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ArchivesLes pilotes du Saint-Laurent : mener les navires à bon port

Paquebot qui avance sur le fleuve Saint-Laurent.

Les pilotes du St-Laurent accompagnent tous les navires qui pénètrent dans le fleuve Saint-Laurent.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le fleuve Saint-Laurent est un cours d’eau imprévisible et difficilement navigable. Au pays, la loi oblige les capitaines à faire appel à des pilotes lorsque leurs navires pénètrent dans la voie maritime. Nos journalistes se sont intéressés au métier de pilote du Saint-Laurent, dont l’origine remonterait aux premiers explorateurs.

Naviguer sur le fleuve et dans le golfe du Saint-Laurent n’est pas chose facile, les conditions météorologiques sont changeantes, les courants sont parfois imprévisibles et la présence de hauts fonds y est importante.

Selon le poids du navire et le type de cargaison, la loi canadienne oblige le capitaine à faire appel à un pilote.

Les pilotes se partagent le fleuve en trois zones : entre Les Escoumins et Québec, entre Québec et Trois-Rivières et entre Trois-Rivières et Montréal.

Dès 1860, les pilotes du Saint-Laurent s’organisent en corporation.

Le rôle du pilote consiste à assister le capitaine du navire pour se rendre à bon port. Ensemble, ils font équipe, le capitaine connaît son bateau et le pilote connaît les spécificités du fleuve Saint-Laurent. Lorsqu’un navire étranger arrive à la hauteur des Escoumins, un pilote embarque à bord pour fournir son expertise.

Dès qu’il a franchi la passerelle du navire, le capitaine l’accueille comme un personnage de marque. C’est du pilote que dépendra pour quelques heures la sécurité du navire dans les eaux du Saint-Laurent. Le capitaine est toujours maître à bord, mais il a délégué temporairement son autorité au pilote.

Une citation de Pierre Chouinard, journaliste 1963

Le 5 mai 1963, à l’émission Orientation, le journaliste Pierre Chouinard s’intéresse aux métiers du transport, et plus spécifiquement à celui de pilote.

Le journaliste Pierre Chouinard rencontre Camilien Labranche, qui compte 27 ans d’expérience à titre de pilote sur le Saint-Laurent.

Orientation, 5 mai 1963

Comme le mentionne le journaliste, le pilote a de grandes responsabilités face à la cargaison qu’il transporte et au navire lui-même qui vaut plusieurs millions de dollars.

Le pilote ne prend pas la barre du navire, mais il donne au timonier des ordres précis. Camilien Labranche affirme que, vu la dangerosité du Saint-Laurent, les capitaines sont absolument convaincus de la nécessité du pilotage.

Les pilotes du Saint-Laurent, 15 juin 1978

Le 15 juin 1978, lors d’une émission consacrée aux pilotes du Saint-Laurent, Louis Thiboutot s’entretient avec Augustin Dionne.

Augustin Dionne a commencé à naviguer très jeune en 1926 sans radar ni machine à sonder, il pilotait alors le Fleurus, de l’île d’Anticosti à Québec.

Il commence véritablement son métier de pilote en 1947. À cette époque, sur le Saint-Laurent, il ne se fait pas de navigation d’hiver. Ce n’est qu’en février 1959 que les navires commencent à naviguer sur le fleuve durant la saison froide.

Pour Augustin Dionne, les pires ennemis du pilote sont la température, la brume et la glace. Le pilote d’expérience estime que les points les plus dangereux sont à l’entrée du Saguenay, où les courants sont très forts et où l’on retrouve beaucoup de récifs, et entre l’Isle-aux-Coudres et Saint-Joseph-de-la-Rive, où les courants sont particulièrement intenses.

Aujourd’hui, j’ai un bateau canadien, demain je peux en avoir un indien, un russe, c’est ça qui est le plaisir de la chose. [...] Et dans toutes sortes de conditions.

Une citation de Roger Gaudreault, pilote 2009

Dans ce reportage de l’émission C’est ça la vie du 26 février 2009, Normand Latour observe des pilotes à l’œuvre.

Le pilote Louis Tellier explique au journaliste que plusieurs technologies l’aident aujourd’hui dans son travail, comme les cartes virtuelles, qui sont un ajout au radar et permettent de confirmer la position du navire.

En 2005, La corporation des pilotes du Bas-Saint-Laurent se dote d'un simulateur de navigation dernier cri. Acheté de la compagnie norvégienne Kongsberg au coût de 1,35 million de dollars, il permet aux pilotes d'apprendre à maîtriser des situations d'urgence.

Découverte, 19 mars 2006

Le 19 mars 2006, Claude D’Astous de l’émission Découverte présente un reportage sur cet engin qui simule la navigation avec une stupéfiante réalité.

On va pouvoir simuler des situations auxquelles on a rarement accès à bord d’un navire, mais qui peuvent nous arriver, des situations d’urgence, des bris d’engin, des bris de radar.

Une citation de Benoit Nayet, Corporation des pilotes du Bas-Saint-Laurent 2006

Les pilotes doivent se sentir à l’aise sur tous les types de navires, car chacun a ses instruments particuliers. L’outil de formation permet de choisir parmi des dizaines de bateaux.

Le simulateur offre une vision à 330 degrés. Des exercices sont préparés pour simuler des situations périlleuses où le pilote doit faire face à toutes les conditions.

Le fleuve Saint-Laurent y est reproduit avec ses côtes, ses fonds marins et ses courants. Dans la timonerie, on entend même les moteurs et le vent qui souffle.

110 millions de tonnes de marchandises circulent sur le fleuve Saint-Laurent annuellement.

Ce qui ressort de tous les reportages sur ces experts pour qui le fleuve n’a plus de secrets, c’est la passion pour leur métier. Chacun des pilotes rencontrés au fil des ans a vu arriver l’heure de la retraite avec un pincement au cœur.

Si le fleuve Saint-Laurent est l’un des endroits les plus risqués au monde pour la navigation, il demeure, grâce à l’expertise des pilotes québécois, un des fleuves où l’on recense le moins d’incidents.

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