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L’Alberta dévoile sa vision d’une police provinciale

Voiture de police

Aucune décision officielle pour avoir une police provinciale en Alberta n'a encore été prise.

Photo : Getty Images / Viorel Margineanu

Le gouvernement albertain franchit une nouvelle étape dans sa mission d’un jour établir une police provinciale. Il a dévoilé mardi sa proposition de modèle de gouvernance dans lequel les services policiers seraient décentralisés des grandes villes en faveur des régions rurales.

Le plan augmenterait la présence policière en milieu rural avec 65 à 85 détachements de police communautaire. Chacun de ces détachements intégrerait au minimum 10 agents de police.

Ces endroits seraient principalement fournis en agents « de première ligne ». Les services plus spécialisés résideraient dans plus d’une vingtaine de détachements en noyau de services. Trois centres régionaux, au sud, centre et nord de la province, engloberaient le tout.

Le gouvernement assure que cette méthode permettrait d’ajouter 275 policiers dans 42 des plus petits détachements de police.

Cette façon de déployer les ressources permettrait également d’équilibrer les services spécialisés de la police, comme les unités canines ou d’intervention tactique, entre les grands centres urbains et les régions rurales de l’Alberta, selon le ministre de la Justice, Tyler Shandro.

La création d’une police provinciale impliquerait un retrait de la Gendarmerie royale canadienne (GRC). Par contre, la GRC garderait une présence en Alberta, notamment « pour le cyberterrorisme ou la traite de personne [...] elle sera toujours ici pour remplir sa principale fonction », a cité en exemple Tyler Shandro.

Le développement de ce dossier reste cependant en suspens : aucune décision à ce sujet n’a encore été prise a insisté le ministre. Le choix d’aller de l’avant ou non avec une police provinciale pourrait tomber entre les mains du prochain gouvernement, a-t-il ajouté.

Le directeur des Prairies de la Fédération de la police nationale, Kevin Halwa, souligne son incompréhension face à cette ébauche de la province : « D’où viennent tous ces nouveaux agents de police? »

Il précise que les dernières données provinciales prévoient qu'environ 15 % des agents déjà en service feraient la transition vers le service de police provinciale. Il se doute que le gouvernement parviendra alors à pourvoir tous les postes liés à cette police, « à un moment où le recrutement pour la GRC et tous les services de police [...] est à un creux historique. »

Le plan du gouvernement est donc irréalisable, selon lui. Pour être honnête, je n’y crois tout simplement pas.

Les municipalités craignent une facture salée

Tyler Shandro a été évasif au sujet du financement d’un tel projet. Tout débat au sujet du coût est une distraction, a-t-il assuré.

« Les coûts sont les plus importants », rétorque toutefois le président de l'Association des municipalités rurales de l'Alberta (RMA), Paul McLauchlin.

La façon dont l’Alberta parviendrait à financer ce pivot vers une police provinciale le laisse perplexe. D’autant plus que la province laisserait 170 millions de dollars sur la table en subvention fédérale si elle décide de créer sa propre police, explique-t-il.

Une autre crainte persiste également : celle de voir les municipalités obligées de payer une partie de la facture, souligne une des organisations représentant des municipalités albertaines.

Les municipalités ne devraient pas assumer n’importe quel coût associé avec l’intégration et la transition vers une police provinciale, fait savoir Alberta Municipalities dans un communiqué.

« Le Québec et l’Ontario ont tous les deux leur propre service de police et leurs provinces ne se sont pas effondrées. »

— Une citation de  Tyler Shandro, ministre de la Justice

Paul McLauchlin préférait voir le gouvernement provincial mettre son argent, et ses efforts, ailleurs afin d’assurer la sécurité dans les régions rurales.

« Ce que disent nos membres [est que] nous utilisons la GRC existante et ces ressources excédentaires supposément disponibles pour s’attaquer à la racine du crime : la dépendance, la pauvreté [et] la santé mentale ».

Une police bilingue?

Le ministre de la Justice Tyler Shandro n’a pas confirmé si la police provinciale allait offrir des services en français.

Nous avons rencontré les communautés francophones de l’Alberta [....] afin d’obtenir leur rétroaction sur la façon qu’on peut continuer de fournir nos services dans les deux langues [officielles] , a-t-il néanmoins déclaré.

La création d’une police albertaine avait semé le doute pour l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA) et le commissaire aux langues officielles en mars dernier. Il avait souligné qu’une police provinciale ne serait pas soumise à la Loi sur les langues officielles, contrairement à la Gendarmerie royale du Canada.

L’ACFA avait alors recommandé à la province de maintenir les services en français offerts par la GRC dans un rapport publié le même mois.

Selon le rapport, sur les 113 détachements de la GRC en Alberta, un peu plus du quart offre des services en français.  Ils se trouvent notamment à Airdrie, Bonnyville, Canmore, Chestermere, Cold Lake, Elk Point, Fort Chipewyan, Fort McMurray, Grande Prairie, Jasper, Lac La Biche, McLennan, Red Deer, Saint-Albert et Saint-Paul.

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