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Les producteurs du Nouveau-Brunswick défendent les hausses du prix du lait

Une femme prend une bouteille de lait sur un étalage d'une épicerie.

À la demande des producteurs laitiers du Canada, la Commission canadienne du lait a approuvé une augmentation du prix à la ferme le 1er septembre prochain.

Photo : iStock / sergeyryzhov

Radio-Canada

Les consommateurs au Nouveau-Brunswick remarqueront une nouvelle hausse du prix du lait le 1er septembre. Les agriculteurs affirment que cette mesure est essentielle pour la survie de leur industrie.

La Commission canadienne du lait change habituellement le prix du lait en février, mais cette année elle l’ajuste deux fois. Les producteurs laitiers toucheront 2,5 % de plus en septembre, et ce, après la hausse de 8,4 % qui leur a déjà été accordée en février.

L’augmentation des coûts de production, notamment les prix de la moulée, du carburant et des engrais, ne laisse pas d’autres choix aux producteurs, explique Wietze Dykstra, président des Producteurs laitiers du Nouveau-Brunswick.

Ce qui coûtait 50 000 $ l’an dernier coûte 100 000 $ cette année. Nous avons besoin d’une hausse des prix pour équilibrer ces coûts supplémentaires, affirme M. Dykstra.

Wietze Dykstra est debout à côté d'une vache dans un bâtiment de sa ferme laitière.

Les hausses du prix du lait sont essentielles pour la survie de l'industrie, selon Wietze Dykstra, président des Producteurs laitiers du Nouveau-Brunswick.

Photo : Gracieuseté : Wietze Dykstra

La ferme de Wietze Dykstra à Knowlesville compte environ 200 vaches laitières. Les coûts de production ont si augmenté qu'il ne peut financer des travaux secondaires, comme des améliorations aux bâtiments de la ferme, explique-t-il.

Le mécanisme d’ajustement du prix

Deux augmentations du prix du lait en un an, cela ne se produit que dans des circonstances exceptionnelles, souligne Wietze Dykstra. Un mécanisme est prévu pour que les producteurs fassent cette demande, dit-il.

Une fuite de données de la Commission fait état d'une baisse des coûts de production l'an dernier. Une porte-parole de la Commission, Shana Allen, confirme que les coûts normalisés de production du lait ont diminué en 2021, de 85,42 $ à 84,57 $ par hectolitre, mais elle précise que ce ne sont que des données préliminaires et qu’il faut aussi tenir compte de l’indice des prix à la consommation.

La Commission, ajoute-t-elle, ajuste les prix en se basant sur des données qui remontent à deux ans. Les hausses actuelles sont donc basées sur les données de 2020. Les données de 2021 serviront à ajuster le prix en 2023.

Sylvain Charlebois, directeur du Laboratoire en science analytique agroalimentaire, à l'Université Dalhousie, à Halifax, s’interroge sur les deux hausses du prix du lait accordées par la Commission cette année.

Selon le professeur Charlebois, le sondage des producteurs par la Commission donne une hausse des coûts de production du lait de 2 % de 2019 à 2020. C’est avec cette hausse que les producteurs ont justifié la hausse de 8,4 % du prix du lait, dit-il. Alors, nous avons une hausse des coûts de 2 % et une hausse des prix de 8,4 %?

Sylvain Charlebois.

Sylvain Charlebois est le directeur du Laboratoire en science analytique agroalimentaire de l'Université Dalhousie.

Photo : Gracieuseté : Sylvain Charlebois

Depuis février, les consommateurs canadiens ont vu le prix du lait de consommation - c'est à dire le prix payé par les consommateurs en tenant compte des intermédiaires - augmenter d’environ 25 %, selon M. Charlebois. Il souhaite que la Commission soit plus transparente et qu’elle publie régulièrement les données sur les coûts. Il dit que la Commission et les producteurs fixent les prix en écartant les transformateurs, les restaurateurs et les consommateurs.

Le Nouveau-Brunswick compte 162 fermes laitières, selon les plus récentes données du recensement de Statistique Canada. Parmi tous les agriculteurs de la province, les producteurs laitiers occupent le second rang en matière de revenus et de coûts de production.

D’après un reportage de Katie Hartai, de CBC

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