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Tuerie en N.-É. : un ex-juge craint l’impact de conseils donnés à certains témoins

Deux véhicules de la GRC stationnés près d'une intersection pour bloquer la route.

La GRC bloque la route à Portapique durant la chasse à l'homme pour retrouver le tireur qui avait fait plusieurs victimes, le 19 avril 2020 en Nouvelle-Écosse.

Photo : Reuters / John Morris

La Presse canadienne

Un ancien juge de la Cour suprême du Canada travaillant à l'enquête sur la fusillade de masse de 2020 en Nouvelle-Écosse dit craindre que le ministère fédéral de la Justice n'ait découragé des témoins de fournir des preuves pertinentes.

Dans une lettre du 5 août au ministère, Thomas Cromwell a cité les conseils que le ministère a donnés au surintendant en chef de la GRC de la Nouvelle-Écosse, Chris Leather, avant son témoignage devant la commission d'enquête, le 28 juillet.

M. Cromwell a déclaré qu'il était profondément préoccupé par l'affirmation de M. Leather selon laquelle il lui avait été conseillé d'être simplement réactif plutôt que proactif, une approche qui, selon l'ancien juge de la Cour suprême, empêchera la commission de remplir son mandat.

Thomas Cromwell.

Thomas Cromwell, un ancien juge de la Cour suprême du Canada, a exprimé ses préoccupations dans une lettre au ministère de la Justice.

Photo : Philippe Landreville/Supreme Court of Canada Collection

M. Leather a témoigné que, lors d'une entrevue antérieure avec des avocats de la commission, il n'avait rien dit au sujet des courriels ou des appels téléphoniques liés à une réunion du 28 avril 2020 à laquelle il avait assisté avec la commissaire de la GRC, Brenda Lucki, parce que les avocats du ministère de la Justice lui avaient suggéré de prendre une posture réactive.

Il a dit qu'il lui avait été conseillé de ne pas divulguer de manière proactive la conversation avec Mme Lucki ou les courriels ayant précédé la réunion.

La téléconférence du 28 avril, dirigée par Mme Lucki, s'est concentrée sur l'efficacité des conférences de presse de la GRC en Nouvelle-Écosse dans les jours après l'événement, lorsqu'un homme vêtu comme un agent de la GRC eut tué par balle 22 personnes, les 18 et 19 avril 2020.

Des notes de réunion prises par un autre responsable de haut rang de la GRC en Nouvelle-Écosse, le surintendant Darren Campbell, affirment que Mme Lucki a déclaré qu'elle avait promis au ministre de la Sécurité publique de l'époque, Bill Blair, que la GRC divulguerait des détails sur les armes du tueur pour donner du poids à la législation en cours sur le contrôle des armes à feu du gouvernement libéral.

Cette affirmation explosive a suscité des allégations d'ingérence politique dans une enquête policière, qui ont fait l'objet d'une enquête d'une commission parlementaire.

Dans une lettre répondant aux préoccupations de M. Cromwell, le ministère de la Justice a déclaré que ses avocats n'avaient pas découragé M. Leather d'être proactif, et affirmé que ses commentaires sur ce qu'on lui avait dit ne peuvent être que le résultat d'un malentendu.

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