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L’Ouest canadien sous la menace d’une vague de chaleur

Un garçon et une fille se trempent la tête dans une fontaine pour se rafraichir.

Le mercure devrait monter à plus de 30 degrés, et ce, jusqu'à la fn du week-end (archives).

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Radio-Canada

L’Alberta, la Colombie-Britannique et la Saskatchewan se préparent à un temps chaud cette semaine, avec le mercure qui devrait dépasser les 30 °C par endroits et donner lieu à des avertissements de chaleur qui pourraient même concerner la vallée du Mackenzie, dans les Territoires du Nord-Ouest.

Le temps chaud devrait durer au moins jusqu’en fin de la semaine.

Météorologue à Environnement Canada, Kyle Fougere explique cette situation par une haute pression et de la chaleur à l'ouest, pendant que l’est du pays se trouve dans une situation de basse pression.

Sous l’effet de cette haute pression, les températures ont plus de chance de devenir de plus en plus chaudes, car la chaleur s'accumule jour après jour tandis que l'air descend, explique-t-il.

Dans la limite du normal

Cette canicule annoncée fait resurgir, surtout en Colombie-Britannique, le souvenir douloureux du dôme de chaleur sans précédent qui a entraîné la mort de 619 personnes dans la province en 2021.

Kyle Fougere reconnaît qu’il est normal que ce souvenir refasse surface, à cause notamment de tous les impacts, des vies perdues et de tous les records de chaleur établis. Mais, rassure-t-il, la vague de chaleur comme celle annoncée cette semaine est dans l’ordre du normal, même si elle peut battre des records dans certaines régions, sauf en Alberta.

« Une crête de haute pression qui se déplace sur l'Ouest canadien pendant plusieurs jours avec des températures d'au moins 30 °C est chose courante. »

— Une citation de  Kyle Fougere, Environnement Canada
Carte montrant les régions concernées par la hausse des températures dans l'Ouest canadien (août 2022).
Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les températures devraient dépasser 30 degrés Celsius cette semaine dans une grande partie de l'ouest et du nord du Canada.

Photo : Climate Change Institute, University of Maine)

Le spécialiste note que si cette saison estivale a été un peu inhabituelle, c’est parce qu’elle a commencé par un temps frais, surtout en Alberta. Or, constate-t-il, depuis la mi-juillet, le thermomètre a commencé à remonter, ce qui fait que nous vivons une seconde moitié de l'été très différente.

Il ajoute que, en ce qui a trait au mois d’août, les températures de 30 °C sont les plus courantes.

Par ailleurs, selon le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), les situations de chaleur extrêmes vont devenir de plus en plus fréquentes dans le monde.

L’organe des Nations unies, qui a pointé dans un de ses rapports l’augmentation des épisodes de chaleur depuis le milieu du 20e siècle, a également averti que cette tendance se poursuivrait, et probablement avec plus d’intensité dans la plupart des régions du globe.

Risque d’incendie de niveau variable

Les prévisions de vague de chaleur font craindre des incendies, car elles en augmentent le risque, en plus de les rendre plus difficiles à contrôler. Si un incendie se déclare, il va brûler très rapidement et se propager très rapidement, car il fait si chaud et si sec, et il n'y a pas d'humidité résiduelle dans l'atmosphère ou sur le sol pour aider à atténuer la propagation, dit Derrick Forsythe, un agent d'information d'Alberta Wildfire.

Une carte des risques de feu de forêt au Canada, le 15 août 2022,
Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le risque d'incendie demeure élevé à extrême dans le sud de la Colombie-Britannique, en Alberta et en Saskatchewan, tandis qu'il est légèrement inférieur au nord.

Photo : Ressources naturelles Canada

Cette semaine, le niveau de risque de feux de forêt est évalué à élevé à extrême dans le sud des Prairies et dans une grande partie de la Colombie-Britannique. Il est jugé modéré dans une grande partie du nord de l'Alberta et de la Saskatchewan, et élevé dans les Territoires du Nord-Ouest.

À ce jour de la saison, la Saskatchewan a connu 325 incendies, ce qui correspond à la moyenne quinquennale. L'Alberta en a connu 819, tandis que le Manitoba en signale 125.

Derrick Forsythe affirme que même s'il y a eu moins d'incendies jusqu'à présent cette année par rapport à 2021, la superficie brûlée est plus grande. À la même période de l'an dernier, 1123 incendies de forêt ont brûlé 53 920 hectares en Alberta. Cette année, les 819 incendies de forêt ont ravagé 107 517 hectares.

D’un extrême à un autre

Kyle Fougere rappelle par ailleurs que des vagues de chaleur comme celle annoncée cette semaine peuvent souvent être suivies d'autres situations extrêmes, à savoir de violentes tempêtes qui, à leur tour, peuvent engendrer des inondations, surtout lorsque le sol est extrêmement sec.

Professeur de sciences du sol à l'Université de l'Alberta, Myles Dyck affirme à ce sujet que lors d'une sécheresse extrême, les sols plus secs peuvent devenir résistants à l'absorption d'eau.

Il juge toutefois assez faible l’éventualité que ce phénomène survienne dans le sillage de la vague de chaleur annoncée en Alberta et dans les deux autres provinces de l’Ouest canadien.

Avec les informations de Christy Climenhaga

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