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Une première année au Sénat pour Michèle Audette

La nouvelle sénatrice dit avoir vécu une année haute en émotions et en expériences.

Portrait de la femme qui sourit.

La sénatrice Michèle Audette (archives)

Photo : Radio-Canada / Alexandre Milette-Gagnon

Maria-Louise Nanipou

Dès son jeune âge, Michèle Audette souhaitait accéder au Sénat du Canada. Elle considérait le Sénat comme un lieu pour les personnes qui possédaient une certaine sagesse, comme une Nukum ou grand-mère en langue innue, et un grand-père, Nemushum en langue innue. De fil en aiguille, elle s’est tracé un chemin jusqu’à atteindre son but il y a un an.

Au Sénat, il faut beaucoup de patience et d'amour, car c'est de la pédagogie au quotidien, explique d’entrée de jeu Michèle Audette : Cela exige du courage pour aller à l'intérieur d’un espace où l'on a tout fait pour que l’on n’existe plus à partir de lois et de projets de loi.

Le Sénat, par ailleurs, n’est pas un espace naturel pour Mme Audette, mais poursuivre la lutte menée par sa mère et celle de plusieurs femmes autochtones à travers le Canada prend tout son sens pour cette femme d’esprit et de cœur.

Une sénatrice autochtone et le président du Sénat du Canada.

Le président du Sénat du Canada, George Furey, et Michèle Audette (archives)

Photo : Facebook/Michèle Audette

De présidente des Femmes autochtones du Québec à ex-commissaire de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, en passant par le Secrétariat à la condition féminine du Québec, Michèle Audette a multiplié les rôles clés dans la transformation des rapports entre les peuples autochtones et la société québécoise et canadienne.

Pour cette Innue-Québécoise originaire de Uashat mak Mani-utenam, il est important de mettre de l’avant les enjeux, souvent peu connus, qui touchent les Premières Nations, les Métis et les Inuit.

« Au Sénat, j'ai avancé contre mes valeurs et adhéré à de nouvelles valeurs. »

— Une citation de  Michèle Audette, sénatrice

Le Sénat est un espace rigide, créé sans les Autochtones. Ils n'étaient pas considérés, consultés ou impliqués dans cette soi-disant "démocratie".

Une éducation à la fois populaire et organisée

Lorsque l’on prend une décision au Sénat, il est important de développer des réflexes et, dès le début, de se poser des questions essentielles, explique Michèle Audette.

Par exemple, est-ce qu'il y a des impacts positifs ou négatifs sur une nation ou sur plusieurs nations? Ça, c'est clair dans ma tête et dans mon cœur et ce n’est plus seulement valable pour la Loi sur les Indiens, souligne-t-elle, en citant les changements climatiques, l'environnement, l’économie sociale, l’éducation, etc.

Nous travaillons à tous les niveaux, toutes les sphères de la société, précise-t-elle. Lorsque les sujets passent au Sénat, elle demande à ses collègues : Avons-nous coconstruit, réfléchi ou débattu avec des Autochtones?

Ses collègues savent que, lorsqu’ils réfléchissent à un projet de loi ou de société, ils doivent en parler avec la sénatrice Michèle Audette et échanger également avec les autres sénateurs autochtones de différentes provinces.

« J'ai toujours eu le désir de faire connaître nos perles rares ou précieuses parce que les gens n'ont pas le réflexe d’aller chercher ce qui se passe dans nos communautés. »

— Une citation de  Michèle Audette, sénatrice
Les trois femmes autochtones réunies.

La sénatrice Michèle Audette en compagnie de sa mère Evelyne St-Onge (à gauche)

Photo : Facebook/Michèle Audette

Depuis son accession au Sénat, Michèle Audette s’est fait un devoir de faire rayonner des femmes autochtones occupant divers postes dans les différentes communautés autochtones et en milieu urbain au Canada. Des femmes qui ont fait écho à quelque chose en moi, qui m'ont appris à voir différemment et ainsi qui ont contribué à mes réalisations et que j’ai présentées, comme la fabrication d’un capteur de rêves, cite-t-elle en exemple.

Avoir le droit d’être bien et apprivoiser les difficultés

En 2013, je me suis autorisé un nouveau départ ainsi qu'un contrat pour la vie, ceci pendant une grosse dépression et un mal de vivre, révèle la sénatrice.

Puis en 2014, elle est montée dans le territoire de ses ancêtres, le Mushuau-nipi, c'était son anniversaire. Elle a ressenti son identité culturelle et la femme innue vibrer en elle.

Je souhaite ajouter un brin d'énergie et d'amour au Sénat, "d’Innustyle", dit-elle en riant. Elle parle aussi d’un deuxième regard empreint d'une certaine sagesse.

Quatre femmes en canot.

Michèle Audette (en bas à droite), de passage à Mushuau-nipi (archives)

Photo : Facebook/Michèle Audette

La sénatrice a d’ailleurs soufflé à l'oreille de Carol Dubé, le mari de Joyce Echaquan : Je vais peut-être sembler loin de toi, mais dans cet espace-là, je vais travailler afin que le principe de Joyce soit honoré par le gouvernement fédéral.

Elle invite maintenant les Autochtones des différentes nations à l’accompagner, à échanger et à déposer de leur énergie dans cet « espace colonial » qu'elle transforme à coup d'amour, mais aussi avec son humour.

Ottawa, c’est ton chez-vous à toi aussi. Je vais t’accueillir comme si tu rentrais dans un shaputuan [tente autochtone], lance-t-elle aux Autochtones du Canada.

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