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Des villes ontariennes réalisent d’énormes profits en revendant les matières recyclables

Des sacs bleus remplis de matières recyclables, sur un trottoir.

La hausse du prix de certains matériaux favorise des municipalités qui partagent les revenus en provenance de la vente de matières recyclables.

Photo : CBC/Heather Barrett

Les villes de North Bay et du Grand Sudbury, dans le Nord de l'Ontario, ont dégagé des profits considérables dans les derniers mois grâce à la vente de certaines matières recyclables, en raison d’une hausse du prix des matériaux.

C’est un service que nous voulons offrir à la communauté, et nous ne nous attendons pas à faire de l’argent, fait remarquer le conseiller municipal de North Bay, Chris Mayne.

M. Mayne est le président du comité des infrastructures, qui s'occupe entre autres de la gestion du recyclage.

C’est comme le ramassage des déchets et le transport en commun, poursuit-il. C’est plutôt perçu comme des activités déficitaires, même s’il y a des revenus qui sont générés.

« C’est une agréable surprise, carrément du jamais-vu pour nous, de faire des profits. »

— Une citation de  Chris Mayne, conseiller municipal de North Bay

Ces surplus sont utilisés pour aider à compenser le coût de la prestation des services.

Le volume de matières recyclables collectées à North Bay a augmenté de 30 %, selon des données pour les 6 premiers mois de 2022.

Cette hausse, combinée à l’augmentation du prix des matières premières, a généré des recettes de 541 162 $ pour la période de janvier à juin, soit 205 522 $ de plus que pour la même période en 2021.

Jusqu’à maintenant cette année, le revenu moyen pour chaque tonne de matière recyclable est de 334 $, comparativement à 266 $ en 2021 et à 124 $ en 2020.

Le conseiller municipal Chris Mayne précise que ce sont principalement le papier, le métal et le plastique qui se vendent le plus cher. Le marché du verre reste à peine au seuil de rentabilité ou entraîne des pertes [pour la Ville].

Bouteilles sur les tablettes d'une succursale de la LCBO.

Chris Mayne encourage les gens à retourner les bouteilles de vin ou de bière là où ils les ont achetées plutôt que de les mettre au recyclage, afin de réduire les coûts pour la Municipalité.

Photo : La Presse canadienne / Aaron Harris

La hausse du prix du pétrole, qui sert entre autres à la fabrication de plastique, peut expliquer la hausse de la demande de plastique recyclé, selon Ken Friesen, directeur général de l’Association canadienne du recyclage des contenants de boisson.

Il note que, pour certains types de plastique et de métaux, les prix sont à un niveau jamais atteint depuis au moins 20 ans.

Nous sommes certainement dans une situation sans précédent, affirme M. Friesen. La COVID-19 a eu un impact sur les chaînes d’approvisionnement dans plusieurs industries.

Beaucoup de fluctuations

Dans le Grand Sudbury, Nataly Whissell, directrice du service de collecte des déchets et du recyclage, observe surtout une augmentation du côté du carton et du métal.

Elle s'attend à des revenus de 2,2 M$ provenant du recyclage pour l’année 2022.

Mme Whissell précise que le Grand Sudbury arrivait déjà avant la pandémie à dégager des profits grâce à la vente de matières recyclables.

Elle note que les prix pourraient soudainement redescendre, selon la demande des différents matériaux.

C’est aussi ce qu’observe Ève Bourgeois, chercheuse postdoctorale à l’École nationale d’administration publique, à Montréal.

Ève Bourgeois, souriante, regarde fixement la caméra.

Ève Bourgeois, a étudié au Département de sciences politiques et à l'École de l'environnement de l'Université de Toronto.

Photo : Fournie par Eve-Bourgeois

J’aimerais remettre ça dans le contexte où il y a eu une baisse très importante des prix dans les dernières années, affirme-t-elle d’entrée de jeu.

« Là, on voit une remontée, mais est-ce que c’est une hausse ou une stabilisation? Il faut garder ça en tête lorsqu’on analyse la situation. »

— Une citation de  Ève Bourgeois, chercheuse postdoctorale à l’École nationale d’administration publique

Elle rappelle que la Chine a cessé il y a quelques années l’importation de certaines matières recyclables, car elles étaient trop contaminées.

C’est sûr que la hausse des prix va être intéressante pour les municipalités, qui ont subi dans les dernières années des coûts beaucoup plus importants pour la gestion des matières résiduelles.

Je ne peux pas me prononcer à savoir si la hausse va continuer ou se stabiliser, admet la chercheuse.

La réduction des déchets favorise les profits

Plusieurs villes comme North Bay et le Grand Sudbury ont limité dans les dernières années le nombre de sacs de déchets qui peuvent être jetés.

M. Mayne estime que cela a contribué à faire augmenter la quantité de matières recyclées par les résidents.

À Sudbury, Mme Whissell est d'avis que la diminution de déchets à gérer diminue les dépenses de la Ville et aide à rentabiliser le service.

La chercheuse Ève Bourgeois souligne que ces mesures allongent la durée de vie des sites d’enfouissement, ce qui permet aux municipalités de faire des économies à long terme.

Elle ajoute que les villes ont tout intérêt à encourager leurs résidents à trier correctement les matières résiduelles, étant donné que le recyclage est une source de revenus potentielle.

Avec les informations de Francis Beaudry

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