•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La Ville d’Ottawa et le Groupe de transport Rideau s’entendent finalement sur deux points

Le train léger d'Ottawa sur la ligne de la Confédération.

Le rapport final de l'enquête publique doit être remis d'ici la fin novembre (archives).

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Radio-Canada

Après des centaines d’heures de témoignages, des semaines d’audiences publiques et beaucoup de reproches, la Ville d’Ottawa et le Groupe de transport Rideau (GTR), le consortium qui a construit la ligne de la Confédération, sont finalement parvenus à s’entendre sur deux points.

Tous deux sont d’avis que les ordres supérieurs de gouvernement doivent participer plus directement à l’établissement du prix des grands projets d’infrastructure et que les représentants de la Ville doivent être plus transparents quant à l’évolution de ces projets.

Lancée par le gouvernement de l’Ontario, la Commission d'enquête sur le réseau de train léger sur rail a publié, lundi, les déclarations finales de neuf parties impliquées dans le processus.

La Ville d’Ottawa a soumis 23 recommandations, tandis que le GTR et ses diverses sociétés affiliées en ont fait 5.

Scepticisme sur le biais d'optimisme

Pour la ligne de la Confédération, le maire Jim Watson a fait une fixation sur un prix final de 2,1 milliards de dollars pendant l'élection municipale de 2010, même si ce chiffre était une estimation.

La Commission a appris que l'estimation ne tenait pas compte de ce qu'on appelle le biais d'optimisme, un phénomène établi selon lequel les parties à un projet fondent leurs hypothèses sur le meilleur scénario possible.

Le biais d'optimisme a été cité par l'ancien PDG de GTR, Riccardo Cosentino, le premier jour des audiences publiques, pour expliquer, en partie, pourquoi le GTR a soumis des dates d'achèvement du projet qui n'ont pas été respectées.

Plusieurs personnes assis dans un train léger.

Le maire d'Ottawa, Jim Watson, au centre, dans le train léger avec un certain nombre de responsables municipaux et politiciens le 23 août 2019, lorsque la Ville a symboliquement accepté le système sur rail du Groupe de transport Rideau (archives).

Photo : Radio-Canada / Joanne Chianello

Selon le Groupe de transport Rideau, c'est au secteur public de corriger le biais d'optimisme, et non au secteur privé.

Le biais d'optimisme s'applique à tous les acteurs de projets complexes. Il s'agit d'un problème structurel inhérent au système lui-même et qui nécessite donc une solution structurelle, peut-on lire dans la déclaration finale du transporteur.

La Ville semble en accord avec cette affirmation. Bien qu'elle ne fasse pas spécialement référence au biais d'optimisme dans ses recommandations, elle a indiqué à la commission que l'agence provinciale Infrastructure Ontario devrait tenir compte des facteurs énoncés dans le Green Book du Royaume-Uni au cours de son processus d'analyse des risques.

Le Green Book est le guide massif du ministère du Trésor britannique destiné à aider les fonctionnaires à élaborer des propositions. Entre autres choses, il traite spécifiquement de l'ajustement du biais d'optimismepour fournir une évaluation plus réaliste des estimations initiales des coûts, des avantages et du temps nécessaire à la mise en œuvre d'un projet.

De la souplesse dans le financement

La Ville a également recommandé que les contributions des autres niveaux de gouvernement soient finalisées plus tard dans le processus d'approvisionnement.

Pour la ligne de la Confédération, un prix de 1,8 milliard de dollars a été fixé en 2009, mais il ne tenait alors pas compte de l'inflation ni de l'achat de terrains.

Les gouvernements provincial et fédéral ont chacun promis 600 millions de dollars, ce qui laissait à la Ville le soin de débourser 900 millions de dollars, pour un total de 2,1 milliards de dollars. Un budget qui, selon la Commission, est considéré par beaucoup comme trop faible.

Dans sa déclaration finale, la Ville d’Ottawa a affirmé que le processus de financement et de partage des coûts des mégaprojets devrait être réorganisé afin de refléter la complexité du projet et de tenir compte des risques liés à l'approvisionnement et à la livraison.

Cette dernière fait également allusion au fait que la Ville ne s’attendait pas à ce que les gouvernements retiennent 120 millions sur le paiement final, ce qui a imposé un fardeau inattendu à la Ville.

Plus de transparence sur les défis

Une fois de plus, le Groupe de transport Rideau a mentionné qu’il y avait eu une pression politique excessive pour lancer le train léger, en soulignant que le maire Jim Watson avait annoncé, en juillet 2019, que la ligne ferroviaire serait ouverte en septembre, alors que les essais n’avaient pas encore commencé.

Le consortium appelle à limiter l'ingérence politique et à améliorer la transparence lors du déroulement d'un projet.

Lorsqu'une municipalité ou une autre autorité publique sait qu'un projet de transport en commun peut présenter des défis, comme c'est généralement le cas, ces problèmes devraient être clairement et honnêtement exposés au public.

« Le public mérite de savoir. Il s'agit de leur système de transport en commun et les problèmes sur ce système peuvent causer des perturbations importantes dans leur vie. »

— Une citation de  Extrait de la déclaration du Groupe de transport Rideau

Dans ses recommandations sur la gouvernance, la Ville d’Ottawa fait un plaidoyer similaire pour plus d'ouverture, mais parle surtout de mieux informer le conseil municipal, ce qui, dans la plupart des cas, permettrait également de garder le public mieux informé.

Le personnel doit être conscient des ambiguïtés potentielles et du manque de clarté dans les rapports sur des questions très techniques et doit s'assurer que des occasions adéquates sont données au conseil de poser des questions et de recevoir des réponses complètes.

Jim Watson, debout au début d'un tunnel, tenant dans ses mains une affiche indiquée "All Aboard!" ou "Tous à bord!".

Le maire d’Ottawa, Jim Watson, photographié ici en 2015, a bâti sa campagne électorale de 2010 en promettant de livrer le projet de train léger sur rail à temps tout en respectant un budget de 2,1 milliards $ (archives).

Photo : Radio-Canada / Alistair Steele

Le rapport sera déposé en novembre

La population d'Ottawa devra attendre encore trois mois pour connaître les conclusions et recommandations officielles du commissaire, le juge William Hourigan.

Étant donné que la Commission a reçu plus d'un million de documents et interrogé 90 témoins pendant des centaines d'heures, il n'est pas surprenant que M. Hourigan ait demandé à la ministre des Transports, Caroline Mulroney, une prolongation pour remettre le rapport après l'échéance initiale du 31 août.

En fait, la ministre avait toujours indiqué qu’on avait jusqu’à la fin août et que si on avait besoin d’une extension, on pourrait en avoir une. [...] Le public a vu combien de preuves on a accumulées. [...] C’est très volumineux, il y a beaucoup d’informations, ce sont des événements qui couvrent plus d’une décennie. Donc, il y a beaucoup de travail à faire. Et puis, il faut traduire le rapport dans les deux langues, donc il y a un délai qui est nécessaire pour ce travail également, a expliqué Christine Mainville, l’une des avocates principales de la Commission en entrevue à l’émission Les matins d’ici.

« La Commission a pu porter un éclairage sur tout ce qui s’est passé, sur tous les événements, qui est inhabituel. Ce n’est pas quelque chose auquel le public a normalement accès. »

— Une citation de  Christine Mainville, l’une des avocates principales de la Commission sur le réseau de train léger sur rail d'Ottawa

Le rapport final de l'enquête publique doit être remis d'ici la fin novembre.

Selon Me Mainville, cet exercice doit permettre de tirer des leçons pour le futur.

Le gouvernement a décidé de mettre sur pied cette Commission en ayant en tête qu’il y a sûrement des leçons à apprendre pour des projets futurs, non seulement pour des projets de transport, mais aussi pour d’autres projets complexes également. Je suis certaine qu’il y aura beaucoup de choses à apprendre.

Avec les informations de Joanne Chianello, CBC News

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !