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La réplique de la Grande Hermine basculait il y a 50 ans

La réplique de la Grande Hermine couchée sur le côté gauche dans l'eau du bassin du lieu historique national Cartier-Brébeuf.

La réplique de la Grande Hermine a basculé lors de sa mise à l'eau le 17 août 1972.

Photo : BanQ Québec / Jacques Du Fresne

Louis-Philippe Arsenault

La réplique de la Grande Hermine a basculé dans le bassin du parc Cartier-Brébeuf le jour de sa mise à l’eau, le 17 août 1972. Plus de peur que de mal, le navire a pu être redressé sans trop de dommage. Retour sur l’histoire de cette attraction du lieu historique national Cartier-Brébeuf.

La réplique du célèbre navire a attiré les foules en Basse-Ville de Québec il y a 50 ans. Mais à quelques jours de son inauguration, un incident a bien failli déjouer les plans de Parcs Canada. Au moment de la mettre à l’eau, les ballasts avaient été mis en place alors la pauvre réplique s’est retrouvée sur le côté, indique l’historienne Catherine Ferland.

Expo 67

Commandée par le gouvernement canadien de l’époque pour Expo 67, la réplique de la Grande Hermine est une copie inexacte du bateau qui aurait été utilisé pour les grandes explorations de Jacques Cartier.

La réplique de la Grande Hermine tirée par un remorqueur sur le fleuve Saint-Laurent à Montréal.

Arrivée de la réplique de la Grande Hermine à Montréal le 4 novembre 1966.

Photo : Fonds La Presse - BAnQ Vieux-Montréal / Jean-Yves Létourneau

À l'époque, les villes de Gaspé et de Québec se disputent le contrat de construction du navire, rappelle l’historienne Catherine Ferland. Toutes deux souhaitent pouvoir y installer la fameuse réplique sur son territoire à la suite de son séjour à Montréal. Ça ne s’est pas fait dans l’harmonie, ç'a été un processus assez acrimonieux, ça s’est rendu jusqu’à la Chambre des communes.

Après plusieurs mois de lobbying, c'est le chantier Davie de Lévis qui obtient le contrat de concevoir le navire de près de 24 mètres de long. Après une inauguration en grande pompe en octobre 1966, le bateau qui ne pouvait naviguer par lui-même se fait remorquer sur le fleuve jusqu’à Montréal. Il est alors amarré près de l’île Sainte-Hélène pour l’Exposition universelle de 1967, où il est resté plus de 3 ans.

En 1970, le navire se déplace de nouveau vers la région de Québec, mais cette fois par voie terrestre. En décembre 1971, l’imposante structure sillonne les petites rues du Vieux-Limoilou afin de se rendre à destination : le futur lieu historique national Cartier-Brébeuf.

Le navire transporté par une remorque sur roue dans la rue.
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La réplique de la Grande Hermine transportée dans les rues du quartier Vieux-Limoilou pour rejoindre le parc Cartier-Brébeuf, le 14 décembre 1971.

Photo : Photo libre de droits / Jean-Marie Brochu

Le gouvernement de l’époque souhaite créer un site historique à l'endroit approximatif où Jacques Cartier s’est rendu pour hiverner en 1535, possiblement avec la Grande Hermine. Beaucoup de fouilles archéologiques ont été menées dans ce secteur pour déterminer l’endroit exact où Jacques Cartier a hiverné, mais on ne l'a pas trouvé. On y est allé plus par déduction que par preuve archéologique, affirme Mme Ferland.

De l’admiration à la déconstruction

La réplique de la Grande Hermine amarrée au lieu historique national Cartier-Brébeuf. Au loin se trouve la Haute-Ville de Québec.

Le public pouvait visiter l'intérieur de la réplique de la Grande Hermine dans le bassin du lieu historique national Cartier-Brébeuf.

Photo : Gracieuseté : Parcs Canada

À la suite de l’inauguration du parc, la population peut admirer, mais aussi visiter l’intérieur de cette réplique. Le navire va rester dans son emplacement pendant plusieurs années, mais déjà au début des années 80 de petits signes de dégradations sur le bateau apparaissent. Différents travaux de restauration seront effectués en vue du 450e anniversaire du premier voyage de Cartier en 1984.

Avec les années, les visites se font plus rares et le parc n'attire plus autant les foules. À cette époque-là, la rivière Saint-Charles et ses méandres servent un peu de décharge publique, ce n’est pas un endroit aussi beau que maintenant, il n’y a pas de végétation et c’est bétonné, soutient Mme Ferland.

Dans les années 90, le bateau est en trop mauvais état pour rester sur l’eau. La réplique est donc installée sur la rive, pour ensuite être démolie en juin 2001. Elle est dégradée à un niveau où ce n’est plus réparable, c’est même devenu dangereux.

Souvent, il y a ces volontés politiques circonstancielles de mettre en valeur un monceau d’histoire, mais il n’y a pas les sommes pour assurer sa conservation, c’est un autre symbole malheureusement de patrimoine qu’on a laissé se dégrader, c’est bien dommage, dit l’historienne Catherine Ferland.

Le lieu historique Cartier-Brébeuf soulignera son 50e anniversaire en septembre prochain.

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