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Peu d’appétit dans l’est ontarien pour le système des « maires forts » de Doug Ford

Le panneau de bienvenue à l'entrée de la municipalité de Hawkesbury.

La mairesse de Hawkesbury répète qu’elle n’a « pas senti le besoin d’avoir ce superpouvoir » (archives).

Photo : CBC

Radio-Canada

Deux maires de l’est ontarien affirment ne pas voir la nécessité de doter les petites municipalités du système des « maires forts », comme le veut le premier ministre ontarien Doug Ford.

Invités à l’émission Les matins d’ici, le maire de La Nation, François St-Amour, et la mairesse de Hawkesbury, Paula Assaly, sont d’avis qu’un tel privilège serait plus utile aux maires des grandes villes, telles que Toronto et Ottawa.

Lorsque M. St-Amour a eu vent de l’idée d'élargir ce projet de loi à d'autres municipalités, comme l'a indiqué Doug Ford la semaine dernière, puis devant les maires présents à la conférence annuelle de l'Association des municipalités de l'Ontario, lundi, il avoue avoir été surpris.

On n’a jamais entendu le besoin de petits ou de gros conseils municipaux qui ont de la misère à mener [à terme] certains projets. Souvent, ce sont les pouvoirs de la province qui nous aident à les développer, mentionne-t-il.

Un homme pose dehors devant un jardin.

Le maire de La Nation, François St-Amour (archives)

Photo : Radio-Canada / Frédéric Pepin

Le maire de La Nation a donné un exemple concret sur le territoire de sa municipalité. Nous avons deux projets de 300 maisons qui ont été approuvés par les Comtés unis [de Prescott et Russell] et ils commencent juste à développer les habitations.

« Je ne pense pas que ce soit nécessaire. Nous, notre superpouvoir est de faire les choses vite, pas de prendre les décisions sans nos conseillers qui ne seraient pas d’accord. »

— Une citation de  François St-Amour, maire de La Nation

D’abord, il faut comprendre que ces pouvoirs sont donnés à l’intérieur de certains principes de la province. À savoir si cela va fonctionner ou non, il faut que les maires sachent ce que les conseillers ont à dire sur différents sujets, comme le logement abordable, indique Mme Assaly.

Ce sont les plus grandes villes qui souffrent le plus de cette situation, poursuit-elle. En commençant par les grandes villes, on va voir comment ça se déroule. Ça pourrait aider la crise du logement, car jusqu’à maintenant, on n’a pas trouvé la solution à cela.

La crise du logement est assurément un sujet qui retient l’attention, cette semaine, à la conférence annuelle de l'Association des municipalités de l'Ontario, qui s’est ouverte dimanche à Ottawa, où les maires de 444 municipalités membres sont présents.

La mairesse de Hawkesbury répète qu’elle n’a pas senti le besoin d’avoir ce superpouvoir. On attend parfois [longtemps pour] les rapports du ministère de l’Environnement. Ça fait en sorte que les développements prennent parfois deux ans ou deux ans et demi avant de décoller.

« Ça devient désespérant, car le besoin urgent est maintenant. On n’est pas capable d’avoir du logement pour qui que ce soit. Il y a des unités qui se construisent, mais elles sont déjà vendues. »

— Une citation de  Paula Assaly, mairesse de Hawkesbury

Autres préoccupations des maires

Au cours de son entrevue, mardi, le maire François St-Amour a soulevé une autre préoccupation qu’il avait l’intention de partager, en matinée, avec la province.

Ça me chicote depuis que je suis en politique municipale, en 2003. Le système joint and several liability [responsabilité solidaire], où les municipalités se font charger s’il y a des poursuites. Des fois, on est coupables à 1 %, mais on doit payer 100 %. Ça fait monter nos assurances de 20 % par année.

M. St-Amour cite en exemple une situation où un conducteur avec les facultés affaiblies manque un arrêt et cause un accident, et tout de suite, on poursuit la Municipalité. [...] Les coûts d’assurance des municipalités ne sont plus supportables, et ce sont les citoyens qui paient cela.

Paula Assaly a aussitôt dit être totalement d'accord avec son homologue. Ça fait des années que le sujet est amené à la table et on ne voit aucun avancement.

La mairesse de Hawkesbury, Paula Assaly, assise à une table, un micro devant elle.

La mairesse de Hawkesbury, Paula Assaly (archives)

Photo : Radio-Canada / Denis Babin

Toujours sur la question des assurances, elle a soulevé un point en lien avec les changements climatiques. On a été grandement affectés. Ça fait monter nos primes d’assurances et ça a des impacts sur le budget des municipalités. Il faut s’y préparer dans la construction de nos infrastructures pour qu’elles répondent à des catastrophes climatiques.

Selon elle, les primes d’assurances peuvent aller jusqu’à 500 000 $. En plaisantant, elle a glissé qu’elle ne peut pas s’imaginer ce que Toronto et Ottawa doivent payer.

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