biosécurité suit son cours. Pour ce qui est des quelque 90 000 carcasses de dindons, les éleveurs ont recourt au compostage pour s'en débarrasser.

Le composte va vraiment permettre de neutraliser ce virus-là. On construit ses andains de composte, on les recouvre et on vient prendre la température. Après six jours consécutifs où la température est à 37 degrés Celsius, on sait que le virus est inactif, de dire Manon Racicot.

Des pertes économiques importantes

Cet arrêt forcé freine la production, assurent les Éleveurs de volailles du Québec. À l’approche de la période des fêtes, qui est l’une des plus profitables de l’année, les éleveurs de la région encaissent les coups et les coûts.

Ces 90 000 oiseaux, est-ce qu’on va pouvoir trouver des dindonneaux pour les remplacer et qu’ils soient mis en élevage et être disponible au moment opportun? On pense que pas toute cette production-là va être disponible, mais là, on en est à mesurer l’ampleur, mentionne Marie-Ève Tremblay.

La MRC de La Jacques-Cartier et son préfet, Sébastien Couture, espèrent que le gouvernement canadien trouvera un moyen de dédommager financièrement les éleveurs touchés par la grippe aviaire.

Tant que la situation n’est pas maîtrisée dans la zone infectée, les producteurs ne peuvent pas faire l’acquisition de nouvelles volailles. Or, les programmes d’assurance actuels dédommagent la perte de production actuelle, mais pas celle à venir. Il faudrait envisager d’adapter ces programmes à cette situation dans le but de soutenir nos producteurs de dindons, a indiqué M. Couture dans une déclaration écrite, tout en précisant que le secteur touché dans la MRC est le troisième plus grand secteur de production de la province.

De son côté, le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ) précise avoir rencontré des propriétaires d’oiseaux dans la région afin de prévenir une future propagation du virus.

Le MAPAQ demande également à la population d'éviter tout lien entre les élevages de basse-cour, mais aussi entre les élevages de basse-cour et les élevages commerciaux en raison du risque élevé de transmission.

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