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CAQ et libéraux fustigent l’idée d’armer du personnel dans les écoles

Des élèves dans une classe

Reportage d'Olivier Lemieux sur une publication d'un candidat du PCQ sur l’idée d’armer du personnel dans les écoles.

Photo : iStock

Le gouvernement Legault et l’opposition libérale dénoncent fermement l’appui d’un candidat du Parti conservateur du Québec (PCQ) à l’idée d’armer du personnel dans les écoles pour prévenir les tueries de masse.

Penser que mettre davantage d’armes à feu en circulation dans nos classes, avec nos enfants, serait la solution? Je trouve ça extrêmement inquiétant qu’une personne qui se porte candidate à la prochaine élection pense ça, a commenté mercredi la vice-première ministre et ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault.

Elle s’est également dite préoccupée par le soutien que le chef conservateur, Éric Duhaime, a apporté au candidat à l’origine de la controverse, Ernesto Almeida. Ce dernier se présente dans la circonscription de L’Assomption.

Caution dénoncée

Manifestement, [Éric Duhaime] n’a pas l’air de trouver que c’est une mauvaise idée s’il tolère ça. Je trouve ça très inquiétant de la part d’une personne qui se dit aspirant premier ministre, a indiqué Mme Guilbault.

Plan rapproché d’Ernesto Almeida devant une bannière aux couleurs du Parti conservateur du Québec.

Ernesto Almeida se présente sous la bannière du PCQ dans L’Assomption, la circonscription du premier ministre et chef de la CAQ, François Legault.

Photo : Capture d'écran - Hebdo Rive-Nord

Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a abondé dans le même sens. J'en reviens pas qu'au Québec, en 2022, il y ait des gens qui pensent qu'il faut rentrer plus d'armes au Québec et dans les classes. C'est complètement, complètement inacceptable, a-t-il dénoncé.

« J'espère que M. Duhaime va revenir à la raison. On ne veut pas d'armes dans nos écoles au Québec. »

— Une citation de  Jean-François Roberge, ministre québécois de l’Éducation

L’idée d’introduire des armes dans les écoles ne trouve pas plus grâce aux yeux de la cheffe du Parti libéral du Québec (PLQ), Dominique Anglade. Encore moins dans le contexte de la recrudescence de la violence armée dans la province.

Est-ce que vous avez vu la montée de la violence dans les rues? Le problème des armes à feu qu’on a? Des gens qui meurent dans les comtés à cause des armes à feu? Puis on a un parti qui va encourager ce genre de propos? Pour moi, c’est inacceptable puis j’ai hâte d’aller en débattre, puis j’ai hâte d’aller faire campagne, a réagi la cheffe libérale.

Caricature

Radio-Canada a révélé mercredi que dans la foulée de la tuerie survenue le printemps dernier dans une école d’Uvalde, au Texas, Ernesto Almeida avait publié sur sa page Facebook une caricature représentant une enseignante protégeant ses élèves à l’aide d’une arme à feu.

L’aspirant candidat avait accompagné sa publication du message suivant, rédigé en espagnol : Ce ne sont pas les armes qui tuent, mais les fous qui les utilisent… y compris les gouvernements qui tirent profit des guerres, des guérillas et des conflits civils.

Capture d'écran d'une caricature montrant une enseignante défendant ses élèves à l'aide d'une arme à feu.
Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Ernesto Almeida a publié sur Facebook une caricature montrant une enseignante défendant ses élèves à l’aide d’une arme de poing.

Photo : Facebook/Ernesto Almeida (capture d'écran)

L’image et l’argument mis de l’avant par M. Almeida ont été largement partagés par les défenseurs des droits des propriétaires d’armes à feu aux États-Unis au lendemain de la tragédie d’Uvalde, qui a coûté la vie à 19 élèves.

Ils illustrent l’argument voulant qu’un enseignant armé puisse empêcher une fusillade dans une école.

La caricature et le message l’accompagnant ont depuis été effacés de la page Facebook d’Ernesto Almeida.

Duhaime plaide la liberté d'expression

En entrevue à l’émission Première heure mercredi matin, Éric Duhaime a soutenu que des parents québécois étaient en faveur d’armer du personnel dans les écoles. Son candidat a simplement mis de l’avant une idée qui, selon le chef conservateur, mérite d’être débattue.

Il a émis une opinion que plein de gens qui nous écoutent partagent. On vit dans une société démocratique, puis la liberté d'expression existe, puis ce n'est pas vrai que je vais bâillonner un candidat qui dit qu'il faut protéger les enfants dans une école, a insisté M. Duhaime.

Éric Duhaime en entrevue dans les studios de Radio-Canada à Québec.

Éric Duhaime s'est porté à la défense de son candidat lors d'une entrevue à l'émission «Première heure», animée par Alex Boissonneault.

Photo : Radio-Canada / Félix Duchesne

La publication du candidat conservateur a également fait réagir dans le milieu scolaire.

Absurde et dangereux! Il y a suffisamment de problèmes réels auxquels s’attaquer dans nos écoles sans qu’on s’en crée en s’inspirant des pires idées qu’on peut entendre aux États-Unis, a dénoncé Brigitte Bilodeau, première vice-présidente de la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ).

Elle a ajouté que les professeurs n’ont pas besoin qu’on les arme, mais qu’on les aide en équilibrant les classes et en améliorant leurs conditions d’enseignement. C’est ainsi qu’on pourra régler la pénurie, a fait valoir Mme Bilodeau.

Pas dans les cartons

De son côté, la Fédération québécoise des directions d'établissement d'enseignement (FQDE) ne voit pas l’utilité d’armer les enseignants. L’idée est loin de figurer dans ses plans.

Non présentement, ce n'est pas sur la table [ni dans les] discussions qu'on a avec les experts dans le domaine de la sécurité, qui ne voient pas la pertinence, non plus, a confié en entrevue à Radio-Canada le président de la FQDE, Nicolas Prévost.

Il s’est dit très à l’aise avec les mesures de sécurité élaborées en partenariat avec les corps policiers.

Avec des informations d’Olivier Lemieux et Alex Boissonneault

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