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Surdoses : 1095 décès entre janvier et juin en Colombie-Britannique

Une rose accrochée à un arbre en mémoire des victimes de la crise des opioïdes à Vancouver.

Le nombre de décès dus à une surdose de drogues illicites continue à battre des records en Colombie-Britannique.

Photo : Ben Nelms / CBC

Radio-Canada

La Colombie-Britannique déplore 1095 décès dus à des surdoses de drogues illicites de janvier à juin 2022, selon des données préliminaires du Service des coroners, un nouveau record.

Autrement dit, cela signifie six morts par jour en moyenne.

En juin 2022, 146 personnes ont fait une surdose mortelle, un nombre en baisse par rapport au mois de mai, durant lequel on a compté 195 victimes, et par rapport au mois de juin 2021, où il y a eu 175 décès.

Cependant, le nombre de personnes qui ont succombé à une surdose en six mois n’a jamais été aussi élevé.

« L’augmentation constante de la toxicité de la drogue sur le marché noir fait des ravages dans nos communautés à travers la province. »

— Une citation de  Lisa Lapointe, coroner en chef de la Colombie-Britannique

Plus de 10 000 personnes ont perdu la vie en raison de cette crise depuis la déclaration de l’état d’urgence sanitaire, en 2016, si on prend en compte les décès du mois de juillet. Le décompte complet n’a cependant pas encore été finalisé, a indiqué Lisa Lapointe en conférence de presse mardi.

Le fentanyl est présent dans 83 % des cas de surdoses mortelles en 2022. La présence de benzodiazépines, des anxiolytiques, a été détectée dans un tiers des échantillons ayant fait l’objet de tests toxicologiques.

Une toxicité en hausse

Il y a six ans, dans cette province, près de 1000 personnes sont mortes d’une surdose de drogue illicite en un an, a affirmé le conseiller en toxicomanie à la régie de santé Vancouver Coastal, Guy Felicella, au point de presse. Aujourd’hui, le même nombre de personnes sont mortes en deux fois moins de temps.

« Je suis vraiment en colère parce que la seule chose qui a réellement changé est que la drogue sur le marché se détériore de plus en plus. Elle est devenue plus dangereuse et plus imprévisible. Nous n'en faisons pas assez, et cela tue des gens. »

— Une citation de  Guy Felicella, conseiller en toxicomanie, Vancouver Coastal

Le conseiller en toxicomanie a a nouveau demandé au gouvernement d'autoriser un approvisionnement légal en drogues sécuritaires, une demande que la coroner en chef a déjà faite à plusieurs reprises. Des projets pilotes existent dans la province, mais ce n'est pas suffisant, dit-il.

Décriminalisation à venir

La possession de petites quantités de drogue sera décriminalisée en janvier 2023 en Colombie-Britannique, une mesure qui contribuera, selon les gouvernements fédéral et provincial, à réduire la stigmatisation des toxicomanes, un obstacle important dans la recherche d’aide.

La ministre provinciale de la Santé mentale et des Dépendances, Sheila Malcolmson, affirme dans un communiqué que le gouvernement a augmenté le nombre de lits disponibles pour le traitement de la toxicomanie au cours des six derniers mois.

Elle souligne aussi que trois nouveaux centres de soutien pour les jeunes aux prises avec des problèmes de santé mentale et de dépendance ont été ouverts depuis le début de l’année.

Clairement, il faut en faire plus, parce que la toxicité en hausse des drogues a surpassé l’augmentation des services en matière de prévention des surdoses en Colombie-Britannique, ajoute-t-elle cependant.

Aucun décès dans les centres d’injection

Plus de la moitié (56 %) des décès par surdose ont eu lieu dans des résidences privées et plus du quart (27 %) dans des immeubles de chambres individuelles, des refuges ou des hôtels, indique le rapport du Service des coroners.

Seuls 15 % sont survenus à l’extérieur, soit dans un parc, une ruelle, sur le trottoir, ou dans un véhicule. Aucun décès n’a été signalé dans un centre d’injection supervisée.

Il ne faut pas consommer quand on est seul, a rappelé Guy Felicella.

Par ailleurs, le taux de mortalité dûe aux drogues toxiques est le plus élevé dans le territoire couvert par la régie de santé du Nord, qui comprend Prince Rupert, Kitimat, Terrace, Smithers, Prince George et Fort St. John. Il y atteint 53 morts pour 100 000 habitants durant les six premiers mois de 2022.

Le territoire couvert par la régie de santé Vancouver Coastal, qui comprend Vancouver, Richmond, la Rive Nord, la région de Sea-to-Sky et la Côte centrale, suit avec 47 morts pour 100 000 habitants.

En moyenne, ce taux est de 42 pour 100 000 habitants en Colombie-Britannique, soit le taux le plus haut parmi les provinces canadiennes, selon l’Agence de santé publique du Canada.

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