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La pléthore de salons de l’emploi à Ottawa témoigne d’une forte demande de travailleurs

Seulement cette semaine, des dizaines de salons de l'emploi sont organisés dans la région de la capitale nationale.

Une affiche à l'extérieur du bâtiment d'une entreprise indique qu'elle est à la recherche de personnel.

Avec le retour en classe des étudiants, les entreprises cherchent du personnel (archives).

Photo : Radio-Canada / Denis Babin

Radio-Canada

Des dizaines de salons de l'emploi ont lieu à Ottawa cette semaine, dont au moins 10 sont prévus pour mardi. Une preuve, si besoin est, de la forte demande de travailleurs dans la région de la capitale nationale.

Len Fardella, copropriétaire avec sa femme d'une entreprise qui trouve et regroupe les offres d'emploi pour des abonnés payants, raconte que, s'il est habituel de voir les entreprises chercher du personnel en août pour remplacer les étudiants d'été, les efforts de recrutement sont, cette année, encore plus importants.

Environ 34 salons de l'emploi dans la région d'Ottawa sont répertoriés sur son site Web Peter's New Jobs cette semaine, dit-il. L’Administration de l’aéroport d’Ottawa organise notamment un salon de l'emploi mercredi, au centre de conférence Infinity, pour aider ses partenaires à trouver et à recruter de nouveaux employés.

Qu'est-ce qui cause tout ça?, s’interroge-t-il. Mon épouse et moi sommes probablement aussi perplexes que tout le monde. Où sont les gens?

En entrevue lundi, il explique avoir également remarqué plus d’offres d’emplois permettant aux gens de travailler à domicile, quel que soit le lieu de leur résidence.

M. Fardella estime qu’il s’agit d’une arme à double tranchant : si cela permet d’élargir le bassin d'entreprises pour lesquelles les Ottaviens peuvent travailler, cela fait également en sorte que des entreprises locales débauchent des talents dans d'autres régions du pays.

Le recours accru au travail à distance augmente la concurrence pour certains emplois, juge-t-il.

C'est une dynamique intéressante, et nous voyons beaucoup plus d'emplois qui indiquent "éloigné" comme emplacement, dit M. Fardella. Ce n'est plus Ottawa, ni même Ontario, Canada.

Nous n'avons jamais vu une telle pénurie

L’entreprise de Jack Shinder, Ambico, fabrique des portes spécialisées à Gloucester. Elle emploie plus de 100 personnes.

Le président de l’entreprise raconte avoir le plus grand mal à recruter. Actuellement, les 10 postes vacants affichés chez Ambico - des emplois de broyeurs, de soudeurs, d’ingénieurs et de chefs de projet - sont plus difficiles que jamais à pourvoir, dit-il.

C'est quelque chose auquel nous devons faire face quotidiennement, alors que nous essayons de maintenir notre base d'employés et de développer notre entreprise, a-t-il expliqué, lundi, à l’émission radiophonique Ottawa Morning de CBC. Nous n'avons jamais vu de pénurie de personnel comme celle-ci.

Même son de cloche du côté du président de RND Construction Ltd., Roy Nandram. Son entreprise doit refuser des chantiers faute de travailleurs suffisants pour les terminer.

Où sont tous les gens qui travaillaient avant la pandémie? Où sont-ils allés?, s’interroge-t-il. Et ce n'est pas seulement dans notre secteur. [C'est aussi dans] l'industrie du transport aérien, l'industrie hôtelière, l'industrie de la restauration... Personne n’arrive à trouver du personnel. Où sont les gens?

Selon M. Nandram, il n’est pas si simple d’augmenter le salaire d’un emploi pour attirer du monde, car cela signifierait aussi augmenter les autres employés déjà en poste, ce qui pourrait devenir problématique en cas de ralentissement de l'économie.

Une affiche sur une grille indiquant "Job Fair".

Plus de 800 personnes sont inscrites au salon de l'emploi organisé au Centre Shaw à Ottawa (archives).

Photo : Bloomberg / Luke Sharrett

La directrice des opérations chez Jobs Canada - qui organise l'un des salons de l'emploi répertoriés sur le site Web de M. Fardella - Annie Peltea, rapporte que plus de 800 personnes sont inscrites à l'événement organisé au Centre Shaw, à Ottawa, où se retrouvent une vingtaine d'entreprises prêtes à embaucher.

Progressivement, certaines entreprises abandonnent le travail à distance, ce qui augmente la demande de personnel disposé à travailler sur place.

Le salon de l’emploi de Jobs Canada a lieu plusieurs fois par année, et Mme Peltea dit avoir remarqué que de plus en plus d'employeurs souhaitent y participer.

C'est donc une grande opportunité pour tous les candidats, a-t-elle lancé. Apportez votre CV, soyez prêt, ayez confiance et on ne sait jamais!

Même dynamique dans l’est ontarien

Au Centre de services à l'emploi de Prescott-Russell, la fin de la saison estivale ne fait qu’amplifier une problématique déjà bien ancrée dans la communauté.

C’est un grand enjeu parce qu’on vivait [déjà] la pénurie de main-d'œuvre avant les vacances d’été pour les étudiants, remarque Caroline Arcand, directrice générale du centre.

Pendant l’été, des étudiants en vacances sont venus pourvoir bon nombre de postes qui étaient vacants depuis longtemps.

Caroline Arcand sourit à la caméra dans son bureau.

Caroline Arcand, directrice générale du Centre de services à l’emploi de Prescott-Russell (archives).

Photo : Radio-Canada / Denis Babin

Là, ces étudiants vont retourner [à l’école] et on n’a pas plus de chercheurs d'emploi pour combler la demande, se désole-t-elle.

Des foires d’emplois s’organisent un peu partout dans la région. Le Centre de services à l'emploi de Prescott-Russell orchestre des entrevues pour des entreprises à la recherche de personnel.

Cette année, le format des entrevues a toutefois changé. Ce sont les chercheurs d’emploi qui ont le gros bout du bâton. Ce sont les employés [potentiels] qui posent les questions, explique Mme Arcand.

Une nouvelle dynamique comparativement à avant où c’était les employeurs qui posaient les questions, qui passaient l’entrevue.

Maintenant les questions tournent surtout autour de : qu'est-ce que vous avez à m’offrir, c’est quoi vos conditions de travail, c’est quoi les avantages et bénéfices, c’est quoi les avantages pour moi d’aller travailler chez vous, etc.

Chasseurs de têtes

L’entreprise de placement Barbara Personnel Inc. agit à titre de chasseur de têtes pour les entreprises de la région de la capitale fédérale.

La propriétaire Anne Marie Proulx, témoigne, elle aussi, d'un exode d'employés une fois la saison estivale terminée. Le retour à l’école [signifie] bien certainement que des entreprises doivent s’adapter, partage-t-elle.

Chaque année, le retour à l’école représente un défi pour plusieurs employeurs, rapporte-t-elle. Reste que, cette année, il est plus que jamais question de pénurie.

Avant on parlait de rareté. Maintenant le mot ‘’pénurie’’ est bien installé, partage Mme Proulx.

L’heure est donc aux solutions selon la propriétaire.

« Il [faut] redoubler d’ardeur pour revoir nos façons de faire en tant qu’entrepreneurs, en tant qu’entreprise. »

— Une citation de  Anne Marie Proulx, propriétaire de Barbara Personnel Inc.

Ça prend un virement, il y a des entreprises qui revoient leur façon de faire, de façon à minimiser les impacts, note-t-elle. Mais ce n’est pas nécessairement évident.

La propriétaire de Barbara Personnel Inc. mentionne entre autres l’importance de revoir certaines pratiques, dont la possibilité d’améliorer la flexibilité au niveau des horaires.

Une entreprise fermée la fin de semaine ou le soir pourrait notamment trouver moyen de faire travailler les étudiants à ces moments-là, question de maximiser leur période de disponibilité.

Son entreprise de placement est elle aussi en mode adaptation.

On s’enligne à revoir notre offre, partage-t-elle, en faisant notamment référence aux notions de rétention en ressources humaine.

Clairement on voit qu’on a des entreprises ouvertes à revoir leur façon de faire, de façon à faciliter l’intégration de nouveaux employés pour leurs besoins.

Avec les informations de Joseph Tunney, de CBC News, Julien David-Pelletier et Denis Babin

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