•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Mahmoud Abbas compare le traitement des Palestiniens à l’Holocauste

Portrait de Mahmoud Abbas.

Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, était de passage à Berlin pour un suivi médical.

Photo : Reuters / Lisi Niesner

Agence France-Presse

Israël et l'Allemagne ont vivement dénoncé mercredi les propos du président palestinien Mahmoud Abbas qui a comparé, tandis qu'il se trouvait à Berlin, la politique israélienne envers les Palestiniens au génocide juif par l'Allemagne nazie.

Le dirigeant de 87 ans, en Allemagne pour son suivi médical, s'est entretenu mardi à Berlin avec le chancelier Olaf Scholz à propos notamment du conflit israélo-palestinien et de la coopération bilatérale.

Interrogé à la fin d'une conférence de presse conjointe sur l'attentat des Jeux olympiques de Munich de 1972, fatal à 11 Israéliens et perpétré par un commando palestinien, M. Abbas a comparé la situation dans les Territoires palestiniens occupés par Israël à la Shoah.

« De 1947 à aujourd'hui, Israël a commis 50 massacres dans 50 villes palestiniennes [...]. 50 massacres, 50 holocaustes et, encore aujourd'hui, il y a chaque jour des morts causées par l'armée israélienne. »

— Une citation de  Mahmoud Abbas, président palestinien

Depuis, il tente de clarifier ses propos.

Nous voulons la paix, nous voulons la sécurité, nous voulons la stabilité [...], il faut développer une confiance entre nous, a-t-il ajouté à Berlin, en dénonçant aussi la politique d'apartheid d'Israël.

... et Scholz se tait

Mardi, le chancelier Scholz avait déclaré que le mot apartheid n'était pas une description correcte de la situation dans les Territoires palestiniens, sans toutefois réagir aux propos de M. Abbas sur la Shoah.

Olaf Scholz écoute en point de presse.

Le chancelier allemand, Olaf Scholz, pendant la conférence de presse conjointe avec le président palestinien Mahmoud Abbas, le 16 août 2022.

Photo : Reuters / Lisi Niesner

Je suis dégoûté par les remarques scandaleuses du président palestinien Mahmoud Abbas, a tweeté mercredi matin le chef du gouvernement allemand, ajoutant : Pour nous, Allemands, en particulier, toute relativisation de l'Holocauste est intolérable et inacceptable.

M. Scholz était lui-même critiqué, essentiellement par l'opposition conservatrice et certains médias, pour ne pas avoir réagi immédiatement aux déclarations de M. Abbas lors de cette conférence de presse qui s'est achevée directement après cette réponse.

Abbas relativise l'Holocauste... et Scholz se tait, titrait ainsi le quotidien populaire Bild sur son site Internet.

« Il est surprenant et déconcertant que le côté allemand n'ait pas été préparé aux provocations de M. Abbas, dont les déclarations sont restées sans contradiction. »

— Une citation de  Christoph Heubner, vice-président du comité international d'Auschwitz

Inexcusable, dit Israël

M. Abbas utilise régulièrement les vocables génocide ou apartheid, tout comme les ONG des droits de la personne Amnistie internationale et Human Rights Watch, pour décrire l'occupation et la colonisation des Territoires palestiniens. Mais il recourt rarement aux mots Shoah ou Holocauste.

Mercredi, les propos de M. Abbas – aux déclarations parfois musclées contre Israël, mais souvent accusé par des Palestiniens de collaborer avec l'État hébreu – ont suscité une vive indignation en Israël.

« Mahmoud Abbas qui accuse Israël d'avoir commis "50 holocaustes" alors qu'il est sur le sol allemand n'est pas seulement une disgrâce morale, mais un mensonge monstrueux [...]. L'Histoire ne lui pardonnera jamais. »

— Une citation de  Yaïr Lapid, premier ministre israélien

Dani Dayan, le président de Yad Vashem, le mémorial israélien de la Shoah, a condamné des déclarations ignobles et un comportement inexcusable auquel le gouvernement allemand doit répondre de manière appropriée.

Ceux qui cherchent la paix [...] ne doivent pas distordre la réalité et réécrire l'histoire, a commenté de son côté le ministre israélien de la Défense Benny Gantz. Il a accusé M. Abbas, avec qui il s'était entretenu il y a quelques mois, de déni de l'Holocauste avec cette comparaison répréhensible et infondée.

Face à ces vives réactions, le président Abbas, qui avait remercié l'Allemagne pour son soutien tout en l'appelant à reconnaître l'État de Palestine, a dit vouloir clarifier sa position.

Ses déclarations n'avaient pas pour intention de nier la singularité de l'Holocauste, qui reste le pire crime haineux de l'ère moderne, a indiqué son bureau.

Le président n'a pas nié les massacres dont ont souffert les juifs sous l'Allemagne nazie, mais il a dit au monde de ne pas perdre de vue les massacres infligés au peuple palestinien, a ajouté le premier ministre palestinien Mohammed Shtayyeh.

En Allemagne, Charlotte Knobloch, représentante de la communauté juive de Munich et cadre du Congrès juif mondial, a réclamé plus que la condamnation verbale d'Olaf Scholz. Il faut que Berlin inflige des conséquences à l'Autorité palestinienne, a-t-elle dit.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !