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Nucléaire iranien : l’issue des négociations semble proche

Ali Bagheri Kani marche avec des gens en derrière lui.

Le négociateur en chef de l'Iran dans le dossier nucléaire, Ali Bagheri Kani à Vienne le 4 août. Les négociations visent à ressusciter l'accord sur le nucléaire signé en 2015, connu sous le nom de JCPOA, mais dont les États-Unis s'étaient retirés unilatéralement en 2018.

Photo : Getty Images / AFP / ALEX HALADA

Agence France-Presse

L'Union européenne (UE) a annoncé mardi qu'elle examinait la réponse de l'Iran à son compromis sur le dossier nucléaire, une étape cruciale qui pourrait marquer l'entrée de mois de difficiles négociations dans leur dernière ligne droite.

Ces négociations entre l'Iran et les grandes puissances lancées en avril 2021 à Vienne visent à ressusciter un accord international de 2015, connu sous son sigle anglais JCPOA, qui garantit le caractère civil du programme nucléaire de l'Iran, accusé de chercher à se doter de l'arme atomique malgré ses démentis.

Le compromis final proposé par l'UE permet le retour des États-Unis dans l'accord, dont ils s'étaient retirés unilatéralement en 2018, avec la levée des sanctions américaines imposées à l'Iran, à condition que ce pays respecte ses engagements et cesse de dépasser les limites prescrites sur l'enrichissement et les autres activités nucléaires sensibles.

Nous avons reçu la réponse iranienne hier [lundi] soir. Nous l'étudions et consultons les autres participants du JCPOA et les États-Unis sur la voie à suivre, a affirmé à l'AFP le porte-parole de Josep Borrell, chef de la diplomatie européenne et facilitateur des négociations indirectes à Vienne entre l'Iran et les États-Unis.

Avant lui, l'Iran a annoncé avoir transmis ses dernières remarques à l'UE et attendre une réponse rapide. L'Iran a soumis sa réponse écrite et juge un accord possible si les États-Unis réagissent avec réalisme et flexibilité, a indiqué l'agence officielle iranienne Irna.

D'après l'agence iranienne Irna, citant une source informée, Téhéran s'attend à recevoir la réponse de l'autre partie dans les deux prochains jours.

Conclu entre d'une part l'Iran et de l'autre les États-Unis, la Grande-Bretagne, la Chine, la France, l'Allemagne et la Russie, le JCPOA a été torpillé en 2018 par le retrait des États-Unis sous Donald Trump et le rétablissement des sanctions américaines qui asphyxient l'économie iranienne. En réponse, l'Iran s'est progressivement affranchi de ses obligations dictées par l'accord.

Un compromis à prendre ou à laisser

Après des négociations chaotiques, suspendues à deux reprises, l'UE a proposé le 8 août un texte final de compromis à prendre ou à laisser. Pendant ces négociations, l'UE a joué l'intermédiaire entre les États-Unis et l'Iran, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques depuis 1980.

Selon Irna, les divergences portent sur trois points. Les États-Unis ont verbalement exprimé leur flexibilité sur deux d'entre eux, mais cela devrait être inclus dans le texte, a ajouté Irna, sans plus de précisions.

Le troisième point concerne la garantie d'un accord durable réclamée par l'Iran aux États-Unis, a-t-elle ajouté.

Aucune partie n'a précisé les points en suspens. Si la demande iranienne de retrait de la liste noire américaine des Gardiens de la révolution, l'armée idéologique de l'Iran, n'est plus à l'ordre du jour selon un responsable européen, demeurent en revanche les garanties pérennes de l'accord exigées par Téhéran et la demande iranienne que l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) clôture la question des sites non déclarés en Iran, où des traces d'uranium enrichi avaient été retrouvées.

Pour Mohammad Marandi, un conseiller de l'équipe iranienne des négociateurs à Vienne, les questions en suspens ne sont pas difficiles à résoudre. Elles sont liées aux craintes de l'Iran en raison des violations passées des États-Unis et de l'UE.

« Je ne peux pas affirmer que nous aboutirons à un accord, mais nous en sommes plus proches qu'avant. »

— Une citation de  Mohammad Marandi, conseiller de l'équipe iranienne des négociateurs à Vienne

Lundi, le département d'État américain s'est refusé à dire si les États-Unis étaient prêts à approuver le plan soumis par l'UE, affirmant que Washington prendrait contact avec M. Borrell.

Ce qui pouvait être négocié a été négocié, a-t-il ajouté, en réaffirmant la position américaine selon laquelle la balle est dans le camp de Téhéran. La seule manière de parvenir à un retour mutuel au JCPOA [...] est que l'Iran abandonne ses demandes inacceptables qui vont bien au-delà du JCPOA.

Le porte-parole américain a refusé également de se prononcer sur la possibilité d'une levée des sanctions américaines en cas de feu vert iranien au compromis de l'UE.

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