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Tuerie en N.-É. : deux agents témoignent des pressions de la commissaire Lucki

Les deux agents se regardent.

Le surintendant en chef de la GRC, Darren Campbell, s'entretient avec la directrice de l'unité des communications stratégiques, Lia Scanlan, en attendant de comparaître devant le comité des Communes le 16 août 2022 à Ottawa. Le comité examine les allégations d'ingérence politique dans l'enquête sur la tuerie de 2020 en Nouvelle-Écosse.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Les membres du Comité permanent de la sécurité publique et nationale ont questionné d’autres témoins mardi dans le cadre de l’enquête pour déterminer s'il y a eu ingérence politique dans l’enquête sur la tuerie en Nouvelle-Écosse en 2020.

Des agents de la GRC ont une fois de plus soulevé le problème avec des preuves écrites à l'appui.

Lors de la dernière réunion du comité, la commissaire de la GRC Brenda Lucki avait une fois de plus nié toute ingérence politique de sa part.

Cette fois, c'était au tour du sous-ministre à la justice et sous-procureur général du Canada François Daigle de témoigner qu’il n’avait pas été témoin d’ingérence politique dans l’enquête de la GRC.

S’il y avait eu ingérence politique, j'en aurais parlé [au ministre], a dit François Daigle.

Le comité a voulu savoir pourquoi tous les documents demandés par la Commission des pertes massives n’avaient pas été remis en même temps et pourquoi la commission n’avait pas été informée que 35 pages de documents avaient été retenues pour être examinées de plus près afin de s’assurer d’enlever toute information personnelle.

François Daigle écoute les questions des membres du Comité.

Le sous-ministre de la justice et sous-procureur général du Canada, François Daigle, a témoigné devant les membres du Comité permanent de la sécurité publique et nationale, le 16 août 2022.

Photo : Radio-Canada

François Daigle a reconnu qu’il y avait eu erreur de communication.

Oui, nous aurions dû informer la commission que nous avions retiré des documents à [des] fins d’examen, a-t-il admis. Mais nous avions toujours l’intention de les soumettre.

Le sous-ministre de la Justice a expliqué que le processus d’évaluation des lettres manuscrites pouvait être plus long, que le travail était réalisé par une équipe d'avocats et que le ministre n’avait rien à voir là-dedans.

« Le ministre n’était pas impliqué ou concerné par l'examen des documents à remettre à la commission. »

— Une citation de  François Daigle, sous-ministre de la justice et sous-procureur général du Canada

Ces déclarations n’ont pas convaincu le député conservateur de la circonscription de Cumberland—Colchester, Stephen Ellis, qui est membre du comité des Communes.

Nous n’avons aucune garantie à donner aux familles des victimes que tous les documents seront produits à la commission, a-t-il déploré.

Il a ajouté que les familles des victimes et les citoyens de sa circonscription ont déjà bien peu confiance dans la commission.

Le comité examine les allégations d'ingérence politique dans l'enquête sur le meurtre de masse en Nouvelle-Écosse en 2020.

La commissaire de la GRC, Brenda Lucki, comparaît comme témoin devant le Comité permanent de la sécurité publique et nationale sur la colline du Parlement à Ottawa, le lundi 25 juillet 2022.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

L'agent Darren Campbell et d’autres membres de la GRC, dont l’agente des communications Lia Scanlan, ont aussi été appelés à témoigner, mardi.

Darren Campbell a longuement été questionné sur les notes qu’il avait prises lors de la réunion du 28 avril 2020, au cours de laquelle il a affirmé que Brenda Lucki avait fait pression pour que les informations sur les armes utilisées lors de la tuerie soient divulguées, malgré les conséquences que ça pouvait avoir sur l'enquête.

À ce moment-là, les enquêteurs tentaient de déterminer si le tueur avait des complices.

Je crois que la commissaire croyait que c'était plus important de divulguer cette information, a-t-il dit.

Il a aussi dit que sa décision était en lien avec le dépôt du projet de loi sur le contrôle des armes à feu du gouvernement libéral.

Je m’inquiétais à l’époque de cette réunion, donc j’ai pris des notes, a dit Darren Campbell. Il a aussi admis qu’il savait que ces notes seraient publiques et qu’elles pourraient finir par faire surface dans la sphère publique.

Moi aussi, j’ai pris des notes lors de cette réunion, a déclaré l’agente de la GRC aux communications Lia Scanlan.

Lia Scanlan lors de son témoignage devant le Comité permanent de la sécurité publique et nationale.

Lia Scanlan est directrice stratégique de l'unité des communications de la GRC. Dans son témoignage devant le comité parlementaire, elle est venue appuyer son collègue Darren Campbell et ses craintes d'ingérence politique dans l'enquête de la tuerie de 2020 en Nouvelle-Écosse.

Photo : Radio-Canada

À l'issue de cette rencontre, ce que j’ai déduit, c’est que [pour la commissaire] les risques [de divulguer de l'information sur l’enquête] ne semblaient pas importants, a affirmé l’agente.

Elle a confié qu'à son avis la commissaire Brenda Lucki agissait en pleine connaissance de cause.

Elle croit que le système doit être repensé pour faire en sorte que la GRC reste complètement indépendante du gouvernement.

Elle convient que le gouvernement doit être informé par l'entremise de la commissaire, mais à son avis il faut redoubler d'ardeur pour ne pas brouiller les cartes.

Les mots doivent être soigneusement examinés, et s'ils sont vagues, il faut être plus précis pour ne plus jamais se retrouver dans une situation comme aujourd'hui, a-t-elle dit.

Les députés conservateurs membres du comité souhaitent appeler d'autres témoins pour tenter de savoir qui serait à l'origine des possibles pressions exercées par la commissaire Lucki et de sa décision de divulguer certaines informations confidentielles à l'extérieur des forces de la GRC.

Une rencontre du comité est prévue en septembre pour débattre de la pertinence d'obtenir des témoignages supplémentaires dans cette enquête.

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