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Des étudiants peinent à trouver un logement à la veille de la rentrée universitaire

Kevin Muyembe dans une rue du quartier Saint-Boniface à Winnipeg, le 16 août 2022.

Étudiant à l'Université de Saint-Boniface, Kevin Muyembe a décidé de réduire son nombre de cours afin de pouvoir être en mesure de travailler davantage pour payer son loyer.

Photo : Radio-Canada / Trevor Lyons

Radio-Canada

À trois semaines de la rentrée universitaire, certains étudiants peinent encore à trouver un logement à Winnipeg. Les options de logements abordables étant limitées, nombreux sont ceux qui déplorent la situation.

Étudiant en première année à l'Université de Saint-Boniface, Kevin Muyembe se voit forcer de ralentir la cadence de ses études pour pouvoir davantage travailler et ainsi avoir les moyens de se loger.

Cette session d'automne, j'ai pris trois cours. Après, on va voir comment ça va évoluer. Pendant les jours où je vais faire les études, ce sont les jours où je ne vais pas au travail, explique celui qui aspire à étudier en sciences infirmières.

M. Muyembe habite à 15 minutes de l'Université et paie 1500 $ par mois pour son loyer. Il partage les frais de logement avec sa conjointe qui occupe un emploi comme conseillère dans une banque.

En moyenne, un loyer à Winnipeg se situe à 1164 $ par mois pour un appartement d'une chambre, selon la plateforme rentals.ca. À titre comparatif, pour un logement similaire, les Vancouvérois payent environ 2500 $ et les Calgariens 1583 $. Toutefois, à Regina, un logement d'une chambre se détaille à 999 $ par mois.

Le directeur général de l'Association étudiante de l'Université de Saint-Boniface, Beydi Traore, raconte que les étudiants doivent de plus en plus s'éloigner du campus pour trouver un logement accessible à leur portefeuille. Il ajoute que les étudiants doivent aussi être en colocation.

Les étudiants ont beaucoup de difficultés à trouver des logements [où ils pourraient loger seuls], affirme-t-il. Ils m'ont beaucoup dit que le prix posait problème. Autour de Saint-Boniface et de l'université, c'est difficile de trouver du logement pour être près du campus.

Beydi Traore,  dans le quartier Saint-Boniface à Winnipeg, le 16 août 2022

Beydi Traore est le directeur général de l'Association étudiante de l'Université de Saint-Boniface.

Photo : Radio-Canada / Trevor Lyons

Les étudiants se mettent ensemble pour trouver des logements souvent à une chambre, mais c'est plus abordable pour eux, ajoute M. Traore.

Les prix du logement hors campus ont significativement augmenté au cours des derniers mois, notamment en raison de l'inflation qui frappe le pays, constate la présidente de la section manitobaine de la Fédération canadienne des étudiantes et étudiants, Marie Paule Ehoussou.

Certaines personnes en colocation nous ont rapporté que leur logement de 500 $ [coûte maintenant 750 $], indique Mme Ehoussou. Beaucoup de choses ont augmenté, les factures ont augmenté.

Elle ajoute qu'avant la pandémie, plusieurs étudiants éprouvaient également des difficultés à trouver du logement à cause de restrictions du fait qu'ils sont étudiants ou parce qu'on leur demandait des garants.

Des mesures gouvernementales demandées

Pour faire face à cette augmentation des prix, la Fédération canadienne des étudiantes et étudiants réclame notamment une intervention des gouvernements.

Il faut tout simplement mettre des lois en place qui donnent autant d'importance au logement et au bien-être des personnes de la même manière qu'ils donnent à la santé, exhorte Marie Paule Ehoussou.

Elle précise que le stress causé par la recherche de logement et la gestion serrée des dépenses des étudiants pourraient mener à des hospitalisations, en raison de crises d'anxiété.

Pendant ce temps, M. Traore rappelle que les associations étudiantes tentent de connecter les étudiants entre eux pour les aider dans leur recherche de logement.

Selon les dernières données de Statistiques Canada, les prix des loyers ne devraient pas diminuer au cours des prochains mois en raison des taux d'intérêt sur les hypothèques.

Avec les informations de Chantallya Louis et de Maad Chaara

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