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Pénurie de personnel infirmier : le recours au privé fait exploser les coûts

Quatre infirmières dans un corridor d'hôpital.

Des infirmiers et infirmières au travail.

Photo : iStock / Photographerlondon

Radio-Canada

Le recours au personnel infirmier d’agences privées pour pallier la pénurie de personnel qui sévit dans les hôpitaux de la province fait exploser les dépenses.

Pour le réseau hospitalier University Health Network (UHN), basé à Toronto, les dépenses d'embauche d'infirmières venant du privé sont passées d'environ 775 000 $ en 2021 à plus de 6,7 millions $ en 2022, quatre mois avant la fin de l'année.

De plus, une coalition d'experts de la santé s'est engagée mardi à défendre le système public de soins de santé de l'Ontario contre toute privatisation.

Or, il y a quelques jours, la ministre de la Santé de la province a confirmé que toutes les options sont sur la table pour remédier à la pénurie actuelle de personnel de soins de santé.

Préparation légale

La Coalition ontarienne de la santé (COS), qui représente plus de 500 organisations, indique qu'elle consulte des avocats et convoque des réunions d'urgence avec les dirigeants syndicaux et les organisations de soins de santé afin de protéger les hôpitaux publics contre tout effort de privatisation potentiellement mené par le gouvernement du premier ministre Doug Ford.

Nous allons les combattre avec tout ce que nous avons, a déclaré la directrice générale de la COS, Natalie Mehra, lors d'une conférence de presse.

Tout est sur la table pour défendre notre système de santé public et à but non lucratif. Nous ne permettrons pas - sans un combat majeur - que les hôpitaux de l’Ontario deviennent à but lucratif.

Mme Mehra affirme que la COS veut de la clarté et de la transparence sur les services qui pourraient être privatisés et sur les entreprises que le gouvernement provincial utilisera pour fournir ces services.

Nous avons besoin d'un gouvernement qui s'engage à gouverner, à améliorer réellement le système public de soins de santé.

Le recours aux agences en hausse

Or, les entreprises privées sont déjà engagées dans le fonctionnement des hôpitaux.

Au University Health Network (UHN), un réseau hospitalier qui gère des hôpitaux dans le Grand Toronto, embaucher des infirmières par le biais d’agences de placement privées coûte de plus en plus cher. La direction du UHN a dévoilé ses données annuelles à Radio-Canada.

En 2018, le réseau hospitalier a dépensé un peu plus d'un million de dollars pour embaucher des infirmières de diverses agences afin de soutenir le travail dans les services des urgences et les unités de soins intensifs.

Puis, celui-ci a dépensé moins d’un million de dollars par an au cours des trois années suivantes.

Cependant, ce chiffre a explosé en 2022.

Depuis le début de l’année, l'UHN a dépensé un peu plus de 6,7 millions de dollars afin d’embaucher des infirmières qui travaillent pour ces agences de placement. Plus de 4 millions de dollars de ces dépenses étaient liés à l'embauche d'infirmières privées pour travailler dans son unité de soins intensifs.

Une vue d'ensemble de l'extérieur de l'Hôpital général de Toronto.

L'Hôpital général de Toronto est l'un des nombreux établissements qui font partie du University Health Network.

Photo : Sue Reid/CBC

L'UHN a également publié des données sur ses efforts d’embauche et de rétention. À la fin du mois de juillet, le réseau hospitalier a déclaré avoir embauché 604 infirmières et infirmiers à temps plein, mais il en avait également perdu 331 à la fin du mois de juin.

Le PDG du réseau Kevin Smith a déclaré qu'il y a actuellement environ 600 postes vacants.

Le University Health Network [...] s'occupe de certaines des personnes les plus malades du Canada et ne peut tout simplement pas ne pas être disponible pour les soins urgents et les urgences, a-t-il déclaré.

Même emploi, salaire plus élevé

Cathryn Hoy, présidente de l'Association des infirmières et infirmiers de l'Ontario, a déclaré que les agences privées paient les infirmières et infirmiers beaucoup plus cher, souvent pour faire exactement le même travail que celui de l'emploi qu'ils quittent à l'hôpital.

Si elles sont payées 110 $ de l'heure pour aller travailler dans le même hôpital que moi, dans le même service que moi, pourquoi n'irais-je pas travailler pour une agence?

Selon Mme Hoy, le gouvernement devrait adopter un projet de loi limitant le montant que les hôpitaux peuvent dépenser pour des infirmières d'agence.

CBC Toronto a contacté la province pour obtenir des commentaires, mais n'a pas reçu de réponse.

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