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Le Colonial Building ne change pas de nom : des groupes autochtones sont déçus

Un ancien édifice comprenant une colonnade à l'entrée.

L'édifice historique Colonial Building, à Terre-Neuve-et-Labrador, subit des travaux de restauration depuis quelques années et il doit rouvrir en septembre 2022.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La décision du gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador de ne pas changer le nom de l’édifice historique Colonial Building déçoit au moins deux organismes autochtones.

Le Colonial Building (édifice colonial), a été désigné site historique provincial en 1974. L’Assemblée législative du dominion de Terre-Neuve et celle de la province après son adhésion à la Confédération canadienne y ont siégé de 1850 à 1959.

Le gouvernement envisageait de rebaptiser l'édifice pour appuyer les efforts de réconciliation avec les Autochtones. Il a mené une consultation publique à ce sujet.

Dans un communiqué publié lundi, le gouvernement annonce qu’il a décidé de ne pas changer le nom à la suite de cette consultation.

Steve Crocker.

Steve Crocker, ministre du Tourisme, de la Culture, des Arts et des Loisirs, explique qu'il n'a pas été possible d’établir un consensus pour changer le nom de l'édifice (archives).

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

Le ministère du Tourisme, de la Culture, des Arts et des Loisirs explique qu’il a reçu un nombre considérable de commentaires. Selon lui, il existe un fort sentiment que tout changement de nom soit interprété comme une tentative d’effacer ou de blanchir l’histoire coloniale de la province.

Selon le ministère, 69 % des répondants s’opposent à un changement de nom, 26 % souhaitent un changement et les autres n’ont exprimé aucune préférence.

Déception au Nunatsiavut

Un porte-parole du gouvernement du Nunatsiavut critique la décision en disant qu’elle n’est guère étonnante de la part de personnes non autochtones simplement parce que la grande majorité d’entre elles ne comprennent pas ce que signifie la réconciliation avec les peuples autochtones.

La réconciliation, explique le porte-parole, implique la prise de décisions parfois impopulaires, mais qui sont nécessaires pour protéger les intérêts des membres marginalisés de la société.

Le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador précise qu’il a fait un sondage en ligne auquel 215 personnes ont répondu et qu’il a reçu aussi huit observations écrites. Seulement 13 personnes se sont identifiées comme des Autochtones et seulement la moitié d’entre elles souhaitent un changement de nom.

Décision critiquée dans la province

La coalition First Voice, dirigée par un organisme de Saint-Jean qui défend les droits des Autochtones et qui appuie l’abolition des symboles du colonialisme, critique aussi la décision.

First Voice dit appuyer toute consultation et discussion ouverte aux personnes non autochtones, mais l’organisme dit aussi être convaincu que toute décision en matière de réconciliation et de décolonisation doit prioriser les intervenants autochtones et les personnes qui ont vécu une expérience de colonisation.

L’organisme n’a pas accordé d’entrevue, mais il demande au gouvernement d’en faire plus pour décoloniser les politiques publiques en matière de santé, d’éducation, d’emploi, de logement et de justice.

Pas de consensus, selon le gouvernement

Le ministre du Tourisme, de la Culture, des Arts et des Loisirs, Steve Crocker, a indiqué lundi que son gouvernement a consulté des organismes et des gouvernements autochtones et qu’il n’a pas été possible d’établir un consensus.

M. Crocker a toutefois souligné que l’édifice historique, qui doit rouvrir en septembre à la fin des travaux de restauration, présentera l’histoire de la gouvernance autochtone en plus de celle de Terre-Neuve-et-Labrador.

La députée néo-démocrate de Torngat Mountains, Lela Evans, exprime pour sa part des sentiments divergents.

Lela Evans est interviewée.

La députée néo-démocrate Lela Evans (archives).

Photo : Radio-Canada / Mark Quinn

D’une part, la députée Evans ne souhaite pas que le nom de l'édifice soit effacé pour qu’on oublie ensuite les torts qui perdurent de nos jours. D’autre part, elle souhaite que les Autochtones ne souffrent plus des pratiques coloniales et des torts du passé. Si c’est le cas un jour, dit-elle, il sera alors possible de laisser le nom colonial disparaître.

D’après un reportage de Darrell Roberts, de CBC

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