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Le poids démographique des francophones baisse en Atlantique

Canadian flags fly near Parliament Hill in Ottawa,  Tuesday, June 30, 2020. THE CANADIAN PRESS/Adrian Wyld

Le nombre de francophones dans les provinces atlantiques est en baisse.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

De moins en moins de Canadiens en Atlantique affirment avoir le français comme première langue officielle parlée, selon les plus récentes données de Statistique Canada.

Les trois provinces maritimes enregistrent une baisse de la population qui a déclaré être francophone. À Terre-Neuve-et-Labrador, cette donnée est restée inchangée en 2021, comparativement à 2016.

Population ayant le français comme première langue officielle parlée

Province

2016

2021

Variation

Nouveau-Brunswick

31,6%

30%

-1,6 points de pourcentage

Nouvelle-Écosse

3,1%

2,8%

-0,3 point de pourcentage

Île-du-Prince-Édouard

3,2%

2,9%

-0,3 point de pourcentage

Terre-Neuve-et-Labrador

0,4%

0,4%

aucune

À l’échelle nationale, les données du recensement montrent aussi une diminution du poids des personnes parlant le français, passant de 22,2 % en 2016 à 21,4 % en 2021.

Selon la sociologue Michelle Landry, ces données ne sont pas surprenantes.

Michelle Landry dans son bureau.

La professeure Michelle Landry affirme qu'il faut des politiques d'immigration plus robustes.

Photo : Radio-Canada

Il fallait s’y attendre. La population de la province augmente, mais comme les migrations d’entrée, que ce soit d’autres pays ou d’autres provinces au Canada, ça défavorise les francophones par rapport à leur poids démographique, indique la professeure de sociologie à l’Université de Moncton et titulaire de la Chaire de recherche sur les minorités francophones canadiennes et le pouvoir.

Selon les projections des analystes, cette tendance devrait se poursuivre pendant plusieurs années, ajoute-t-elle.

« Ça montre qu’il faut des politiques d’immigration plus robustes. »

— Une citation de  Michelle Landry, professeure de sociologie à l’Université de Moncton et titulaire de la Chaire de recherche sur les minorités francophones canadiennes et le pouvoir

Mme Landry estime qu'il faut viser des seuils bien au-dessus du tiers d'immigrants francophones pour espérer stabiliser le poids des francophones en Atlantique.

Bilinguisme

Le taux du bilinguisme est resté relativement stable en Atlantique depuis 2016, une tendance remarquée ailleurs au pays également. Il s’agit du pourcentage de la population qui peut soutenir une conversation en français et en anglais.

Connaissances de langues officielles (anglais et français)

Province

2016

2021

Nouveau-Brunswick

33,9%

34%

Nouvelle-Écosse

10,5%

10,3%

Île-du-Prince-Édouard

12,6%

12,7%

Terre-Neuve-et-Labrador

5,0%

5,1%

Canada

17,9%

18%

Ces données surprennent Michelle Landry.

C’est un domaine où c’est beaucoup plus facile d’intervenir. C’est de compétence provinciale et, clairement, les politiques ne fonctionnent pas, les programmes ne fonctionnent pas, dit-elle.

Au Nouveau-Brunswick par exemple, si les programmes d'immersion sont habituellement performants, les programmes d'enseignement du français dans les écoles anglophones ou aux adultes ont des lacunes, pense Michelle Landry.

Immigration et autres langues

Dans son recensement, Statistique Canada souligne que l’immigration a continué de contribuer à l’accroissement de la diversité linguistique au Canada.

En Atlantique, l’arabe est la langue non officielle parlée à la maison par le plus grand nombre de personnes au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse et à Terre-Neuve-et-Labrador. À l’Île-du-Prince-Édouard, le mandarin occupe le premier rang des langues non officielles.

Statistique Canada dévoile aussi qu’en Atlantique, le mi'kmaq est la langue autochtone parlée de façon prédominante à la maison par le plus grand nombre de locuteurs, sauf à Terre-Neuve-et-Labrador, où il s'agit de l'innu (montagnais).

Agir rapidement pour inverser la tendance

Je pense que ces statistiques-là sont alarmantes, mais ne sont pas des nouveautés, dans le sens que ça fait plusieurs années qu’on dit que le poids démographique des francophones diminue partout au Canada, soutient la présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA).

La femme est souriante, portant des lunettes.

La présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne au Canada, Liane Roy, est d'avis que le gouvernement fédéral doit immédiatement revoir à la hausse les cibles en immigration francophone au pays.

Photo : Gracieuseté

Devant cette tendance, Liane Roy croit qu’il est urgent d’agir pour développer une politique en immigration francophone plus mordante. Le gouvernement doit mettre en place de nouveaux programmes visant à accueillir plus d’immigrants francophones au pays et ainsi ajuster les cibles en immigration à la hausse.

Elle souligne aussi que les données de Statistique Canada ont un impact direct sur la vie des francophones en Atlantique. Les gouvernements, les systèmes scolaires et les communautés se basent sur ces données pour établir des programmes et des services aux francophones, dit-elle.

Une jeune femme en entrevue.

Sue Duguay, vice-présidente de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB)

Photo : Radio-Canada

Même son de cloche à la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) qui affirme que la baisse du poids démographique francophone n’est pas une surprise. Il faut donc militer pour inverser cette tendance.

Ce qu’on trouve particulièrement important, ça sera de miser, d'augmenter les cibles en immigration francophone et d’encourager les familles d’expression française, familles acadiennes, à rester au Nouveau-Brunswick, à s’établir au Nouveau-Brunswick; et ça va prendre des incitatifs de ce côté-là, c'est certain, dit Sue Duguay, vice-présidente de la SANB.

Avec des informations de Nicolas Steinbach

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